Construire la paix dans l’esprit
des hommes et des femmes

L’équipe d’un projet namibien lance une initiative d’enseignement de l’Holocauste et des génocides

17 Mai 2019

namibia-holocaust-education.jpg

© UNESCO Windhoek Office/Pauline Buhlebenkosi Ndhlovu

 

Avec le soutien de l’UNESCO et du Musée Mémorial de l’Holocauste des États-Unis (USHMM), une équipe d’éducateurs namibiens de l’Association des musées de Namibie (MAN) a mis au point un projet de grande ampleur à l’appui de l’enseignement de l’Holocauste et des génocides en Namibie :

Pour démarrer le projet, l’équipe a inauguré l’exposition itinérante de l’USHMM intitulée « Médecine mortelle : Créer une race supérieure » le 24 avril 2019 à la Galerie de l’Association des arts namibiens à Windhoek. Ont participé à la manifestation des étudiants, des conférenciers et des membres du personnel de l’Institut national pour le développement de l’éducation (NIED), ainsi que des représentants du Bureau de l’UNESCO à Windhoek. L’exposition est arrivée en Namibie à l’initiative de la MAN et de la Fondation sud-africaine de l’Holocauste et du génocide, avec le soutien de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste et de l’USHMM. Elle explore la soi-disant « science de la race » du régime nazi et ses conséquences pour l’éthique médicale et la responsabilité sociale, et incite les visiteurs à réfléchir à l’intérêt actuel pour la manipulation génétique qui encourage la recherche de la perfection humaine.

« Il existe un lien historique étroit entre la « science de la race » nazie et l’histoire de la discrimination raciale en Namibie », explique Ndapewoshali Ashipala, de l’Association des musées de Namibie. « Certaines des « recherches » initiales qui ont plus tard alimenté la pseudoscience nazie et appuyé l’idéologie nazie de la supériorité raciale ont été menées dans l’actuelle Namibie sous domination coloniale allemande. Certaines pratiques mises au point à l’époque ont par la suite été appliquées sous le régime de l’Apartheid. » Jeremy Sylvester, Directeur de l’Association des musées de Namibie, a souligné ce lien dans son discours prononcé lors de l’inauguration de l’exposition, en rappelant le rôle de l’anthropologue et médecin allemand Eugen Fischer : « Fischer est venu en Namibie et a mené des recherches à Rehoboth, qui ont ensuite été utilisées pour renforcer le « concept de la race » allemand. »

Avant de venir en Namibie, l’exposition a été présentée par la Fondation sud-africaine de l’Holocauste et du génocide à plusieurs endroits en Afrique du Sud en 2018.

Les activités éducatives autour de l’exposition ont bénéficié du soutien de l’UNESCO et de l’USHMM dans le cadre de la Conférence internationale sur l’éducation et l’Holocauste (ICEH), un programme de renforcement des capacités organisé conjointement par les deux institutions en 2015 et 2017. La Conférence vise à promouvoir l’institutionnalisation de l’enseignement de l’Holocauste et des génocides à l’échelle mondiale. La Namibie a participé avec une équipe d’enseignants aux deux conférences et a été rejointe par une équipe sud-africaine en 2017.

En tant que résultat direct de sa participation à la première ICEH en 2015, l’équipe namibienne finalise actuellement son exposition sur le génocide de 1904 contre les Herero et les Nama, intitulée « Le génocide des Ovaherero et des Nama – Tirer les leçons du passé », qui a reçu le soutien du Ministère des relations internationales et de la coopération. L’exposition a été présentée dans l’ensemble des 14 États namibiens et visitée par des groupes scolaires. Pour accompagner l’exposition, l’équipe est en train de mettre au point un manuel à l’intention des enseignants, qui sera également mis à la disposition des départements régionaux d’éducation et qui servira à compléter le programme scolaire namibien actuel.