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L’UNESCO conclut sa 40e Conférence générale en adoptant une Convention facilitant les échanges interuniversitaires

02 Décembre 2019

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© UNESCO

Paris, le 27 novembre—L’UNESCO a conclu cette semaine sa Conférence générale après avoir adopté un projet de Convention destinée à faciliter la mobilité étudiante entre universités des cinq continents, et avoir reçu pour mission d’élaborer des règles éthiques dans le développement de l’intelligence artificielle. La Conférence générale, organe directeur de l'UNESCO, se réunit tous les deux ans pour déterminer le programme et le budget de l'Organisation.

« Nous entrons dans une nouvelle période, celle d’un nouveau souffle » , s’est félicité la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, en dressant le bilan de cette quarantième session, qui s’est tenue du 12 au 27 novembre. Relevant qu’après plus de vingt ans de reculs et de restrictions, la situation budgétaire se normalisait, elle a souligné qu’en « acceptant une augmentation de leurs contributions, fait rarissime dans le système onusien aujourd'hui, les États membres avaient voulu exprimer leur confiance et leur soutien à l’orientation donnée à l’UNESCO depuis deux ans et tout particulièrement aux avancées de sa transformation stratégique. »

Les États membres ont fixé le budget de l’exercice 2020-2022 à 534 millions de dollars (+3%). À l’initiative de la Suède, la Conférence générale a amendé l’Acte constitutif de l’Organisation afin de suspendre le droit de vote - ainsi que l’éligibilité au Conseil exécutif - des États n’étant pas à jour de leur contribution.

Parmi les décisions adoptées par les 193 États membres de l'UNESCO figure l’adoption d’une Convention sur la mobilité interuniversitaire qui entrera en vigueur après avoir été ratifiée par vingt pays. La Convention facilitera la mobilité académique interrégionale et la mise en place de principes universels pour améliorer la reconnaissance des diplômes. Elle complétera les cinq conventions régionales de l'UNESCO sur la reconnaissance des qualifications de l’enseignement supérieur.

Parallèlement, une centaine de ministres de l’éducation et autant de représentants d’universités participant au programme des Chaires UNESCO se sont retrouvés pour favoriser l’émergence d’un « campus mondial » plus inclusif, permettant une meilleure mobilité étudiante, et qui permette de faire face à l’accroissement rapide du nombre d’inscriptions dans l'enseignement supérieur.

L’autre grande décision de la Conférence générale a trait à l’élaboration d’un instrument normatif international sur l'éthique de l'intelligence artificielle. Des experts sélectionnés par l’UNESCO seront chargés de préparer un projet après avoir procédé à une large consultation. Deux réunions intergouvernementales devraient se tenir en 2021 pour finaliser des normes éthiques s’appuyant sur les droits fondamentaux de la personne.

Par ailleurs, la Conférence générale a aussi donné lieu à la réunion exceptionnelle de 116 ministres et vice-ministres de la culture. Ceux-ci ont mis en avant le rôle essentiel de la culture dans le développement de sociétés plus solidaires, plus résilientes et inclusives. À l’issue de la réunion des ministres, le Mexique a annoncé la tenue en 2022 d’une seconde Conférence mondiale « Mondiacult » sur les politiques culturelles. En 1982, lors de la première édition, la communauté internationale avait élargi la définition de la culture, vue depuis lors comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs caractérisant une société́ ou un groupe social.

La Conférence générale a aussi choisi de célébrer huit nouvelles Journées mondiales – de l’art (15 avril), de l’art islamique (18 novembre), de la culture africaine et afro-descendante (24 janvier), de l’ingénierie pour le développement durable (4 mars), de la logique (14 janvier), des mathématiques (14 mars), de l’olivier (26 novembre) et de la langue portugaise (5 mai). Elle a aussi décidé que chaque premier jeudi de novembre était instituée une Journée internationale contre la violence et le harcèlement en milieu scolaire, y compris le cyber-harcèlement. En outre, 2022 sera proclamée « Année internationale des sciences fondamentales au service du développement durable ».

La Conférence générale a enfin été le cadre d’un échange entre jeunes et une dizaine de dirigeants gouvernementaux sur le thème : « (Ré) Génération – Repenser le multilatéralisme avec de jeunes acteurs du changement ». Les participants ont exhorté les gouvernements à se mobiliser davantage pour lutter contre le changement climatique, à investir davantage dans l'éducation et à déployer des efforts concertés pour que la technologie soit mise au service des populations et de leurs droits.

À l’ouverture de la Conférence générale, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, avait mis en garde contre l'éclatement de la communauté internationale, estimant que « l'action de l'UNESCO (était) essentielle pour rassembler le monde ». Pour Audrey Azoulay, « les défis contemporains (…) ne peuvent être circonscrits à des limites territoriales. Ils ne sauraient trouver d’autre solution durable que coopérative, solidaire et multilatérale ».

Retrouver toutes les informations détaillée sur cette 40ème session.

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