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L’UNESCO s’associe à la Mission française d’étude sur la recherche et l’enseignement des génocides et des crimes de masse

06 Décembre 2018

© UN Photo - Ratification de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, 14 octobre 1950

Le 7 décembre 2018, l’UNESCO s’associe à la Mission interministérielle française d’étude sur la recherche et l’enseignement des génocides et des crimes de masse à l’occasion d’une conférence pour célébrer le 70e anniversaire de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. La conférence, intitulée « Il y a 70 ans, la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. Droit, recherche, éducation », se tiendra au campus parisien de l’Université Columbia.

La « Convention sur le génocide », comme on l’appelle, a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1948. Pour célébrer cette date historique, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé, en 2015, le 9 décembre « Journée internationale de commémoration des victimes du crime de génocide, d'affirmation de leur dignité et de prévention de ce crime ». Cette journée vise à faire connaître la Convention sur le génocide et son rôle dans la condamnation et la prévention du crime de génocide, tel que défini par la Convention, ainsi qu’à commémorer et honorer ses victimes.

La Convention sur le génocide a été le premier document à définir juridiquement le crime de génocide. Le terme a été inventé par l’avocat polonais Raphael Lemkin, qui a lui-même échappé à la persécution nazie durant la Seconde Guerre mondiale. Il décrit les crimes commis avec « l’intention de détruire tout ou partie d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux ». À ce jour, 149 États ont ratifié la Convention sur le génocide. Sur la base de la Convention, des instances juridiques internationales ont jugé que des génocides avaient été commis contre la minorité musulmane Cham et les Vietnamiens au Cambodge entre 1975 et 1979, contre les Tutsi et les Hutu modérés au Rwanda en 1994, et contre les musulmans bosniaques à Srebrenica, en Bosnie, en 1995.

Dans ce contexte, la conférence de ce jour réunira des experts de haut niveau dans les domaines du droit international, de l’histoire des génocides et de la prévention du génocide, qui se pencheront, dans le cadre de deux tables rondes distinctes, sur les origines de la Convention ainsi que sur les défis contemporains qui lui sont associés. Les intervenants sont membres de la Mission interministérielle française d’étude sur la recherche et l’enseignement des génocides et des crimes de masse, qui a été créée à l’initiative de la Ministre française de l’éducation en 2016. Les tables rondes s’appuieront sur les recommandations formulées dans le rapport final de la mission d’étude, qui a été publié en février 2018.

L’UNESCO s’associe à cet événement dans le cadre de ses activités sur l’enseignement de l’Holocauste et des génocides, qui font partie du programme de l’Organisation visant à promouvoir l’éducation à la citoyenneté mondiale. À l’appui de ces activités, l’UNESCO a publié en 2017 un guide à l’intention des décideurs politiques sur l’enseignement de l’Holocauste et la prévention du génocide. Le document souligne que l’éducation peut jouer un rôle essentiel dans la prévention du génocide en offrant un espace de discussion sur les violences passées tout en favorisant l’acquisition des connaissances, compétences, valeurs et attitudes qui peuvent aider à prévenir les violences actuellement commises contre certains groupes.