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Les médias sont-ils capturés ? Une nouvelle étude de l’UNESCO examine les menaces pour l’indépendance des médias et les moyens de réagir

08/12/2020

Dans la perspective de la Conférence mondiale sur la liberté de la presse 2020, l’UNESCO vient de publier une nouvelle étude dans la série Tendances mondiales en matière de liberté d'expression et de développement des médias. Ce rapport évoque les menaces les plus urgentes pour l’indépendance éditoriale et l’intégrité des journalistes dans le monde.

 

Relater des faits sans crainte ni faveur passe en revue les manières dont les médias indépendants sont discrédités par des acteurs extérieurs influents et des structures ou individus décisionnels au sein-même des organisations de médias.

Parmi les évolutions suivies, on peut évoquer la capture des médias, une forme de contrôle des médias à travers une série d’étapes préméditées par les gouvernements et des groupes d’intérêt puissants, discréditant la capacité du journalisme à exister en tant que bien public. Cela passe par une prise en charge du contrôle réglementaire, de l’exploitation des médias publics, des annonces publiques et de la propriété à caractère politique de médias privés.

« Ne pas parvenir à empêcher la capture des médias, c’est porter un coup fatal au journalisme indépendant dans de plus en plus de pays », selon Marius Dragomir, auteur de l’étude et Directeur du Centre pour les médias, les données et la société de l'Université d'Europe centrale.

La capture des médias vient s’ajouter aux nombreuses autres pressions que connaissent les médias indépendants, notamment :

  • Les changements de modèles de financement ;
  • L’inégalité de genre dans les salles de rédaction ;
  • L’incidence financière des entreprises de l’internet et de la publicité sur les médias d’information ;
  • Les conflits d’intérêt.

L’ensemble de ces menaces ont des répercussions négatives sur la capacité du journalisme à informer le public, responsabiliser les citoyens et surveiller l’exercice du pouvoir.

Cette étude attire l’attention sur les nombreux efforts et initiatives qui se sont avérés efficaces dans la sauvegarde du journalisme indépendant. Elle préconise un dialogue pour mettre en place des actions concrètes afin de renforcer l’indépendance éditoriale et les normes déontologiques du journalisme. Elle fournit également une liste de recommandations en matière de recherche inspirées de bonnes pratiques afin d’empêcher et de lutter contre la capture des médias.

Une avant-première de cette étude a été publiée en mai 2020 pour accompagner les observations de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Un webinaire organisé par Marius Dragomir, des journalistes éminents et des représentants de la société civile, a examiné les conclusions de l’étude.

Cette publication est une édition « in-Focus » de la série phare de l’UNESCO Tendances mondiales en matière de liberté d'expression et de développement des médias, soutenue par le Programme multidonateurs pour la liberté d’expression et la sécurité des journalistes de l’organisation. Dans le cadre de la mission de l’UNESCO de promouvoir « le libre échange d’idées et de savoir », cette série soutient les avancées en termes de droits universels de la personne et de valeurs démocratiques en proposant des ressources de savoir uniques faisant autorité sur les avancées en matière de liberté, pluralisme, indépendance des médias et de sécurité des journalistes.

La Conférence mondiale sur la liberté de la presse (CMLP), co-organisée par l’UNESCO et les Pays-Bas, se déroulera sous la forme d’événement numérique les 9 et 10 décembre 2020. Cette CMLP célèbrera conjointement la Journée mondiale de la liberté de la presse (3 mai) et la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes (2 novembre).

Contact

Guilherme Canela De Souza Godoi
Chef, Liberté d'expression et développement des médias