Manuscrits anciens du sahel : vers l’élaboration d’un plan d’action sur la préservation durable

24/01/2020
BAMAKO, Mali

Organisée par le Bureau de l’UNESCO à Bamako, le Ministère malien de l’Education nationale, de la recherche scientifique et de l’Enseignement scientifique et l’Institut des Hautes Études et de la Recherche Ahmed Baba de Tombouctou, ladite consultation internationale sur la sauvegarde, l’accessibilité et la promotion des manuscrits anciens au Sahel se propose de définir un plan d’action spécifique, sur la préservation durable et l’exploitation efficiente des manuscrits anciens du Sahel en général et du Mali en particulier.  

 

La cérémonie d’ouverture était placée sous la présidence de Pr Mahamoudou Famanta, Ministre de l’Education nationale, de la recherche scientifique et de l’Enseignement scientifique. Il avait à ses côtés Mme Mbaranga Gasarabwe, Représentante Spéciale Adjointe du Secrétaire Général de l’ONU pour la MINUSMA, Coordonnatrice Résidente du système des Nations Unies au Mali et Coordonnatrice Humanitaire, M. Moez Chakchouk, Sous-directeur général pour la communication et l’information de l’UNESCO, M. Dimitri Sanga, Directeur du Bureau régional multisectoriel de l'UNESCO pour l'Afrique de l'Ouest de Dakar, Dr Oumar Keita, Ambassadeur et Délégué Permanent du Mali auprès de l’UNESCO, Mme Diallo Kadia Maiga, Secrétaire Générale de la COMNAT, Présidente du Comité Scientifique, M. Edmond Moukala, Représentant de l’UNESCO au Mali, les familles détentrices et gestionnaires des manuscrits, les experts nationaux, régionaux et internationaux.

M. le Ministre dans son discours a rappelé que les manuscrits sont restés longtemps méconnus du grand public, « Force est de constater que malgré tout ce qu’ils représentent pour nous et malgré leur potentiel scientifique, les manuscrits restent insuffisamment exploités à cause de plusieurs facteurs comme celui notamment de l’accessibilité.  Cet éparpillement pose de sérieux problèmes aux chercheurs comme aux instances de gestion, d’où l’importance de trouver des voies et moyens pour leur numérisation et leur mise en ligne selon des normes partagées par tous ».

© UNESCO

Mme Mbaranga a pour sa part indiqué que « des mathématiques aux sciences en passant par la philosophie, la grammaire et la théologie, les manuscrits anciens du Mali couvrent un large éventail de sujets qui en font des œuvres d’une valeur inestimable, transmis d’une génération à l’autre, au sein de familles détentrices. Le plus grand défi concerne la cohérence de la vision des acteurs et les biens culturels en général. Toutefois, le système des Nations Unies compte appuyer le Mali dans la recherche scientifique et la vulgarisation de ces manuscrits pour un renforcement de la cohésion nationale, de la tolérance et du dialogue dans un Mali pacifique, uni et prospère ».

M. Chakchouk a pour sa part, au nom de l’UNESCO, remercié les ministères partenaires, ainsi que tous les partenaires qui interviennent dans le domaine des Manuscrits. Après avoir présenté les étapes qui ont mené à cette consultation, il a rappelé que l’UNESCO prévoie d’initier un projet spécifique global dédié à l’identification, la numérisation et l’accessibilité au patrimoine documentaire qui est particulièrement en danger. « C’est un objectif ambitieux qui pourrait être atteint grâce à un partenariat international dans le cadre de la recommandation de l’UNESCO (de 2015) concernant la préservation et l’accessibilité du patrimoine documentaire, y compris le patrimoine numérique. L’UNESCO a un rôle fédérateur important à jouer à cet égard ».

Le Sous-directeur général pour la communication et l’information de l’UNESCO dira que « Plus important encore, nous devons inscrire nos efforts au Sahel dans le cadre plus large de l’Agenda 2063, en particulier en ce qui concerne l’aspiration de l’Afrique à une forte identité culturelle, un patrimoine, des valeurs et une éthique commune. Au cours de cette consultation, nous présenterons les pistes de réflexion de notre Organisation à ce sujet dans le cadre du Programme Mémoire du monde » a-t-il conclu.

Quelles visions universelles pour la sauvegarde des manuscrits ? Quel rôle doit jouer l’État, les partenaires, ainsi que les communautés locales pour renforcer la protection des manuscrits ? Quel cadre juridique, législatif pour protéger les manuscrits, les bibliothèques et les familles détentrices ? Quelle vision en termes d’uniformisation des techniques de conservation ? Comment les savoirs et connaissances que contiennent les manuscrits peuvent-ils être mis au profit des grands défis actuels en matière de culture, d’identité, de gouvernance, d’éducation et de résolution des conflits ? Quels outils développer pour assurer les bailleurs de fonds ? une série de questions qui seront abordées durant ces trois jours de la consultation internationale.

De toutes ces questions, sortira un plan d’action spécifique, sur la préservation durable et l’exploitation efficiente des manuscrits anciens du Sahel en général et du Mali en particulier. Les travaux, les points de vue d’une soixantaine de participants, venus d’une vingtaine de pays, seront donc confrontés pour que jaillisse la lumière qui éclairera l’avenir des Manuscrits anciens du Sahel.