News

L’UNESCO double la somme attribuée dans le cadre du premier appel du Fonds mondial pour la défense des médias

09/10/2020

Suite au nombre élevé de propositions éligibles, innovantes et de qualité reçues dans le cadre du premier appel à partenariats du Fonds mondial pour la défense des médias, le montant initialement prévu d'un demi-million de dollars américains de subventions a été doublé, en accord avec les principaux donateurs du Fonds et conformément à une approche programmatique adaptée.

Le premier appel à partenariats a reçu 110 propositions émanant d'organisations à but non lucratif de toutes les régions du monde, et visant plus de 50 pays. Parmi les 44 propositions présélectionnées,17 sont situées en Afrique et une majorité est située dans le Sud global. Plus de la moitié des propositions présélectionnées (25) proviennent d'organisations nationales/de base (organisations dites « grassroots »), tandis que sept d'entre elles sont issues d'entités régionales et une douzaine d'ONG mondiales spécialisées.

Les projets présélectionnés, qui se distinguent par leur originalité et leur caractère novateur, vont du soutien à des cliniques juridiques, des réseaux d'avocats et autres mécanismes de défense des médias à titre gracieux au sein d'associations de journalistes et de salles de presse, à l'encouragement de litiges stratégiques, auprès de tribunaux régionaux et des forums internationaux, contre des lois et des pratiques judiciaires qui restreignent la liberté des médias. Certains de ces projets visent à créer des mécanismes de protection juridique spécifiquement destinés aux femmes journalistes, aux freelances ou aux dessinateurs de presse. La parité des sexes a été intégrée dans toutes les candidatures présélectionnées.

Les propositions de projets reçues dans le cadre de ce premier Appel ont couvert un large éventail d'activités pour aider à faire progresser les résultats du Fonds mondial pour la défense des médias. L'un des projets s'attaque au phénomène croissant du "tourisme de la diffamation", qui est utilisé pour mettre en faillite des journalistes ou des entreprises de médias sous le poids des frais de justice dans des juridictions connues pour leurs frais de justice élevés. Un autre projet soutient le journalisme d'investigation collaboratif pour poursuivre et publier le travail des journalistes menacés, emprisonnés ou assassinés.

"Nous avons été impressionnés par la quantité et la qualité des propositions reçues dans le cadre de ce premier appel à partenariat, qui provenaient du monde entier et d'une grande variété d’acteurs à but non lucratif, notamment de syndicats de journalistes, d’associations de médias, des organisations de défense des droits de l'homme, d’initiatives en faveur de l'État de droit et de réseaux de journalisme d'investigation" a déclaré Guilherme Canela, Chef de la section pour la liberté d'expression et la sécurité des journalistes de l'UNESCO.

« Le grand intérêt pour cet appel en particulier et pour le Fonds mondial pour la défense des médias en général nous a montré l'énorme besoin qui existe sur le terrain de mettre en place des projets de soutien qui améliorent la protection juridique des journalistes et leur accès à l'assistance juridique, ainsi que de soutenir le type de journalisme d'investigation qui contribue à la lutte contre l'impunité".

L’UNESCO a lancé au début de cette année le premier appel à partenariats pour la promotion de la liberté des médias, qui sera soutenu par le Fonds mondial pour la défense des médias, créé grâce à l'initiative des gouvernements du Royaume-Uni et du Canada, dans le cadre de leur Campagne mondiale pour la liberté des médias.

Le Fonds mondial pour la défense des médias est un fonds fiduciaire multipartenaires dont l'objectif est de renforcer la protection des médias et d'améliorer l'accès des journalistes à une assistance juridique spécialisée. Ses thèmes privilégiés sont le soutien à la défense juridique basée sur les normes internationales en matière de liberté des médias, ainsi que le journalisme d'investigation contribuant à lutter contre l'impunité pour les crimes commis contre les journalistes. L'approche de mise en œuvre consiste à rechercher des demandes de financement de démarrage pour des organisations externes pertinentes et à but non lucratif, pour des activités innovantes ayant un potentiel de durabilité à moyen terme.

Le Fonds mondial pour la défense des médias a été rendu possible grâce aux dons majeurs initiaux du Royaume-Uni et du Canada et à leurs promesses respectives de 3 millions de livres sterling (3,7 millions de dollars américains) sur cinq ans et de 2 millions de dollars canadiens (1 500 000 dollars américains) pour les deux premières années du Fonds. Des dons supplémentaires ont été reçus de la République tchèque, de la Lettonie et du Luxembourg. Ce Fonds fonctionne en synergie avec d'autres activités mises en œuvre par l'UNESCO dans le domaine de la liberté d'expression, et son action contribue à la mise en œuvre du Plan d'action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l'impunité.

Pour en savoir plus sur les projets soutenus par le Fonds mondial pour la défense des médias, consultez les entretiens  réalisés avec les bénéficiaires du premier appel à partenariat du Fonds.