Lutte contre les violences faites aux femmes journalistes au Mali, les acteurs s’engagent

30/09/2020
BAMAKO, Mali

Les femmes journalistes occupent une place de choix dans les organes de presse et de médias au Mali. Toutefois, les menaces contre la liberté d’expression dans le monde, surtout les agressions auxquelles font face les femmes journalistes s’accentuent de jour en jour. Elles sont de plusieurs ordres : harcèlement, stigmatisation, cyber-sexisme, discours haineux sexistes, agression physique, viol, deepfake, etc. Ce phénomène, dont le harcèlement sexuel est la forme la plus répandue au Mali, selon l’étude préliminaire conduite auprès de quelques médias basés à Bamako et à l’intérieur du pays par l’UNESCO en mars-septembre 2020, affectent déjà de manière significative l’épanouissement et la sécurité les femmes journalistes. Face à cette situation inquiétante, l’UNESCO en collaboration avec le gouvernement du Mali, entend œuvrer pour promouvoir la liberté et de la sécurité des femmes journalistes au Mali à travers le projet « Promotion de la sécurité des femmes journalistes au Mali ».

 

Financé par la Fondation PostCode de la Suède le projet concerne le Mali, le Sénégal et le Sri-Lanka pour une durée de six mois à partir de mars 2020.  

 

Les activités du projet ont été officiellement lancées le jeudi 24 septembre 2020 à la Maison de la Presse, au cours d’une cérémonie présidée par Mme Diallo Hati Maiga, membre de la Haute autorité de Communication (HAC), qui avait à ses côtés le Représentant du Chef du Bureau de l’UNESCO à Bamako, M. Ali Daou, chargé de Programme Culture et Communication, le Vice-Président de la Maison de la Presse, M. Daouda Mariko, le Directeur général de l’Ecole supérieure de Journalisme et des Sciences de la Communication du Mali, Pr Alassane Diakité, en présence des représentants des organes de presse, des médias et des associations de presse.

 

 Au Mali, sur le terrain, au cours des reportages, de nombreuses journalistes témoignent avoir été victimes des regards, des remarques indécentes ou des propositions à peines voilées. En vue d’endiguer le phénomène, l’UNESCO a inscrit dans ses priorités, la promotion de la sécurité des journalistes femmes et la lutte contre l’impunité envers ceux qui les agressent. « J’exhorte les médias, les femmes journalistes et responsables d’organes de presse à s’approprier le projet en vue de renforcer leurs capacités pour la promotion et le respect des droits des femmes journalistes », a souligné M. Ali Kola Daou, chargé de Programme Culture et Communication, UNESCO-Bamako.

 

« Ce projet est une opportunité de renforcement des capacités et la promotion des droits des femmes journalistes et les responsables d’organes de presse. Les activités prévues qui ont connu du retard à cause de la Covid-19, seront menées à termes d’ici la fin du mois de décembre prochain », a affirmé M. Daouda Mariko, 1er vice-président de la Maison de la Presse.

 

« En tant que femme journaliste, je me réjouis de cette initiative consacrée à la promotion et au respect des droits des femmes de médias. Nous espérons que la mise en œuvre des activités prévues dans le cadre de ce projet contribueront à améliorer les conditions d’exercice de la profession par les femmes », a souligné Mme Diallo Hati Maiga, membre de la Haute autorité de Communication (HAC).  

Il faut noter que plusieurs activités sont prévues dans le cadre de ce projet à savoir : une étude de base sur la sécurité des femmes journalistes, un atelier de formation sur leurs droits et les techniques de protection liées à leur métier, un atelier de formation à l’intention des responsables de médias sur l’implémentation des politiques prenant en compte le genre au sein des rédactions.

 

Le projet qui en est à sa deuxième phase, s’aligne dans la continuité d’autres initiatives de l’UNESCO en faveur de la presse. Ainsi des activités de sensibilisation, l’édition, l’impression et la distribution de près de 500 copies du guide sur la sécurité des femmes journalistes élaborées par l’Unesco et Reporter sans frontières (RSF) le 03 mai 2020 seront réalisées.

 

Les activités seront mises en œuvre par le gouvernement à travers la Maison de la presse en partenariat avec le Bureau de l’UNESCO au Mali.

© UNESCO