Á Mossoul, une femme retrouve l'espoir grâce aux livres

12/11/2020

Lire, c'est comme respirer, c'est une fonction vitale.

Proverbe arabe

Hind Ahmad est iraquienne. Agée de 31 ans, elle est originaire de Mossoul, une ville déchirée par les extrémistes violents, et pourtant Hind a pu y être, entre autres choses, libre. Libre de s'échapper dans le récit d'une histoire et d’y trouver la liberté face aux oppresseurs. « Pendant cette période très difficile de ma vie, j'ai passé la plupart de mon temps à lire. En lisant de plus en plus, j'ai commencé à changer ma façon de penser ».

Hind a étudié l'ingénierie électrique, un domaine rarement choisi par les femmes, et y a excellé. Elle a travaillé dur pour obtenir son diplôme et plus encore pour commencer sa carrière dans le domaine qu'elle avait choisi, mais cela ne suffisait lui pas.

Hind est animée par ses convictions et par un sens des responsabilités envers sa communauté. Alors que les habitants de Mossoul vivaient dans la peur sous l'emprise de la violence et de la haine, elle a lu des livres qui mettaient l'accent sur la liberté de pensée. Hind se demandait comment un si petit nombre de personnes animés par la haine et à la violence pouvait en contrôler autant ? Forcés de quitter leurs écoles, arrachés à leurs livres, coupés de leurs racines culturelles, la réponse était évidente : « L'ignorance a pris le dessus et il était facile de contrôler nos esprits, car nous arrêtions de penser », a observé Hind.

Plus elle lisait, plus elle voulait agir plus pour sa communauté, amplifier la voix des groupes marginalisés, remettre en question ce qu'elle avait appris dans son enfance. « J'ai réalisé que nous sommes à un mi-chemin entre la façon dont nous vivions avant et la façon dont nous vivrons après », a-t-elle déclaré, décrivant le besoin pressant qu'elle ressentait de s'engager et d'agir pour et avec ses compatriotes mossouliotes juste après l'occupation. Et elle savait que quoi qu'elle fasse, il fallait le faire avec des livres.

Grâce à la lecture, nous élargissons notre horizon, la lecture nous donne plus d'options sur la façon dont nous vivons notre vie.

Hind Ahmad

Avec un groupe de jeunes, elle a pensé à mobiliser l’ensemble de la jeunesse pour relancer la lecture et la culture dans la ville. « C’est ainsi que le festival de la lecture est né », a -t-elle déclaré.

Par le biais des livres, Hind a voulu sensibiliser ses concitoyens et faire découvrir son monde. « Nous ne pouvons pas accepter les limites que les autres nous fixent. Nous devons tous être capables de prendre nos propres décisions et de planifier notre avenir », a-t-elle déclaré en réfléchissant à la façon dont les livres ont libéré son esprit.

Aujourd'hui, Hind est un membre actif de la communauté mossouliotte, elle travaille avec une ONG pour aider les femmes issues de pays en situations d’après conflits. Elle anime une émission de radio pour les personnes handicapées et elle est un membre actif du festival de la lecture de Mossoul qui rassemble des milliers de personnes autour de la culture. Un autre exemple des efforts de la communauté pour faire revivre l'esprit de Mossoul.

En février 2018, l'UNESCO a lancé une initiative phare pour Faire revivre l'esprit de Mossoul afin prendre une part active au redressement de l'une des villes emblématiques du pays. Faire revivre l’esprit de Mossoul consiste non seulement à reconstruire les sites du patrimoine, mais aussi à donner à ses habitants les moyens d'agir en tant qu'agents de changement, impliqués dans le processus de reconstruction de leur ville par la culture et l'éducation.