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Les Nations Unies et le Gabon signent un accord de partenariat pour la mise en œuvre d’un projet transfrontalier : « Les jeunes, tisserands de la paix »

04/08/2020
Libreville, Gabon
16 - Peace, Justice and Strong Institutions

Le Coordonnateur résident du Système des Nations Unies au Gabon et le Ministre gabonais de la décentralisation, de la cohésion et du développement des territoires, ont signé, le 04 août courant, un accord de mise en œuvre d’un projet dénommé : « Les jeunes, tisserands de la paix dans les régions transfrontalières du Gabon, Cameroun et Tchad ».

Le projet sera financé à hauteur de 4 millions de dollars américains par le fonds du Secrétaire général des Nations Unies pour la consolidation de la paix, pour une période de 24 mois. Le Gabon, pays « Lead » dans la mise en œuvre du projet bénéficiera de $ 1 523 024, le Cameroun de  $ 1 562 809 et le Tchad $ 914 167.

Il vise la création d’un réseau de 1 800 jeunes, de 18 à 35 ans, dits « Tisserands de la paix », pour participer activement à la consolidation de la paix dans les régions transfrontalières des trois pays par la prévention de l’instabilité liée, notamment, aux trafics illicites.

Les régions visées par ce projet sont des frontières « oubliées » qui ne sont pas aujourd’hui la cible de programmes d’envergure de prévention des conflits et consolidation de la paix, malgré l’existence de plusieurs vecteurs d’instabilité et de conflits, à l’instar du trafic illicite d’espèces sauvages et de ressources naturelles, de la criminalité organisée, et leurs répercussions sur les jeunes. En effet, dans un contexte de présence insuffisante des services publics, du manque d’opportunités économiques et de participation citoyenne, les jeunes de ces régions transfrontalières visées sont vulnérables au recrutement par les réseaux de criminalité organisée. Cependant, quoi que souvent victimes, ces jeunes sont en même temps de potentiels agents du changement susceptibles de contribuer à la consolidation de la paix et au développement par leur créativité, leur sens de l’engagement citoyen et communautaire.

Il s’agira donc d’identifier, à part égale (50% de garçons et 50% de filles), ces jeunes Tisserands dans ces zones frontières, de renforcer leurs capacités dans la prévention et la résolution des conflits et dans la participation à l’alerte précoce ; de leur permettre de participer à la prise de décision au sein de leur communauté et d’exercer un rôle actif vis-à-vis des autorités locales. Il s’agira aussi de mesurer l’implication des jeunes dans le trafic illicite d’espèces sauvages et de ressources naturelles (mais aussi de toute autre forme de trafic illicite) en vue de développer des initiatives économiques communautaires et sociales alternatives qui permettent d’autonomiser les jeunes. Parallèlement à la création du réseau de jeunes tisserands de la paix, le projet visera aussi le recrutement de 160 porteurs de projets d’entreprises sociales et activités génératrices de revenus.

Ce réseau de jeunes tisserands de la paix contribuera, par ailleurs, à la préservation du patrimoine naturel et au renforcement de la coopération et de l’intégration sous-régionale.

Au titre de la coopération et de l’intégration sous-régionale, le projet s’inscrit dans les priorités de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), et notamment du Mécanisme d’Alerte Rapide de l’Afrique Centrale (MARAC) qu’elle abrite. D’ailleurs, le projet est soutenu par la CEEAC ; soutien matérialisé par une lettre de son Secrétaire général adressée au Sous-Secrétaire général des Nations Unis en charge du Fonds du Secrétaire général pour la consolidation de la paix.

Pour Monsieur Stephen Jackson, de la Coordination des Nations Unies, c’est une aubaine pour le Gabon, pays encore épargné par des conflits, de bénéficier de ce fonds qui est en général réservé aux pays en conflit ou post-conflit. Mais il est important pour ce pays de continuer à préserver ce bel acquis par activités de prévention de conflits, comme il est prévu dans ce projet.

Quant à Monsieur Mathias Otounga Ossigbadjo, Ministre de la décentralisation, de la cohésion et du développement des territoires, il a loué cet énième appui des Nations Unies qui vient réhabiliter les frontières oubliées et renforcer ainsi la politique du gouvernement gabonais en matière de décentralisation

Le projet contribuera à la mise en œuvre non seulement de l’ODD 16 qui porte sur les questions relatives à la consolidation de la paix et à la prévention des conflits mais aussi l’ODD 5 (accent sur les jeunes filles) ; l’ODD 3 (dimension Covid-19) ; l’ODD 13 (la lutte contre les changements climatiques) et l’ODD 15 (préservation de l’environnement).

En lien avec la pandémie de la Covid-19, la mise en œuvre de ce projet testera de nouvelles approches de prévention des conflits potentiels liés au virus, sur la base des leçons apprises de l’épidémie Ébola et des programmes en cours. Ces nouvelles approches pourront être des bonnes pratiques ré-exploitables et à partager.

Après la signature avec le Gabon, d’autres signatures avec le Cameroun et le Tchad sont attendues pour un lancement du projet au courant de ce mois d’août 2020.