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L’UNESCO et Mila s’associent pour lancer un appel à publications afin de mettre en lumière les faiblesses du développement de l’IA

30/03/2021

L’UNESCO, en partenariat avec Mila, Institut d'intelligence artificielle québécois, lance un appel à propositions pour identifier les faiblesses des politiques et du développement de programmes en matière d’IA. L'ouvrage collectif explorera des approches créatives, novatrices et de grande portée pour aborder les faiblesses du cycle de vie de l'IA.

La publication fournira aux dirigeants mondiaux, aux décideurs politiques et aux membres de la société civile des perspectives essentielles pour affronter l'immense tâche qui leur est confiée : veiller à ce que le développement de l'IA atteigne son plein potentiel dans le respect des valeurs démocratiques et des droits et libertés fondamentaux. L'ampleur de ce défi implique un effort de collaboration qui transcende les barrières disciplinaires et les frontières géographiques. Cette publication réunira des universitaires visionnaires, des représentants de la société civile, des artistes et des pionniers qui nous aideront à faire avancer le débat de ce que nous savons déjà à ce qu'il nous reste à mettre en lumière afin que les technologies de l'IA ne laissent personne pour compte.

En 1950, Alan Turing, un mathématicien à l’avant-garde ayant exploité la puissance de l'intelligence artificielle (IA) pour mettre fin à la Seconde Guerre mondiale, a déclaré : « nous ne pouvons voir qu'à une courte distance devant nous, mais nous pouvons y voir beaucoup de choses à faire ». Au cours des dernières décennies, les technologies de l'IA se sont développées de manière exponentielle, entraînant des changements profonds et dynamiques dans nos sociétés, nos écosystèmes et nos vies, si bien que les mots d'Alan Turing trouvent encore autant de résonance aujourd’hui. En effet, il reste encore beaucoup à faire.

Si les technologies de l'IA sont développées et utilisées dans l'intérêt de tous, elles peuvent rendre de grands services à l'humanité. Elles peuvent accélérer les découvertes médicales, offrir un accès sans précédent à l'éducation, amplifier la résonance et la résilience des cultures, des connaissances et des arts, mais également nous aider à faire face à la crise climatique en augmentant notre capacité d’adaptation et d’atténuation des effets du changement climatique. Toutefois, aussi profonds et vastes que soient ces avantages, les défis qu'ils posent le sont tout autant. Que ce soit en perturbant le marché de l’emploi, en reproduisant ou en amplifiant les discriminations, les technologies de l'IA peuvent porter atteinte aux fondements de nos démocraties, menacer notre diversité culturelle, sociale et écologique et creuser les inégalités au sein et entre les pays.

Dans ce contexte, les questions qui doivent être posées de toute urgence ne sont pas de savoir si nous accueillons les technologies de l'IA (elles sont déjà présentes, que nous les accueillions ou non), mais plutôt dans quelle mesure elles sont ou devraient être dignes de confiance et équitables, quels intérêts elles servent et comment nous pouvons nous assurer qu'elles sont plus bénéfiques que néfastes. Pour répondre à ces questions, il faut travailler collectivement sur des initiatives techniques, éthiques, culturelles, sociales et juridiques garantissant la conception, le développement et le déploiement de technologies d'IA inclusives et fondées sur les droits. Toutefois, ces initiatives doivent rester suffisamment souples pour embrasser les nombreuses formes que l'innovation peut prendre dans les années à venir. Tous les contributeurs sont invités à répondre à la même question : quelles sont les faiblesses que nous devons mettre en lumière pour que l'IA profite à tous ?

Les sujets peuvent porter sur 1) les faiblesses du développement de l'IA en tant que technologie, 2) les faiblesses du développement de l'IA en tant que secteur, et 3) les faiblesses du développement des politiques publiques, de la gouvernance mondiale et de la réglementation de l'IA. Les sujets à traiter sont infinis. Ces faiblesses peuvent concerner des questions telles que la science-fiction et l'avenir de l'IA, les fausses informations créatives et l'avenir de la désinformation, l'IA et l'avenir de l'assistance humanitaire basée sur les données, les connaissances indigènes et l'IA, la violence sexiste et les robots sexuels. Les propositions peuvent être soumises dans des formats créatifs et l'appel à propositions est ouvert aux personnes de tous milieux universitaires et secteurs. Les propositions de tous les groupes de parties prenantes, notamment de groupes marginalisés et sous-représentés, sont encouragées, ainsi que les propositions d'auteurs de pays du Sud et les formats innovants (œuvres d'art, bandes dessinées, etc.).

Les appels à propositions sont ouverts jusqu'au 2 mai 2021.

Les propositions sélectionnées seront confirmées au plus tard le 25 mai.

Les propositions finales, si elles sont présentées sous forme écrite en anglais ou en français, doivent compter entre 5 000 et 7 000 mots et être rédigées dans un style accessible aux non spécialistes de l'IA. Elles doivent être envoyées avant le 1er septembre 2021.

Afin de garantir l'inclusivité et la diversité des voix, pour les contributions acceptées en dehors du milieu universitaire, les auteurs peuvent demander un soutien financier pouvant aller jusqu’à 1 000 dollars, accordé en fonction des besoins.

Pour soumettre une proposition, veuillez remplir le questionnaire en anglais ou en français.