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NDOKALE SENEGAL !

21/08/2020
14 - Life Below Water

Crédit photo : Moussa Wele/UNESCO Dakar

 

Le Sénégal vient de déposer officiellement à l’UNESCO ses instruments de ratification de la Convention de 2001 pour la protection du patrimoine culturel subaquatique, ce qui constitue un résultat important de plusieurs années de travail entre les différentes institutions locales et le Bureau régional de l’UNESCO à Dakar.

La Convention pour la protection du patrimoine culturel subaquatique adoptée par les États membres de l’UNESCO en novembre 2001, renforce la protection du patrimoine culturel découvert sous l’eau. Ce faisant, elle poursuit deux objectifs principaux : accroître la protection du patrimoine culturel subaquatique et renforcer la coopération entre les États parties. La ratification de la Convention de 2001 par le Sénégal marque ainsi un acte fort dans la politique entamée par la Direction du Patrimoine Culturel (DPC) pour la gestion des vestiges immergés.

À la croisée des routes maritimes et porte océane de l’Afrique dans l’Atlantique, le Sénégal occupe aujourd’hui une place de choix dans l’étude, la promotion de l’histoire et de la culture maritime des sociétés africaines. Les recherches archéologiques subaquatiques menées depuis quelques années par les chercheurs de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, partenaires qui ont grandement contribué au processus de cette ratification, permettent aujourd’hui de comprendre la diversité de ce patrimoine englouti dans les eaux sénégalaises. Des sites d’amas coquilliers funéraires en partie submergés dans le Delta du Saloum, symbolisant les relations et modes vies des sociétés anciennes avec leur environnement marin, en passant par les témoins silencieux du commerce transatlantique des esclaves et des deux guerres mondiales, le patrimoine culturel subaquatique sénégalais bénéficie aujourd’hui avec cette ratification, d’un mécanisme de protection international avec le réseau des États parties à cet instrument normatif de l’UNESCO.

Ce résultat est aussi le fruit d’un long processus entamé par le Bureau régional de l’UNESCO à Dakar, qui s’est engagé aux côtés des États membres situés sur la façade atlantique d’Afrique afin de mettre en place des politiques de gestion adaptées à ce patrimoine immergé.  

Plusieurs actions ont été réalisées dans ce sens notamment à travers le renforcement de capacités d’experts locaux en archéologie subaquatique avec des possibilités de stages pratiques organisés par l’UNESCO et de l’organisation d’un atelier régional à Gorée en janvier 2009, rencontre qui a d’ailleurs permis aux États situés sur la façade atlantique d’Afrique de formuler des recommandations essentielles pour la prise en compte du patrimoine culturel subaquatique.  

Parallèlement, conscient de l’importance de ce patrimoine pour le développement scientifique, culturel et économique des communautés côtières et insulaires, le Sénégal à travers son institution compétente, la DPC, développe un programme pilote innovant pour la protection et la valorisation touristique des sites archéologiques subaquatiques en particulier au large de la presqu’île de Dakar et de Gorée.

Grâce à cette ratification de la Convention de 2001, le Sénégal marque donc une étape importante pour atteindre les objectifs des agendas régionaux et internationaux pour la croissance durable axée sur l’économie bleue.