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L’UNESCO participe au Dialogue Judiciaire en Afrique

04 Novembre 2019

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Justice Sylvain Ore and Guy Berger
© UNESCO

En s’appuyant sur des coopérations passées avec la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, l’UNESCO a apporté son soutien au quatrième dialogue judiciaire organisé annuellement par la Cour et qui se déroula à Kampala du 30 octobre au 1 novembre.

Sous le thème de « Faire face aux problèmes contemporains des droits de l’homme : le rôle du pouvoir judiciaire en Afrique », l’événement a réuni les plus hauts représentants de la magistrature des Etats membres de l’Union Africaine, et a été inauguré par son Excellence, Yoweri Museveni, Président de la République d’Ouganda.

Les discussions du forum ont notamment porté sur les droits des réfugiés et des peuples indigènes, sur le droit de recourir à une action juridique dans le cas où les résultats d’une élection sont contestés, et sur la question des droits dans un contexte de lutte contre le terrorisme.

Dans son allocution d’ouverture, l’Honorable Juge Sylvain Oré, Président de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, a exhorté plus de pays africains à adhérer au protocole permettant aux citoyens et aux ONG de saisir la Cour.

Dans ses remarques, Guy Berger, Directeur de la division de la liberté d’expression et du développement des médias à l’UNESCO, a souligné comment les droits à la liberté d’expression et à l’accès à l’information aident à promouvoir et à protéger les droits mis en avant dans l’agenda du dialogue judiciaire.

Berger a aussi présenté le travail que l’UNESCO effectue pour promouvoir la connaissance des standards internationaux et régionaux sur la liberté d’expression au sein des procédures judiciaires en Afrique.

Il a ajouté que « l’UNESCO travaille avec les gouvernements africains et les parties prenantes pour remplacer les lois datant de l’époque coloniale avec des instruments qui sont plus adaptés à l’Agenda 2063 de l'Union africaine, et qui sont plus propices à la réalisation des Objectifs de développement durable – en particulier l’objectif appelant à un accès public à l’information et aux libertés fondamentales. »

L’UNESCO a des Memoranda d’entente avec la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, la Cour de Justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la Cour interaméricaine des droits de l’homme, le Sommet ibéro-américain de juges, et l’association des procureurs d’Amérique latine, a déclaré Berger.

Il a également souligné que l’UNESCO opère divers programmes de formations pour les membres du judiciaire, qui ont impliqué plus de 12 000 personnes en Amérique latine, et avec un programme pilote en Afrique qui a déjà atteint plus de 1 800 personnes et se poursuivra à une plus grande échelle à l’avenir.

Berger a attiré l’attention des juges sur la date du 2 novembre, désignée par les Nations unies comme la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes. La date a été choisie par les Nations unies pour commémorer la mort de deux journalistes français tués sur le sol africain.

« 51 journalistes ont été tués au total en Afrique ces cinq dernières années, avec la majorité de ces crimes de censure ultime étant commis en toute impunité, » a déclaré le Directeur.

Cependant, il a reconnu qu’il y avait eu des avancées juridiques importantes pour la protection de la liberté d’expression dans plusieurs institutions juridiques africaines, telles que des jugements clés sur la torture, sur le meurtre des journalistes et sur la criminalisation de la diffamation.

« L’UNESCO espère qu’il y aura de nombreuses décisions similaires à l’avenir, au niveau continental, régional, sous-régional et national. De telles décisions renforcent l’idée que l’Etat de droit protège le droit de la société à exercer sa liberté d’expression sans crainte.

« De tels jugements accentuent le droit à l’expression », déclare Berger. « Par conséquent, cela contribue à permettre la libre circulation de l’information comme fondement pour la vérité et le progrès, et pour que le journalisme soit protégé dans son rôle d’antidote à la désinformation, les discours de haine, la corruption et la violation des droits humains. »