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Mobiliser les savoirs autochtones et locaux pour répondre aux impacts et aux vulnérabilités liés au climat aux Caraïbes

06 Septembre 2019

5 septembre 2019, Georgetown, Guyana - L’atelier régional « Mobiliser des solutions basées sur les savoirs autochtones et locaux pour répondre aux impacts et aux vulnérabilités liés au climat », a réuni des experts des communautés autochtones et locales ainsi que des experts des services climatologiques et météorologiques, autour de la manière dont les savoirs autochtones et locaux sont utilisés pour faire face aux effets des changements climatiques.

Dans le contexte actuel, suite au passage dévastateur de l’ouragan Dorian sur les Bahamas, cet atelier a été particulièrement révélateur pour comprendre comment les communautés locales essayent d’anticiper les phénomènes météorologiques extrêmes, et d’y réagir.    
En effet, les Caraïbes, tout comme tous les Petits États insulaires en développement (PEID) d’autres régions, subissent déjà les effets des changements climatiques, non seulement sous forme de phénomènes météorologiques extrêmes, comme l’ouragan Dorian, mais aussi des phénomènes d’élévation du niveau de la mer, d’érosion côtière, de salinisation de l’eau potable, de blanchissement et de mort des coraux, d’acidification de l’océan et d’autres impacts écosystémiques et biologiques.

Cette plateforme parrainée par l’UNESCO a récolté des informations importantes sur les savoirs des communautés locales et autochtones, qui ont été partagées avec le gouvernement de Guyana le dernier jour afin d'aider à mieux comprendre quelles politiques et actions environnementales et scientifiques sont nécessaires pour renforcer la résilience dans la région. Des exemples concrets ont été donnés comme celui de la région du Haut Mazaruni en Guyana, où les peuples autochtones Akawaio utilisent des indicateurs ethnométéorologiques, hydrologiques biologiques tels que des signes de plantes et d'animaux, pour savoir quand, quoi et où semer. Ces indicateurs les guident pour récolter, pêcher, construire leurs maisons. Des exemples similaires ont été donnés de Cuba, où, par exemple, la lune permet de prévoir des changements saisonniers et des plantes avec des caractéristiques énergétiques spécifiques peuvent aider à rétablir l'équilibre entre l'homme et la nature.

L’UNESCO vise à « élaborer des programmes solides et globaux pour fournir des conseils sur les politiques en matière de STI, fondées sur des données factuelles, et à renforcer les capacités en matière de science et d’ingénierie » a affirmé Peggy Oti-Boateng, Directrice de la Division des Politiques scientifiques et du renforcement des capacités du Secteur des sciences exactes et naturelles de l’UNESCO, lors de son intervention.  Tout comme « travailler avec les communautés locales et autochtones pour coproduire et concevoir des systèmes de connaissances […]; développer des outils et des modèles pour faire face aux défis du changement climatique et identifier les opportunités de solutions globales intergénérationnelles ».

Le changement climatique est un problème mondial mais l'adaptation et le renforcement de la résilience doivent être mis en œuvre localement. C’est pourquoi l’UNESCO va poursuivre son travail de rassemblement des communautés locales, scientifiques et décisionnaires pour poursuivre les travaux sur l’inclusion des droits des peuples autochtones et des structures de gouvernement ancestrales dans les espaces décisionnels.

Danse de cérémonie de bienvenue du groupe culturel Pakuri  (Arawak) pendant la réunion à Kingston, Guyana. © UNESCO/ K. Ikhlef