Marshet, une jeune éthiopienne qui transforme sa communauté

04/11/2019

Marshet Zelalem a grandi dans un village rural de la région d'Oromia en Éthiopie. À l’école primaire, elle n’osait pas lever la main pour poser des questions en classe.

Mais cette jeune fille autrefois réservée est devenue présidente du Parlement des enfants et point focal du Bureau des femmes et des enfants de la ville de Tabor, plaidant pour les droits des filles et des femmes.

Lors d’un événement à Hawassa, Marshet, 18 ans, s’adresse à son public avec assurance, déambulant dans la salle, expliquant l’importance de soutenir les jeunes filles de sa communauté. Elle semble avoir un talent inné pour parler en public, mais cela n’a pas toujours été le cas.

« Elle n'a pas toujours été comme ça. Elle a pris de l’assurance depuis la formation » explique Yohannis Fentter, professeur d’éducation physique de Marshet.

Marshet a participé à une formation aux compétences utiles dans la vie organisée pour les filles de son école dans le cadre d’un projet de l'UNESCO en Éthiopie. Axée sur le développement personnel, cette formation a porté sur les compétences en matière de leadership, les bonnes habitudes pour étudier, la résolution de problèmes, la communication, ainsi que les compétences en négociation et en créativité. « J'ai acquis les compétences nécessaires pour m’exprimer, débattre avec les autres et les convaincre » dit-elle.

Après la formation, Marshet a concouru, ainsi que les élèves d'autres écoles de Hawassa, pour le poste de président du Parlement des enfants et c’est elle qui a été élue. Le Parlement des enfants, qui œuvre en faveur des droits des filles et des garçons, offre aux enfants la possibilité de s’exprimer en leur nom propre.

Dans son rôle de présidente du Parlement des enfants, Marshet a le but de sensibiliser sa communauté aux droits des femmes et des filles. Elle gère actuellement huit personnes et elle a dispensé une formation aux compétences utiles dans la vie à 80 enfants (dont 60 % de filles) membres du Parlement, âgés de 10 à 17 ans.

Marshet a pris confiance en elle et elle pense pouvoir accomplir autant que les garçons de sa classe. « Je pensais toujours que « je ne pouvais pas », simplement parce que j'étais une fille » dit-elle. « Même les cahiers d'exercices font de la discrimination contre les femmes dans la façon dont elles sont représentées, par exemple comme des victimes des maladies sexuellement transmissibles. Elles sont généralement représentées comme ne réussissant pas dans la vie. »

Marshet ajoute que les enseignants de son école avaient l’habitude d’entretenir les partis pris entre les sexes : « [les enseignants] pensaient que les garçons étaient de meilleurs élèves que les filles et ils nous donnaient l’impression d’être inférieures. » Elle a remarqué que l’attitude des enseignants envers les filles a commencé à changer après une formation sur la pédagogie sensible au genre qui est également proposée aux enseignants dans le cadre du projet. Cette formation dispense aux enseignants les connaissances et les compétences nécessaires pour intégrer le genre dans leurs pratiques d’enseignement et d’apprentissage, ainsi que dans le cadre scolaire.

L'école primaire d’Adare est l'une des écoles qui participent au projet. Le taux de réussite des élèves aux examens nationaux de 8e année (niveau primaire) est passé de 70 % pour l'année scolaire 2016/17 à 85 % en 2017/18. Les résultats scolaires des filles se sont améliorés : 83 % des filles ont réussi l'examen national en 2017-2018. Les filles participent en plus grand nombre aux clubs scolaires et les taux d'abandon scolaire ont diminué.

Dans le même temps, Marshet, qui étudie maintenant en 9e année (niveau secondaire) de l'école secondaire Tabor à Hawassa, aspire à favoriser une bonne gouvernance au sein de sa communauté, en veillant à ce que les filles soient sensibilisées à leurs droits et au respect de ces droits.

Le projet en Éthiopie vise à améliorer la qualité et la pertinence de l'éducation des adolescentes et à faire en sorte que toutes les filles aient accès à un cycle complet d’éducation et le mènent à bien. Il est mis en œuvre par le Bureau de liaison de l'UNESCO en Éthiopie, dans le cadre du Partenariat UNESCO-HNA pour l'éducation des filles et des femmes. Dans le cadre de ce projet, l'Institut de l'UNESCO pour le renforcement des capacités en Afrique fournit un support technique pour le renforcement des capacités institutionnelles pour l’intégration du genre dans l’éducation, pour une pédagogie et une formation des enseignants sensibles au genre.

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