Construire la paix dans l’esprit
des hommes et des femmes

Lier notre passé, cultiver notre avenir | Le Forum mondial de l’UNESCO met l’accent sur la culture, la nourriture et l’éducation au service de la durabilité

13 Septembre 2019

parma_.jpg

© UNESCO

Le Forum mondial de l’UNESCO sur la culture et la nourriture, qui s’est tenu à Parme en Italie les 12 et 13 septembre, a mis l’accent sur la culture, la nourriture et l’éducation en tant que puissants vecteurs de changement transformateur et de développement durable. Bien que la culture, la préparation et le service des aliments représentent une expérience humaine universelle, il existe une grande variété de pratiques alimentaires à travers le monde, constituant une part importante de notre patrimoine commun.

À l’ouverture des travaux du Forum, Ernesto Ottone R., Sous-Directeur général de l’UNESCO pour la culture, a souligné qu’investir dans le patrimoine culturel et les pratiques alimentaires liées à la culture renforce l’inclusion sociale, le développement économique et le bien-être, et permet ainsi de répondre aux défis du Programme de l’ONU à l’horizon 2030. « Les politiques culturelles apportent aujourd’hui des réponses innovantes dans les domaines de l’inclusion, de l’enseignement technique et professionnel, de l’emploi, de la préservation du patrimoine culturel et de la biodiversité », a-t-il déclaré. M. Ottone a également souligné que les pratiques culturelles ancrées dans les systèmes de savoirs traditionnels et locaux liés à la nourriture sont d’importants marqueurs de l’identité collective et de la durabilité environnementale.

Dario Franceschini, ministre italien du Patrimoine et des Activités Culturelles, a mis l’accent sur la prise de conscience de la valeur identitaire de la nourriture, son importance en tant que vecteur de connaissance et instrument de dialogue interculturel. Sa sauvegarde contribue à préserver les écosystèmes environnementaux, culturels et sociaux. En mettant l’accent sur le rôle actif des communautés, à la fois source de savoir et de sagesse pour l’ensemble de la société, le ministre a déclaré : « Notre principale mission est d’identifier des domaines d’action clés dans le but d’assurer le développement harmonieux du territoire et une relation équilibrée entre les zones urbaines et rurales, à travers le secteur de la nourriture et la créativité ».

Teresa Bellanova, ministre italienne des Politiques Agricoles, Alimentaires et Forestières, a déclaré que « l’évolution vers des modèles et des régimes alimentaires universels peut menacer des traditions qui se sont transmises de génération en génération. C’est pourquoi, nous devons assurer un développement durable en renforçant les liens entre la nourriture et la culture. » Les experts ont souligné le caractère dynamique des pratiques alimentaires locales qui ont évolué, se sont mêlées et ont traversé les frontières, donnant naissance à de nouvelles formes culturelles, tout en préservant ou en réinventant les traditions culturelles.

Les experts invités au Forum ont également noté l’importance de bien manger tout en protégeant la planète. Ils ont analysé comment, au cours du siècle dernier, les systèmes alimentaires ont subi d’importantes transformations au regard des progrès technologiques, de l’utilisation massive des combustibles fossiles, des tendances migratoires et de l’urbanisation croissante. La production alimentaire représente une importante source des émissions mondiales de gaz à effet de serre alors que nous gaspillons un tiers des aliments que nous produisons, soit 1,3 milliard de tonnes. L’expansion des terres agricoles est également le principal facteur à l’origine de la déforestation.

Ces tendances menacent la biodiversité, qui diminue à un rythme sans précédent. Les intervenants ont illustré les moyens par lesquels des réponses locales peuvent contrer le développement d’une production et de pratiques alimentaires massives afin d’encourager une utilisation durable des ressources naturelles et une réduction du gaspillage alimentaire.

Les experts ont en outre rappelé l’impact du changement climatique qui fait peser de nouveaux risques sur la sécurité alimentaire, en particulier pour les 2 milliards de personnes qui n’ont actuellement pas un accès régulier à des aliments sains et nutritifs en quantités suffisantes.

La créativité à travers la gastronomie fait partie de l’équation, comme l’ont souligné les représentants des Villes créatives de gastronomie de l’UNESCO. Chacune de ces villes a adopté des stratégies et des projets innovants et adaptés au contexte local. De la même façon, les éléments du patrimoine culturel immatériel, les sites du patrimoine mondial, les réserves de biosphère et les géoparcs de l’UNESCO, servent de laboratoires d’expérimentation pour la recherche scientifique, l’innovation et la pratique qui mettent en évidence les liens intrinsèques et interdépendants entre patrimoine culturel, communautés et environnement.

Le chef italien Massimo Bottura, fondateur de l’organisation à but non lucratif Food for Soul, a lancé un appel à l’action en insistant sur la responsabilité sociale des chefs qui peuvent sensibiliser aux choix de consommation durables et informés, soutenir des régimes alimentaires sains et lutter contre le gaspillage alimentaire. « Cuisiner est un appel à agir » a -t-il dit.

Le Forum s’est conclu par l’adoption de la Déclaration de Parme, qui réaffirme la nécessité de renforcer les liens entre la culture et la nourriture pour préserver la biodiversité ancrée dans l’identité et le patrimoine culturels, améliorer la production et la consommation alimentaires, soutenir une alimentation saine et impulser un changement transformateur.

UNESCO a organisé ce Forum en collaboration avec le Gouvernement de la République italienne, avec le soutien de la Région de l’Émilie Romagne et la Ville de Parme, une Ville créative de gastronomie de l’UNESCO depuis 2017.

Liens :