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Un lauréat de l'UNESCO aide une jeune femme à poursuivre ses études au Zimbabwe

12 Août 2019

La vie d’Audrey Matambo, étudiante de 22 ans et jeune militante de Harare, a été transformée par le soutien qu’elle a reçu du lauréat 2016 du Prix UNESCO pour l’éducation des filles et des femmes, le Female Students Network Trust (FSNT). 

Le pouvoir de s'exprimer

« J'étais étudiante en première année à l'université et j'ai dû arrêter mes études. Je n’étais pas à la hauteur des attentes de la société par rapport à la façon dont une fille doit vivre.

Audrey a été suspendue par son université après qu’elle ait été à l’origine de protestations contre le rationnement continu de l'eau et l’absence d'installations sanitaires adéquates pour les étudiantes.

Au Zimbabwe, les normes de genre traditionnelles et la discrimination fondée sur le genre demeurent omniprésentes, en particulier dans les établissements d’enseignement supérieur. La directrice du FSNT, Evernice Munando, explique que le harcèlement sexuel et la discrimination sexiste sont les plus grands défis auxquels sont confrontées les étudiantes du Zimbabwe.

Le comportement d'Audrey a été considéré comme particulièrement indiscipliné à cause de son genre.

« On s’attend à ce que les étudiants masculins contestent l’autorité. Les femmes, en revanche, sont censées se concentrer sur leurs études car le fait qu’une femme accède à l’université et occupe cet espace est encore considéré comme un privilège plutôt qu’un droit » explique Evernice.

C’est pour cela que « les femmes hésitent à assumer des rôles de leadership ou de plaidoyer au sein du corps étudiant à cause de la stigmatisation qui touche celles qui élèvent la voix ».

Une bouée de sauvetage

Le FSNT a été une bouée de sauvetage pour Audrey. Après la suspension d’Audrey, l’organisation qui propose du tutorat entre pairs aux femmes de l'enseignement supérieur lui a tendu la main. Elle lui a fourni des conseils et un soutien continu pour l'aider à surmonter le stress et le traumatisme qu'elle a éprouvés.

Par ailleurs, le FSNT a mis Audrey en contact avec la représentation juridique nécessaire pour l'aider à obtenir sa réintégration dans son université et à poursuivre ses études.

« En plus de tout cela, le FSNT m'a inspirée à ne pas renoncer à mes capacités de leadership, mais au contraire à tirer des enseignements de cette expérience et à faire encore plus, non seulement pour mon université, mais aussi pour ma communauté et pour mon pays dans son ensemble. » Elle remercie le FSNT de l'avoir encouragée à poursuivre son action et d'avoir appuyé sa demande à participer à un programme mondial de leadership des jeunes consacré à l'engagement civique.

Aujourd’hui, inscrite en deuxième année débouchant sur un diplôme dans le domaine du travail social, Audrey a l’intention d’agir en politique, dans le plaidoyer pour des politiques améliorant la vie des groupes défavorisés et marginalisés. « Mon expérience avec le FSNT m'a aidée à développer mon potentiel et à comprendre que malgré les obstacles je dois continuer à me battre pour une société meilleure et plus égale. »

« Ma devise est de ne pas suivre un chemin déjà existant, mais de prendre plutôt une nouvelle voie et de laisser une trace. »

Le Female Students Network Trust a reçu en 2016 la première édition du Prix UNESCO pour l'éducation des filles et des femmes, pour son travail d’autonomisation des étudiantes de l'enseignement supérieur dans le cadre de programmes de développement du leadership et de tutorat au Zimbabwe.

Le Prix a été créé en 2015 grâce à un financement du Gouvernement de la République populaire de Chine afin de récompenser des contributions exceptionnelles et innovantes qui font progresser l'éducation des filles et des femmes.