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Un lauréat de l’UNESCO aide les filles du Kenya à retourner à l’école

26/04/2021

« Sans l’aide de notre facilitatrice communautaire, je serais aujourd’hui déscolarisée et mariée. » Ruth Mayiani est une élève de 12 ans originaire du comté de Kajiado, au Kenya. Grâce au travail du réseau Girl Child Network, lauréat de l’édition 2020 du Prix UNESCO pour l’éducation des filles et des femmes, Ruth est aujourd’hui en classe de sixième et prépare son examen de fin d’année. Elle rêve de devenir ingénieure.

« Remporter le Prix de l’UNESCO a été déterminant pour l’action de Girl Child Network, en particulier pour soutenir les facilitateurs communautaires et les comités de surveillance locaux dans leur travail », affirme Mercy Musomi, Directrice générale du réseau. Ces groupes luttent contre des pratiques néfastes, telles que les mutilations génitales féminines et le mariage précoce, dont on sait qu’elles limitent l’accès des filles à l’éducation. Ils identifient également les filles déscolarisées et facilitent leur retour et leur maintien à l’école.

Dans des communautés semblables à celle de Ruth, dans le comté de Kajiado, la pauvreté est l’un des nombreux facteurs qui font obstacle à la rescolarisation des filles et à la poursuite de leurs études. En raison des difficultés financières supplémentaires causées par la pandémie de COVID-19, les familles sont contraintes de trouver d’autres solutions pour joindre les deux bouts, le plus souvent aux dépens de l’éducation.

Selon un rapport rédigé par les chefs d’établissement de la région pour le Ministère de l’éducation, 25 % des apprenants ne sont toujours pas retournés à l’école. C’est notamment le cas de la plupart des filles et des jeunes femmes, qui sont nombreuses à avoir quitté l’école à la suite de grossesses et de mariages précoces.

« Le contexte actuel est difficile », explique Mary Tanny, la facilitatrice communautaire de Ruth. « La baisse de revenu pousse les ménages à marier leurs jeunes filles. »

Le père de Ruth en est un exemple. Il a dû donner sa fille en mariage en échange de bétail et d’une aide financière pour subvenir aux besoins de sa famille.

Alors que les rituels de mariage et les négociations autour de la dot étaient bien avancés, Mary et d’autres facilitateurs communautaires de Girl Child Network sont rapidement intervenus en faveur de Ruth. Au bout d’une semaine de tractations avec sa famille et des membres de la communauté, le mariage a été annulé et Ruth a pu retourner à l’école en toute sécurité. Maintenant, elle est déterminée à étudier sérieusement.

« Grâce à l’argent du Prix, nous avons pu rendre visite aux familles de manière hebdomadaire, et non plus mensuelle, et nous déplacer facilement de village en village pour atteindre plus de filles », indique Mary. Cette augmentation de la fréquence des visites lui a permis d’entendre parler du mariage prévu de Ruth et de planifier une intervention rapide.

Le travail de Girl Child Network transforme également les perceptions de l’éducation des filles au sein des communautés et des familles : « Mary m’a appris que l’éducation est un droit universel et m’a convaincu d’autoriser Ruth à poursuivre ses études », déclare le père de Ruth. « Désormais, je ferai le nécessaire pour subvenir à l’éducation de ma fille. »

Depuis que le Prix UNESCO pour l’éducation des filles et des femmes lui a été décerné en 2020, Girl Child Network a redoublé d’efforts pour améliorer l’accès des filles à l’éducation dans les régions les plus isolées. Le réseau a empêché près de 100 mariages précoces, permettant ainsi aux filles de poursuivre leurs études.

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Photo: @Girl Child Network