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L’UNESCO et le HCR appellent à inclure les réfugiés dans l’effort à accomplir en faveur de l’éducation après le Covid-19

13/07/2020

Ne laissons pas les jeunes réfugiés sur le bord de la route, tel est l’appel que l’UNESCO et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ont lancé lors d’un débat en ligne sur les meilleurs moyens d’assurer et d’améliorer la scolarisation et l’apprentissage des jeunes réfugiés pendant la pandémie et une fois que celle-ci aura été surmontée.

« Cette mobilisation pour les réfugiés est des plus urgentes alors qu’ils sont particulièrement vulnérables à la crise du Covid-19 et ses conséquences », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, en ouverture de la réunion. « La crise du Covid-19 met en péril tout ce que nous avons fait en faveur de l’éducation des réfugiés et des migrants, leur intégration, la possibilité de s’accomplir. Nous devons renforcer notre action en faveur des plus vulnérables pour leur assurer ce droit fondamental. »

La ministre canadienne du développement international, Karina Gould, qui a raconté l'histoire de ses grands-parents tchèques devenus réfugiés après avoir fui l'ex-Tchécoslovaquie pendant la Seconde Guerre mondiale, a mis en avant la nécessité de « solutions de faible technicité », compte tenu de la fracture numérique et technologique, et du manque d'infrastructures de communication dans de nombreux pays. La ministre camerounaise de l'enseignement secondaire, Pauline Nalova Lyonga Egbe, a donné l'exemple des téléphones portables qui sont d’usage courant pour la majorité de la population et qui peuvent être utilisés comme moyen bon marché pour l'enseignement à distance.

La table ronde a également réuni deux jeunes étudiants réfugiés du Rwanda et du Mali qui vivent désormais au Kenya et au Burkina Faso, une haut fonctionnaire de l'enseignement primaire du Kenya et une députée de l'Assemblée nationale pakistanaise chargé de l'éducation et de la formation professionnelle, ainsi que des représentants de la Coalition mondiale pour l’éducation créée sous les auspices de l'UNESCO.

L’Émissaire du HCR, l’actrice Angelina Jolie, engagée depuis plusieurs années en faveur des personnes déplacées, a introduit la discussion en en résumant les points saillants. Pour sa part, la sous-secrétaire aux affaires étrangères du Royaume-Uni, la Baronne Sugg a insisté sur le fait que « l’éducation était prioritaire dans le processus de redressement post-coronavirus. Cette épidémie n’est pas seulement une crise sanitaire, c’est une crise de l’éducation, particulièrement pour les enfants réfugiés. Sans école ni instruction, ils seront incapables de reconstruire leur vie et d’épanouir pleinement leur potentiel ». Elle a annoncé que le gouvernement britannique débloquerait une enveloppe supplémentaire de 5,3 millions de livres sterling en faveur du HCR.

Le Haut Commissaire pour les réfugiés, Filippo Grandi, a conclu les échanges en avertissant que « le tableau d'ensemble restait très sombre en raison de l'impact prochain de la crise économique sur l'aide internationale à long terme pour l'éducation ». Il a souligné que 12 % de l'activité d'éducation est soutenue par l'aide internationale. En effet, entre 40 et 60 millions d'enfants pourraient tomber dans la pauvreté. « Nous devons inclure ceux qui sont parmi les plus exclus, les personnes déplacées ».

L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture estime que la pandémie risque de remettre en cause les progrès accomplis en matière d’éducation ces dernières années, s’agissant en particulier des jeunes filles. Au moins 20% d’entre elles risquent de ne pas reprendre leurs études interrompues par la suspension de l’enseignement, selon une estimation du HCR, avec pour seules perspectives mariage et grossesses précoces. Un certain nombre de gouvernements prévoient toutefois de prendre en compte les réfugiés dans les mesures envisagées pour faire face à l’après-pandémie, en matière d’enseignement à distance notamment, ce qui va dans le sens de la concrétisation des engagements pris dans le cadre du Pacte mondial sur les réfugiés.

L’événement était coparrainée par le Canada, le Royaume-Uni et le fonds mondial Education Cannot Wait qui a affecté sa deuxième allocation d’urgence Covid aux réfugiés.