Press release

Journée mondiale de la liberté de la presse : promouvoir l‘information comme bien public dans un paysage médiatique gravement menacé

26/04/2021

L'UNESCO et le gouvernement namibien accueilleront la conférence mondiale de la Journée mondiale de la liberté de la presse à Windhoek du 29 avril au 3 mai, date de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Le lauréat du prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano 2021, sera proclamé au cours de la conférence, le 2 mai.

Cette conférence sera l’occasion pour des journalistes professionnels et d’autres acteurs du secteur des médias de réclamer des mesures urgentes afin de faire face aux menaces qui pèsent sur les médias d'information indépendants et locaux du monde entier, aggravées par la pandémie de COVID-19. Ils proposeront des solutions pour renforcer la viabilité des médias, demander une plus grande transparence de la part des plateformes de réseaux sociaux, exiger des mesures afin d’améliorer la sécurité des journalistes et soutenir les médias indépendants. Les participants devraient également exhorter les gouvernements à investir dans l'éducation aux médias et à l'information afin d’aider le public à reconnaître, apprécier et défendre le journalisme basé sur les faits comme élément essentiel de l'information en tant que bien public.

Une quarantaine de sessions se tiendront au cours de cette conférence de cinq jours, dont trois débats thématiques autour des problèmes qui affectent actuellement la viabilité des médias, s’agissant aussi de la transparence des plateformes en ligne et des moyens de renforcer l'éducation aux médias et à l'information.

Le Président namibien Hage Geingob et la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, s’exprimeront le 2 mai aux côtés de hauts responsables gouvernementaux africains et du secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres (par message vidéo).

L’événement donnera lieu à des prises de parole, ainsi qu’à des entretiens avec plus de 250 journalistes de renommée internationale, des dirigeants des médias, des technologies de l’information, des experts, des décideurs politiques et des activistes. Ce sera l'occasion pour les personnes inscrites de nouer des contacts, d'interagir avec les intervenants et d'accéder à une offre de podcasts, de films et de contributions artistiques accessible depuis la plateforme en ligne de la conférence.

Principaux intervenants :

  • Joseph Stiglitz (USA), prix Nobel d'économie
  • Irene Khan, Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression des Nations Unies
  • Agnès Callamard, Secrétaire générale d’Amnesty International 
  • Maria Ressa (Philippines), Directrice Générale de Rappler
  • Swe Win, Rédacteur en chef de Myanmar Now, organe de presse reconnu pour son travail d'investigation sur les violations des droits de l'homme
  • Julie Owono, Membre du Conseil de Surveillance de Facebook et Directrice exécutive d’Internet sans frontières
  • Miranda Johnson, Rédactrice en chef adjointe de la rédaction de The Economist
  • Stephen Dunbar-Johnson (USA), Président des activités internationales du New York Times
  • Sir Nicholas Clegg, Responsable des questions internationales et de la communication de Facebook 

Les points forts du programme incluront :

  • Six Forums régionaux qui aborderont les aspects régionaux spécifiques de la liberté de la presse, ainsi que les moyens de faire face aux tendances et défis actuels. Ces Forums s’appuient sur les séminaires régionaux qui ont suivi le premier séminaire sur la liberté de la presse africaine, organisé par l’UNESCO à Windhoek en 1991.
  • Un échange sur l’information comme bien public avec Joseph Stiglitz, lauréat du prix Nobel d'économie, et Miranda Johnson, Rédactrice en chef adjointe de The Economist. 
  • 30 avril : Présentation des principales conclusions de l’enquête mondiale de l'UNESCO sur la violence en ligne contre les femmes journalistes, projet de recherche novateur qui évalue la portée et l'impact des mesures en faveur de la sécurité optimale des médias grâce à des analyses tirées de données de masse et d’une étude documentaire approfondie. 

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La révolution numérique a affaibli les modèles économiques de la plupart des médias indépendants et porté atteinte à leur viabilité. En 2020, la perte de revenus du secteur est estimée à 30 milliards de dollars. Les « déserts » médiatiques se multiplient car les organes de presse ferment, fusionnent ou réduisent leurs effectifs dans de nombreuses régions de la planète et des groupes d'intérêts politiques en profitent pour prendre le contrôle des médias en difficulté. Selon une enquête de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), deux tiers des journalistes salariés et indépendants du monde entier ont subi des diminutions de salaire, des pertes de revenus et/ou d'emploi, des annulations de commandes, ou une détérioration de leurs conditions de travail en raison de la pandémie de COVID-19. Une autre étude menée par l’International Center For Journalists (ICFJ) et le Tow Center de l’Université de Columbia aux États-Unis a révélé qu’environ 40% des journalistes interrogés déclaraient avoir perdu plus de la moitié de leurs revenus.

La pandémie de COVID-19 a entraîné une forte augmentation des attaques contre les journalistes et un affaiblissement des réglementations protégeant la liberté d'expression.  L'étude à paraître de l'UNESCO sur la violence en ligne contre les femmes journalistes montre que 73% des femmes journalistes interrogées ont subi des violences en ligne liées à leur travail. Ces violences, qui se traduisent souvent par des attaques sexistes en meute, peuvent aller de propos haineux jusqu’aux menaces de violence sexuelle ou physique. Plus de 400 violations de la liberté de presse liées à la crise du COVID-19 ont été signalées à l’International Press Institute (IPI), notamment des restrictions d’accès à l'information et des réglementations excessives visant les informations mensongères prétendument destinées à lutter contre la désinformation liée au COVID-19.

Le rôle que jouent les journalistes dans la production et le partage d'informations factuelles est essentiel pour tous les membres de la société. Qu'il s'agisse de dénoncer la corruption, de nous alerter sur des conflits ou de lutter contre la désinformation sur le COVID-19, les informations qu’ils fournissent doivent être reconnues comme bien public.

Cette année, la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse mondiale marque également le 30e anniversaire de la Déclaration de Windhoek, rédigée par des journalistes africains militant en faveur d'une presse africaine libre, indépendante et pluraliste lors d'un séminaire organisé à Windhoek par les Nations Unies et l’UNESCO en 1991. Cette Déclaration est à l’origine de la proclamation du 3 mai comme Journée mondiale de la liberté de la presse par l’Assemblée générale de l’ONU. La cérémonie de remise du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano aura lieu le 2 mai.

Ce prix, unique dans le système des Nations Unies, honore un individu, une organisation ou une institution qui a contribué de manière exceptionnelle à la défense et à la promotion de la liberté de la presse partout dans le monde, en particulier lorsqu’elle est en péril.