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L'exclusion scolaire à Madagascar pendant la COVID-19

13/04/2021
04 - Quality Education
05 - Gender Equality
10 - Reduced Inequalities

Atelier de restitution et de validation des résultats d’analyse © UNESCO

Le 4 mars dernier, l’Antenne de l’UNESCO à Madagascar présentait les résultats de l’étude « Analyse des données relatives aux enfants non scolarisés et de l’impact de la pandémie COVID-19 à Madagascar », réalisée dans le cadre de l’Initiative mondiale en faveur des enfants non scolarisés (OOSCI), par l’Institut de Statistique de l’UNESCO (ISU).

Avec 258 millions d’enfants, d’adolescents et de jeunes non-scolarisés dans le monde, d’après l’ISU, de nombreux pays sont aujourd’hui encore confrontés au manque d'éducation. C’est face à ce constat que l’ISU a lancé cinq études nationales, dont une à Madagascar – un pays où les textes mettent l’emphase sur la fréquentation scolaire obligatoire à partir de l’âge de 6 ans.

Résultats de l'étude à Madagascar :

Pourcentage des enfants non-scolarisés par niveaux :

  • Préscolaire (moins de 5 ans) : 40% représentant entre 285 000 et 316 000 enfants
  • Primaire : 22% à 27% représentant entre 751 000 à 921 000 enfants
  • 1er cycle du secondaire : 30% à 40% représentant entre 741 000 et 1 million d’enfants
  • 2nd cycle du secondaire : plus de 60%, soit près de 1,4 millions d’adolescents

 La problématique des entrées tardives, les taux élevés de redoublement et les abandons au niveau primaire figurent parmi les problèmes les plus importants du système éducatif malgache. Les enfants scolarisés au primaire sont plus exposés au risque d’abandon scolaire, où ils ont seulement 33% de chances d’arriver à la dernière année du cycle. Toutefois, une fois que les élèves sont arrivés au 1er cycle du secondaire, ils ont 73% de chances d’arriver à la dernière année du cycle, et ceux qui atteignent le 2nd cycle du secondaire ont 87% chances d’arriver à la dernière année.

Les proportions des garçons non scolarisés restent supérieures à celles des filles dans les groupes d’âge de 5 à 14 ans, mais les filles sont plus susceptibles d’être non scolarisées une fois âgés de plus de 15 ans. Dans toutes les dimensions d’exclusion, les enfants non scolarisés sont plus généralement issus des ménages les plus pauvres, des orphelins, des enfants en situation d’handicap, et habitent en milieu rural ou dans certaines régions du sud et du sud-ouest du pays.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’exclusion scolaire. Au niveau des ménages, les difficultés économiques du ménage, la faible perception des avantages directs de l’éducation combinée avec le besoin de main d’œuvre dans les activités agricoles ou dans le gardiennage des troupeaux, particulièrement pour les garçons, expliquent une partie importante du phénomène de la non scolarisation des enfants. Les mariages précoces sont par contre des sources d’abandon scolaire pour les jeunes filles. Du côté des écoles, le coût des études, l’éloignement de l’école et l’existence des écoles à cycle incomplet avec une discontinuité d’offre éducative, la faible qualification des enseignants, et l’existence des enseignants communautaires payés par les parents influencent une part importante de la non-scolarisation et des abandons scolaires.

Ces données ont été collectées en étroite collaboration avec le Ministère malgache de l'éducation nationale, le Ministère de l'enseignement technique et professionnel et l'Institut national de la statistique de Madagascar. Elles seront prises en considération aux fins de politique et de planification et pour faciliter les synergies entre les différents acteurs impliqués.