Un lauréat UNESCO permet aux femmes et aux filles sri lankaises de prendre leur place dans le secteur émergent des technologies

19/11/2020

Un projet qui aide les filles et les femmes sri lankaises à accéder au domaine des nouvelles technologies pour y apprendre et y réussir a remporté le Prix UNESCO pour l’éducation des filles et des femmes 2020.

Le projet récompensé, NextGen Girls in Technology, est mis en œuvre par la Fondation Shilpa Sayura, créée en 2005 au Sri Lanka dans le but de donner aux jeunes ruraux un accès numérique à l’éducation nationale et de perfectionner leurs compétences en matière de technologie.

Réduire les disparités entre les genres sur le plan de l’intérêt et des compétences

Trop de filles sont freinées par la discrimination, les préjugés, les normes sociales et les attentes qui influent sur la qualité de l’éducation qu’elles reçoivent et sur les disciplines qu’elles étudient. Bien que le Sri Lanka soit devenu un pôle de technologie et d’innovation, le nombre de filles qui font des études et poursuivent une carrière dans le domaine de la technologie est relativement faible.

« Il y a une certaine culture de l’éducation qui veut que les technologies de l’information et de la communication (TIC) soient un domaine difficile. Parents et enseignants ont une grande influence sur le choix des disciplines dans lesquelles il est plus facile d’obtenir de bons résultats, comme la santé et l’agriculture », affirme Poornima Meegammana, Directrice de l’unité Développement des jeunes de la Fondation Shilpa Sayura.

« Nous voulons changer la mentalité qui dirige systématiquement les filles vers des carrières médicales et les garçons vers l’ingénierie », ajoute Poornima Meegammana, éducatrice en chef.

Parce que les programmes d’enseignement n’ont pas évolué avec la technologie et que les femmes intègrent souvent cette discipline tardivement, les filles ont plus d’apprentissages à rattraper à l’université et se trouvent confrontées à un large écart entre leurs compétences et les exigences du marché du travail à la fin de leurs études.

L’apprentissage mixte et les modèles sont essentiels

« Au Sri Lanka, beaucoup d’établissements scolaires sont déjà équipés de salles informatiques, mais ne possèdent ni les supports pédagogiques ni la motivation nécessaires », explique Niranjan.

Le projet applique l’apprentissage mixte, qui combine cours en ligne et ateliers présentiels pour apprendre tout ce qu’il y a à savoir sur l’informatique, du fonctionnement d’un ordinateur au codage et à l’Internet des objets, en passant par l’apprentissage automatique et l’intelligence artificielle. Il favorise également l’apprentissage partagé, l’inventivité et l’esprit critique.

« Nous avons remarqué que les filles mettent du temps à s’y mettre, mais qu’elles progressent très rapidement une fois qu’elles ont pris confiance », indique Poornima. « Bien souvent, ce qui leur manque, ce sont des mentors ou des modèles pour échanger leurs idées. » Poornima elle-même est un exemple vivant du travail de la Fondation. Depuis l’âge de 12 ans, elle suit des programmes éducatifs proposés par la Fondation et dirige à présent les activités de développement des jeunes, dont le projet récompensé, NextGen Girls in Technology.

Pour remédier à la pénurie de modèles et accroître les possibilités de mentorat, le projet encourage les étudiants à l’université ayant participé au projet à revenir dans leurs anciens établissements scolaires pour encadrer des élèves plus jeunes.

Portrait de Rameela et Chathuni, deux technologues en herbe

Le projet NextGen a formé plus de 1050 jeunes femmes et 500 enseignants et enseignantes aux compétences demandées par le secteur des technologies, comme l’apprentissage automatique, la cybersécurité et la conception, et a permis d’améliorer leurs chances d’obtenir un stage et un emploi.

« Nous avons voyagé en train et en camion pour aller à la rencontre des filles et des garçons, et bien souvent nous avons constaté qu’ils possèdent déjà les infrastructures et les capacités d’apprentissage, mais pas la formation nécessaire », déclare Poornima.

Rameela Azeez a perdu ses parents lors du tsunami de 2004 et a réussi à entrer à l’université grâce à une bourse. « Après avoir rejoint le projet NextGen Girls, elle est devenue responsable de programme et a obtenu une bourse en Chine. Elle a bénéficié d’un mentorat et d’une formation pour étudier l’apprentissage automatique, et travaille aujourd’hui dans une université prestigieuse comme ingénieure de recherche », explique Poornima.

Lorsqu’elle est entrée à l’université, Chathuni Thilakarathne a été incitée à étudier les multimédias, alors qu’elle s’intéressait davantage à la sécurité de l’information. Grâce à NextGen Girls, elle a suivi une formation sur l’Internet des objets et la programmation, et a été encadrée par un mentor spécialisé dans son domaine de prédilection. Elle a ensuite changé de discipline et étudie aujourd’hui la technologie des réseaux et la sécurité de l’information.

Créé en 2015 grâce au généreux financement du Gouvernement de la République populaire de Chine, le Prix UNESCO pour l’éducation des filles et des femmes est remis chaque année à deux lauréats, qui reçoivent un montant de 50 000 dollars des États-Unis chacun afin de poursuivre leurs travaux dans le domaine de l’éducation des filles et des femmes.

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