Les Ministres de l'éducation se penchent sur le renforcement de la responsabilité et du financement

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High-Level Ministerial Panel Discussion on SDG4 – Education 2030
© UNESCO-Alix
01 Novembre 2017

Lors de la 39ème session de la Conférence générale de l'UNESCO, deux tables rondes ministérielles ont exploré les différents mécanismes instaurés par les gouvernements pour renforcer la responsabilité et la transparence, notamment par une évaluation et un suivi publics. L’événement de haut niveau réunissant les Ministres de l'éducation a examiné la façon dont une obligation renforcée de rendre des comptes peut bénéficier au financement de l'éducation et faire progresser l’Agenda Éducation 2030.  

« La présence d’un nombre aussi important de ministres, venus de tant de régions du monde, témoigne de la force de l'engagement que nous partageons envers l'éducation » a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Madame Irina Bokova. « L'éducation vue comme un droit humain fondamental […] pour éradiquer la pauvreté, autonomiser les personnes, prévenir l'extrémisme violent, protéger notre planète. »

Une présentation portant sur la redevabilité dans l'éducation a permis de cadrer les deux débats en décrivant la notion de responsabilité dans l'éducation, la diversité des approches, ainsi que le problème fondamental de la transparence dans le financement de l’éducation. L’obligation de rendre des comptes a pour objectif de renforcer l’efficience et l'efficacité des systèmes éducatifs, d’améliorer leurs résultats au plan individuel et social et pour le développement pour tous. Il faut pour cela disposer de données qui soient à jour, fiables et transparentes pour informer les décisions portant sur le déploiement des fonds et la régulation des institutions éducatives.

« La redevabilité contribue à identifier qui est responsable de quoi, et comment résoudre les problèmes » a indiqué M. Manos Antoninis, Directeur du Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM) lors de sa présentation sur la redevabilité dans l'éducation. « Tout le monde porte une certaine part de responsabilité dans le domaine de l'éducation, mais ce sont d’abord les gouvernements qui doivent rendre des comptes. »

Responsabilité dans le financement de l’éducation

La première table ronde s’est intéressée à la diversité des approches en matière d’obligation de rendre des comptes, et aux buts de celle-ci, au renforcement de l’efficience et de l'efficacité des systèmes éducatifs, l’objectif final étant d’améliorer les résultats au plan individuel, social et en termes de développement pour tous. En montrant la multitude des approches, des mesures politiques, des stratégies et des outils utilisés par les gouvernements dans le contexte de l’ODD, ce débat a permis d’identifier les environnements nécessaires, propices à une transparence efficace dans les différents contextes. Le débat a réuni les ministres de l'Éducation de la France, de la Finlande, de l'Estonie, de la Bolivie, de la Chine, du Liberia et de la Palestine.

« L’obligation de rendre des comptes représente un puissant outil de changement » a indiqué M. Andreas Schleicher, Directeur de la Direction Éducation et compétences de l’OCDE qui animait la table ronde. « Pour que l’éducation puisse avancer, il convient de faire des progrès très significatifs. »

M. Dankert Vedeler, co-président du Comité directeur ODD-Éducation 2030, a souligné l'importance de disposer de mécanismes de suivi efficaces et crédibles, ainsi que de données à jour et pertinentes à tous les niveaux, y compris au niveau des Nations Unies.

Responsabilité dans le financement d'éducation

La deuxième table ronde a examiné de quelles manières le renforcement de la responsabilité pouvait favoriser le financement national et international de l'éducation. La responsabilité financière est essentielle au succès d'Éducation 2030. Pour se conformer à ces deux obligations, les institutions doivent répondre de l’usage qui est fait des ressources dépensées et elles doivent démontrer que leurs actions sont conformes aux règles de l’état de droit. Les ministres de l'Éducation du Canada, de la Slovénie, de Cuba, des Îles Cook, du Zimbabwe, de l'Arabie Saoudite et du Bangladesh ont participé à ce débat.

« Le financement est l’un des plus grands défis pour les pays à revenu faible et intermédiaire dans la réalisation de l’ODD 4 à l’horizon 2030 » a déclaré S.E. M. Nurul Islam Nahid, Ministre de l'Éducation du Bangladesh, intervenant au nom du Groupe E-9. « Par la “Déclaration de Dhaka” nous, les pays E-9, avons réaffirmé nos engagements concernant l’accroissement des financements publics pour l'éducation et la garantie de redevabilité par une utilisation efficace. »

« Le financement de l’éducation est important pour les enfants et les familles » a déclaré Mme Alice Albright, Président-Directeur général du Partenariat mondial pour l’éducation, qui a animé la discussion sur la responsabilité dans le financement de l'éducation. « Ils s’inquiètent de savoir si les financements promis sont effectivement réalisés. »

Le Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM) 2017/8 d'UNESCO souligne la responsabilité des gouvernements dans la fourniture d’une éducation universelle de qualité et il insiste sur la nécessité de rendre des comptes pour atteindre ce but. Le Rapport tire le signal d’alarme en indiquant qu’un reproche disproportionné adressé à n'importe quel acteur, à cause de problèmes du système éducatif, peut avoir de graves répercussions négatives en creusant les inégalités, au détriment de l'apprentissage.