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L’alphabétisation autonomise les femmes des communautés isolées en Égypte

19 Novembre 2018

Après avoir quitté l’école très jeune, Basma, 19 ans, n’aurait jamais imaginé avoir une autre chance d’accéder à l’éducation. Alors que ses frères et sœurs avaient, eux, reçu une éducation, elle ne savait ni lire, ni écrire, et cela lui a fait perdre confiance en elle. Mais elle voulait transformer sa vie, et elle savait que l’éducation l’y aiderait.

Bien que les taux d’alphabétisation des adultes se soient améliorés ces dernières années, les difficultés persistent. Le dernier recensement de la population réalisé par l’Agence centrale égyptienne pour la mobilisation publique et les statistiques (2017) a révélé que sur les 18,4 millions d’égyptiens analphabètes, 10,6 millions étaient des femmes.

L’alphabétisation peut offrir aux filles et aux femmes la confiance et les moyens de participer et de s’engager davantage dans la vie communautaire, et ainsi de faire entendre leur voix. Afin de permettre aux femmes en Égypte, même aux plus isolées, de mener une vie meilleure, l’UNESCO a mis en œuvre un projet d’alphabétisation grâce au Fonds Malala de l’UNESCO pour le droit des filles à l’éducation.

« Quand j’ai vu à quel point les gens étaient transformés et à quel point l’éducation leur était bénéfique, j’ai voulu être comme eux et apprendre comme eux », a dit Basma. Elle s’est inscrite aux cours d’alphabétisation dispensés dans le Gouvernorat de Gizeh dans le cadre du projet. Ces cours proposaient des matériels et des outils d’apprentissage innovants basés sur les TIC pour promouvoir l’alphabétisation fonctionnelle.

Au-delà de la lecture et de l’écriture, les cours d’alphabétisation ont permis d’améliorer les capacités d’action et les compétences en calcul des jeunes femmes. Les thèmes tels que le mariage précoce, les mutilations génitales féminines et la participation civique ont également été abordés en classe, et les jeunes femmes ont reçu un soutien pour démarrer leurs propres entreprises. « Aujourd’hui, je me soucie de mon éducation », a expliqué Basma. « Je veux étudier plus pour atteindre un haut niveau et me battre pour ce que je veux, même si c’est difficile ».

En participant à ces cours, Basma a amélioré sa confiance en elle et ses compétences en communication. « Avant, je ne pouvais pas sortir seule car je ne pouvais même pas lire les panneaux de signalisation. Maintenant, je n’ai plus peur de sortir seule », a-t-elle dit. Désormais, Basma aime socialiser. Elle a créé un groupe WhatsApp pour communiquer avec les autres jeunes femmes de sa classe. Elle les corrige même lorsqu’elles font des fautes d’orthographe. Basma rêve de poursuivre son éducation et d’étudier les sciences à l’université.

Entre 2016 et 2018, le Bureau de l’UNESCO au Caire a mis en œuvre un projet visant à créer de multiples voies permettant aux jeunes femmes des communautés isolées en Égypte de suivre un apprentissage tout au long de la vie. 977 femmes de 15 à 35 ans ont bénéficié de ce projet, qui a permis à 792 femmes de passer l’examen de l’Autorité de l’éducation des adultes (AE) et d’obtenir un taux de réussite de 85 % - bien au-dessus de la moyenne nationale. L’UNESCO espère déployer cette bonne pratique à l’échelle nationale.

Le Fonds Malala de l’UNESCO pour le droit des filles à l’éducation vise à élargir l’accès à une éducation pertinente et de qualité pour les filles et les femmes et à assurer des environnements d'apprentissage sûrs, en particulier dans les pays touchés par des conflits et des catastrophes. À ce jour, 10 pays ont bénéficié d’un soutien du Fonds, qui a permis à des milliers de filles et de femmes de gagner en autonomie dans et par l’éducation.

Alors que la Déclaration universelle des droits de l'homme marque son 70e anniversaire, l'UNESCO lance une campagne digitale sur le #DroitàlÉducation, un droit prioritaire et au cœur de sa mission mondiale consistant à garantir l'égalité d'accès à une éducation de qualité. En savoir plus.