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Une mission d'urgence de l'UNESCO à Rio de Janeiro aide à orienter les efforts de restauration du Musée national du Brésil

05 Octobre 2018

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La façade du musée national du Brésil, encore débout à la suite de l’incendie du 2 septembre
© UNESCO/Andre Lima

L’UNESCO a conclu une mission d’urgence au Musée national du Brésil, en étroite collaboration avec les autorités nationales et locales, afin d’évaluer les dégâts et de soutenir les efforts de recouvrement à la suite du grave incendie qui a détruit, le 2 septembre dernier, ce musée vieux de 200 ans.

L'objectif de la mission, qui s’est déroulée du 12 au 24 septembre dernier, était d’aider les autorités brésiliennes à évaluer l'ampleur des dommages causés au bâtiment du musée et à sa vaste collection d'objets de grande signification culture et à proposer des interventions d’urgence et des mesures de sauvegarde.

La mission de l’UNESCO a bénéficié de l’expertise du Centre international d'études pour la conservation et la restauration des biens culturels (ICCROM). L'équipe incluait également deux experts allemands généreusement mis à disposition par le gouvernement allemand.

La mission a débouché sur un plan d'action détaillé qui a identifié des mesures prioritaires, telles que la stabilisation structurelle et la mise à l’abris du bâtiment, la récupération des objets des débris, la reconstitution des collections grâce à des prêts et dons d'autres musées du monde entier et l’élaboration de plans de gestion des risques pour d'autres musées au Brésil.

La riche collection de plus de 20 millions d’objets du musée comprenait certains des premiers fossiles trouvés au Brésil, un squelette humain de 12 000 ans connu sous le nom de « Luzia » (Lucie), des momies égyptiennes et des œuvres de l’antiquité grecque et romaine. En outre, le Musée abritait des prêts d’autres musées internationaux et le Centre de documentation sur les langues indigènes (CELIN), spécialisé dans les langues autochtones et les variétés de portugais brésilien, dont la collection se composait d’archives et matériels visuels et sonores.

Bien qu’on ne sache pas encore combien d’objets du musée pourront être récupérés, le plus grand défi pour les experts du patrimoine culturel et les autorités brésiliennes sera la tâche longue, coûteuse et fastidieuse de récupérer, identifier, documenter, archiver et restaurer ce qui reste des collections. Selon les experts de l'UNESCO qui ont visité le musée, le processus de restauration et de reconstruction pourrait durer plusieurs années.

Le Sous-Directeur général de l'UNESCO pour la culture, M. Ernesto Ottone R., a déclaré que la mission a mis en avant l'importance du travail de l'Organisation en matière de protection du patrimoine culturel.

« L’UNESCO a une grande expérience et expertise en matière de musées, de gestion des risques et de reconstruction après une catastrophe. Dans le cas de la destruction tragique du Musée national du Brésil, nous continuerons à fournir notre expertise technique et à contribuer à la mobilisation de ressources pour soutenir les efforts visant à le restaurer et à reconstituer sa précieuse collection ».

 Face aux défis à venir, la communauté internationale a fait preuve d’une grande solidarité avec le Brésil. Les géoparcs mondiaux de l'UNESCO feront chacun don d'un échantillon représentatif de leur patrimoine géologique au musée dans une décision adoptée à l'unanimité lors de la 8e Conférence internationale sur les géoparcs mondiaux de l'UNESCO qui s'est tenue les 11 et 14 septembre à Adamello Brenta, géoparc mondial de l'UNESCO, en Italie.

Par ailleurs, l’Argentine, le Canada, la Chine, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal, l’Espagne, la Suisse et les États-Unis ont manifesté leur soutien sous la forme de prêts de collections de la part de musées ayant des objets similaires à ceux du Musée national, ainsi que par la mise à disposition d’experts techniques, de contributions financières ou de dons. Le gouvernement allemand a promis 1 million d'euros pour des experts techniques et du matériel.

Un groupe de travail composé de parties prenantes nationales a été créé pour poursuivre le travail entamé par la mission de l'UNESCO. Parmi ces acteurs figurent le Ministère de l'Education du Brésil (responsable du Musée) avec l'Université fédérale de Rio de Janeiro et le Musée national, le Ministère de la Culture avec l'Institut national du patrimoine historique et artistique (IPHAN) et l'Institut brésilien des musées (IBRAM), la municipalité de Rio de Janeiro, les organisations de la société civile et le Comité national brésilien du Comité international des musées (ICOM).

La mission au Brésil a été déployée suite à une promesse de soutien de la Directrice générale de l’UNESCO, Mme Audrey Azoulay, et a été entreprise grâce au Fonds d’urgence de l’UNESCO pour le patrimoine.