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L’UNESCO demande l’examen de la question du retrait du Carnaval d’Alost de la liste représentative du patrimoine de l’humanité

22 Mars 2019

UNESCO HQ

© UNESCO/ C.Alix

La Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, salue la décision prise par les Etats membres réunis lors du Bureau du Comité du patrimoine immatériel hier, relative au carnaval d’Alost (Belgique) et à la nature raciste et antisémite de certains chars lors de la dernière édition de ce festival, inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité à la demande de la Belgique en 2010.

Sur proposition du Secrétariat de l’UNESCO, la décision appelle les Etats parties à cette Convention à « s’assurer que les éléments inscrits sur les listes de la Convention respectent les principes éthiques pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ».   La décision du Bureau condamne « toutes les formes de racisme, d’antisémitisme, d’islamophobie et de xénophobie ». Enfin, le texte adopté prévoit que le Comité examinera lors de sa prochaine réunion la question de la "possibilité de retirer des éléments" des Listes de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

« L’UNESCO se devait d’être vigilante et ferme quant aux dérives d’un festival classé au Patrimoine de l’humanité et qui en bafoue les valeurs élémentaires. Ce n’est de plus pas la première fois que ces chars racistes et antisémites défilaient dans ce festival », a ainsi déclaré Audrey Azoulay.

Le carnaval d’Alost est un élément inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité depuis 2010. L’inscription d’un élément sur la Liste est effectuée sur proposition d’un Etat partie de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel et décision du Comité de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

Le 6 mars dernier, l’UNESCO avait déjà fortement condamné les dérives racistes et antisémites à l’occasion de ce carnaval. « L'esprit de satire du carnaval d'Alost et la liberté d'expression ne sauraient servir de paravent à de telles manifestations de haine » avait déclaré Ernesto Ottone R., Sous-Directeur général pour la Culture à l’UNESCO. « Au-delà des valeurs de respect et de dignité portées par l’UNESCO, ces indécentes caricatures vont à l'encontre même des principes fondateurs du patrimoine immatériel de l’humanité. » avait-t-il ajouté.

 

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