News

L’UNESCO lance l’enquête sur l’évaluation des besoins en intelligence artificielle en Afrique

04/03/2021

La stratégie opérationnelle de Priorité Afrique de l’UNESCO reconnaît l’importance du savoir pour le développement socioéconomique durable de l’Afrique et du renforcement des capacités dans le domaine des TIC. L’UNESCO a lancé l’enquête sur l’évaluation des besoins en intelligence artificielle (IA) en Afrique et organisé un dialogue avec les pays africains pour réfléchir aux résultats et aux recommandations de l’enquête.

L’intelligence artificielle représente une opportunité considérable de développement en Afrique, bien que ces technologies soient actuellement développées pour et par des entreprises, universités et États extérieurs au continent. Les États peuvent utiliser l’IA ainsi que d’autres technologies numériques pour promouvoir leurs écosystèmes d’innovations et accélérer le développement durable. M. Xing Qu, Directeur général adjoint de l’UNESCO et Sous-Directeur général pour la Communication et l’information, a souligné les efforts continus de l’organisation pour encourager les pays africains à exploiter l’IA dans le cadre de leurs priorités nationales de développement. En insistant sur l’importance de la publication, M. Xing Qu a déclaré : « ses résultats contribueront à orienter nos débats actuels sur la manière dont l’intelligence artificielle peut être mobilisée pour le bien social ».

L’enquête révèle le besoin de renforcer la connaissance politique, juridique et réglementaire en matière de gouvernance de l’IA en Afrique. S.E. M. Albertus Aochamub, Ambassadeur de Namibie, a fait remarquer que l’enquête avait révélé les écarts d’élaboration de politiques dans différents domaines tels que la protection des données, la formation et les compétences en matière d’IA. Il a ajouté : « À ce jour, aucune politique ne réglemente l’IA en Namibie en dehors de la Loi sur les Télécommunications de 2007 ». Il a souligné une difficulté devant faire l’objet d’une attention urgente afin de renforcer « l'accès aux infrastructures abordable pour tous ». En effet, seuls 51 % des Namibiens ont accès à Internet.

L’enquête signale qu’à mesure que des politiques d’IA seront développées en Afrique, les pays bénéficieront d’une meilleure coordination et expertise leur permettant de répondre à des difficultés similaires et partagées. À ce propos, M. Firmin Edouard Matoko, Sous-Directeur général de Priorité Afrique et des relations extérieures, qui a animé les débats, a rappelé comment l’UNESCO facilitait l’échange de connaissances entre les décideurs politiques et les autres parties prenantes en Afrique grâce à l’organisation de divers forums régionaux sur l’intelligence artificielle.

Plus de la moitié des pays ayant participé à l’enquête ont identifié les questions liées à l’égalité des genres et à l’utilisation de l’IA comme des priorités.

L’égalité des genres ne recouvre pas uniquement la question de l’accès des femmes aux technologies. Elle renvoie également au rôle que les femmes jouent en développant les technologies. Il est urgent que davantage de femmes africaines participent au développement de l’IA. Il est en effet inacceptable que des équipes exclusivement masculines se chargent de 80 % du développement des logiciels liés à l’IA.

Gabriela Ramos, Sous-Directrice générale des sciences sociales et humaines de l’UNESCO

L’IA constitue un avantage économique majeur pouvant créer de nouveaux débouchés commerciaux. Elle offre la possibilité d’une transformation radicale des systèmes économiques et sociaux à travers le monde. Mais elle pose également des défis. Nous devons approfondir les résultats de l’enquête grâce à un dialogue international autour des nouveaux paradigmes du marché du travail, mais aussi de l’avenir du travail et d’une nouvelle conception du modèle économique.

Alaaeldin Zakaria Youssef, Ambassadeur de l'Égypte auprès de l’UNESCO

Les résultats de l’enquête joueront un rôle essentiel dans le développement de la coopération régionale et serviront de point de départ pour que les pays puissent travailler ensemble sur des priorités communes. Mme Sally Radwan, représentante du groupe de travail de l'Union africaine sur l’IA, a partagé trois objectifs du groupe de travail. Ils consistent à créer un point de vue africain commun sur des questions relatives à l’IA en identifiant et en développant des projets d’IA d’intérêt commun et en établissant un cadre pour le renforcement des capacités en matière d’IA en Afrique. Elle a mentionné que le groupe de travail de l’Union africaine sur l’IA commenterait les résultats de l’enquête lors de sa prochaine réunion.

En tant que partenaire majeur de développement en Afrique et chef de file mondial en matière de développement responsable et d’application des systèmes d’IA, le Canada soutient le développement et l’utilisation de l’IA en Afrique par l’intermédiaire du Centre de recherches pour le développement international (CRDI). Lors du débat, S.E. Mme Natasha Cayer, Ambassadrice et Déléguée permanente du Canada auprès de l’UNESCO, a souligné l’importance d’une approche multipartite centrée sur les droits de l’homme pour les systèmes d’IA. Elle a salué la collaboration entre le CRDI et l’UNESCO dans l’organisation de cette enquête. Elle a insisté sur le besoin de promouvoir des partenariats multipartites similaires afin d’atténuer les effets négatifs de l’IA sur les sociétés. Une coopération de ce type entre l’UNESCO, le CRDI et d’autres partenaires est en cours dans le cadre d’Open for Good Alliance, qui encourage le développement de données de formation destinées au développement local d’IA en Afrique.

M. Guy Berger, Directeur des stratégies et des politiques dans le domaine de la communication et de l'information à l'UNESCO, a signalé le besoin de faciliter les débats autour des priorités politiques et des besoins de renforcement des capacités identifiés par l’enquête grâce à un public plus large de parties prenantes en Afrique. L’UNESCO contribuera à ces efforts en organisant des forums sous-régionaux sur l’IA en Afrique en 2021.

 

Pour en savoir plus sur le travail de l’UNESCO en matière d’IA : https://fr.unesco.org/artificial-intelligence

 

Contact

Bhanu Neupane
Prateek Sibal