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Les membres de la communauté se mobilisent pour le droit des filles à l’éducation en Tanzanie

30 Octobre 2018

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© UNESCO Dar es Salaam/Jennifer Kotta

« J’ai réalisé l’importance d’investir dans l’éducation des filles », a dit Adinani Omary Hiza, un leader communautaire influent du village de Kalumere à Lushoto, en Tanzanie. Avec le soutien du Fonds Malala de l’UNESCO pour le droit des filles à l’éducation, l’UNESCO a aidé à améliorer la rétention et les résultats des filles adolescentes dans les écoles secondaires en République Unie de Tanzanie.

L’importance de la communauté

Les membres de la communauté se sont mis sur le devant de la scène pour encourager les filles à rester à l’école et à suivre leur éducation. Cela n’a pas toujours été le cas en Tanzanie, où les adolescentes font face à de nombreux obstacles qui les empêchent d’achever leur éducation secondaire. Les filles se marient souvent très jeunes et ont tendance à quitter l’école à cause de grossesses précoces, du soutien insuffisant des enseignants ou de mauvais résultats. Les membres des communautés et notamment les enseignants qui défendent le droit des filles à l’éducation et qui les encouragent à rester à l’école peuvent avoir une influence considérable sur la vie de ces filles, leurs familles et leur avenir en tant que membres de la communauté à part entière et autonomes.

Dans la région de Tanga, l’ensemble de la communauté encourage désormais les filles à poursuivre leur éducation au lieu de les forcer à se marier précocement. Kassim Sengasu, le responsable de l’éducation du district de Lushoto, a indiqué que depuis les interventions de l’UNESCO, il y avait eu un changement d’attitude majeur vis-à-vis de l’éducation des filles dans la communauté, notamment un impact considérable sur l’éradication des mutilations génitales féminines (MGF). Le projet a aidé à sensibiliser les membres des communautés en Tanzanie en faveur de l’éducation des filles, et à les informer sur les difficultés qui constituent encore des obstacles pour elles.

Les témoignages de directeurs d’écoles, d’enseignants et d’élèves de dix écoles au sein de cinq districts ont révélé une réduction du nombre de filles ayant abandonné l’école en raison de grossesses ou de mariages précoces. Par exemple, le nombre de grossesses adolescentes à l’école secondaire de Potwe est passé de 16 cas en 2015 à 2 en 2018. Les perceptions à l’égard du mariage précoce, des MGF et des autres normes communautaires qui entravent l’éducation des filles ont changé. La scolarisation, que ce soit dans le cadre du système séculaire formel ou de madrasas, est encouragée.

Favoriser de meilleurs environnements d’apprentissage

Dans le cadre du projet, les enseignants ont été dotés des compétences nécessaires pour favoriser une pédagogie et des environnements d’apprentissage sensibles au genre, qui soutiennent davantage les filles à l’école. Isaac Magele, le directeur de l’école secondaire de Kalumere, a expliqué en quoi les différentes formations offertes aux enseignants grâce au projet avaient contribué à renforcer sa volonté d’améliorer l’environnement scolaire en faveur des filles. Il a souligné que les enseignants avaient été sensibilisés à l’importance de mieux répondre aux besoins des filles et de les encourager à rester à l’école. En outre, le développement de projets scolaires, tels que la création d’une pépinière de girofliers à l’école secondaire de Shebomeza, ainsi que le mentorat par les pairs établi par le projet,  ont favorisé un sentiment de travail en équipe et de collaboration entre les élèves, de même qu’entre les enseignants et les élèves.

Des filles plus autonomes

C’est une évidence. Le soutien de la communauté et de l’école a donné aux filles en Tanzanie les moyens de poursuivre leurs études. « Aujourd’hui, les jeunes filles sont motivées pour achever leurs études secondaires, car elles ont pris conscience que l’éducation était essentielle pour un avenir prometteur et une vie meilleure », a dit Hiza. Leurs résultats scolaires se sont améliorés, leurs relations avec les enseignants aussi, et les filles sont déterminées à rester à l’école et à réussir.

Alors que le projet touche à sa fin, l’UNESCO s’est engagée à mobiliser les membres des communautés en tant qu’acteurs clés pour aider les filles dans leurs communautés respectives à aller à l’école et à achever leur éducation. « Le projet m’a aidée à réaliser qu’en tant qu’élève, je devais avoir confiance et travailler dur pour réaliser mon rêve », a dit Lydia Michael Mganga, une très bonne élève de l’école secondaire de Shebomeza. Lydia a choisi d’étudier les matières scientifiques pour devenir ce qu’elle rêve d’être plus tard : « J’espère devenir médecin ».

Dans le cadre du Fonds Malala de l’UNESCO pour le droit des filles à l’éducation, l’UNESCO a mis en œuvre un projet de trois ans visant à améliorer la rétention et les résultats des filles adolescentes au niveau du secondaire. Trente écoles secondaires, 3 000 élèves et 2 500 filles ont bénéficié du projet à travers huit districts (Kahama, Korogwe, Lushoto, Muheza, Ngorongoro, Pangani et Shinyanga) en Tanzanie.