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La Norvège renforce son appui aux programmes d’éducation sexuelle complète de l'UNESCO en Afrique

14 Novembre 2019

La Norvège a renforcé ses efforts en faveur de la santé et du bien-être des enfants et des adolescents en engageant 75 millions de NOK, soit quelque 8,1 millions de dollars américains sur trois ans, pour appuyer les programmes de l'UNESCO en matière d’éducation à la santé et au bien-être, notamment l’intensification des programmes d'éducation sexuelle complète dans les pays présentant les niveaux de grossesses précoces et non désirées, de mariages d'enfants, de VIH et de violence sexuelle parmi les plus élevés.

La contribution norvégienne représente une hausse significative des contributions volontaires du gouvernement à l'UNESCO et elle permet à l'Organisation d’élargir le programme Nos droits, nos vies, notre avenir (03) qui appuie la prestation d'une éducation sexuelle complète de qualité aux adolescents et aux jeunes. Ces fonds permettront à l'UNESCO de renforcer son soutien au Soudan du Sud, au Niger, au Burkina Faso et au Mali.

Dans le cadre des travaux plus larges de l'UNESCO en matière d'éducation à la santé et au bien-être, les fonds serviront également à renforcer les partenariats, le plaidoyer, la recherche et le suivi en matière d’éducation sexuelle complète, ainsi qu’à promouvoir des cadres scolaires sûrs et accueillants, notamment par le biais de la campagne « Safe to Learn », une initiative multipartenaires dont le but est de mettre un terme à la violence dans et par l’école afin que les enfants puissent apprendre, s'épanouir et suivre leurs rêves en toute liberté. Ils s'appuieront sur l'engagement de l'UNESCO en faveur de la lutte contre la violence et le harcèlement sexuels, y compris la violence associée à l'orientation sexuelle des apprenants, au genre et à l'expression de l'identité.

La Directrice générale de l'UNESCO, Audrey Azoulay, a déclaré que « ce financement reflète la priorité sans précédent accordée par la Norvège à l'UNESCO, en particulier pour notre travail de promotion de la santé et du bien-être par l'éducation, et nous lui en sommes profondément reconnaissants. La Norvège reconnaît l’importance de l’autonomisation des adolescents et des jeunes, le fait de leur permettre d’acquérir les connaissances et les compétences dont ils ont besoin pour prévenir le VIH, réduire le nombre des grossesses précoces et non désirées et éliminer la violence sexuelle.

« Les filles et les garçons ont besoin de connaissances sur leur propre corps, leur santé et leurs droits sexuels afin de faire les bons choix et de nouer des relations positives » a déclaré le ministre norvégien du Développement international, Dag Inge Ulstein. « Cela contribue également à atteindre les objectifs de développement durable, et c’est pour cela que nous renforçons nos efforts en faveur d’une éducation sexuelle complète. »

La ministre norvégienne de la Recherche et de l'Enseignement supérieur, Iselin Nybô, a déclaré : « L'éducation sexuelle complète est un élément essentiel d'une éducation de qualité basée sur les compétences utiles dans la vie. J'aide les jeunes à développer les connaissances, les compétences, les valeurs éthiques et les attitudes dont ils ont besoin pour faire des choix conscients, sains et respectueux en matière de relations, de relations sexuelles et de reproduction. Nous sommes heureux d'appuyer le travail et le leadership de l'UNESCO dans ce domaine important. Nous partageons une vision commune du droit des enfants, des adolescents et des jeunes à accéder à une éducation de qualité qui promeut des valeurs de tolérance, de respect mutuel et de non-violence dans les relations, ainsi qu’une transition saine et sûre vers l'âge adulte. »

Les fonds norvégiens rejoignent les contributions de la Suède, de la France, de l'Irlande et d'autres donateurs à l’action de l'UNESCO en matière d’éducation à la santé et au bien-être. 

La nécessité de s'attaquer à ces questions est significative. En 2018, 7 000 filles du Zimbabwe, 117 000 d’Afrique du Sud et 85 000 du Malawi ont abandonné l'école en raison d’une grossesse et d’un mariage d'enfants. Les taux d'infection par le VIH continuent de représenter une menace, avec 200 filles infectées chaque jour en Afrique du Sud, 44 en Tanzanie et 107 au Mozambique. La fourniture d'une éducation sexuelle complète de qualité peut changer cette situation, mais elle doit répondre de manière appropriée au contexte et aux besoins spécifiques des jeunes et veiller à mettre un accent concerté sur la discrimination et la violence fondées sur le genre, le VIH et le sida, le mariage d’enfants et les pratiques traditionnelles néfastes.

Cet engagement fait suite à une résolution récente proposée par la Zambie et adoptée lors de la 207e session du Conseil exécutif de l'UNESCO, qui souligne la nécessité pour tous les États membres de l’Organisation de renforcer leurs efforts afin que toutes les filles, y compris celles touchées par le mariage d'enfants et les grossesses précoces, puissent non seulement aller à l'école, mais bénéficier également d’une éducation de qualité. Cette décision appelle les États membres à fournir des ressources extrabudgétaires et elle invite la Directrice générale à renforcer les efforts de sensibilisation de l'UNESCO et à mettre en œuvre des mesures concrètes pour résoudre le problème.

Il intervient également au cours d'une semaine où les pays du monde entier se réunissent pour renouveler leurs engagements en faveur de la santé sexuelle et reproductive et de l'égalité des sexes, dans le cadre du Sommet de Nairobi sur la CIPD25 (Conférence internationale sur la population et le développement). Lors de ce Sommet, l'UNESCO démontrera son engagement continu à faire en sorte que l'éducation, en particulier l'éducation aux droits de l'homme, à la sexualité humaine, à l'égalité des sexes, à la puberté, aux relations et à la santé sexuelle et reproductive, constitue un élément fondamental pour assurer la santé et le bien-être des jeunes.

Les gouvernements d'Afrique subsaharienne se félicitent de cette nouvelle

Mohamed Zeidane, Secrétaire général du ministère de l'Enseignement secondaire du Niger, a déclaré : « Le Niger, conscient des défis de l'éducation en général, et de la scolarisation des filles en particulier, s'est engagé à mettre en place un programme adapté, participatif et inclusif sur l'éducation à la santé reproductive des adolescents et des jeunes (ESRAJ), appuyé par une feuille de route signée par le ministre de l'enseignement secondaire. Le soutien de la Norvège arrive au bon moment pour soutenir cet effort et assurer la santé et le bien-être des jeunes et des adolescents ».

Deng Deng Hoc Yai, ministre de l'Éducation générale et de l'Instruction du Soudan du Sud a déclaré : « L'éducation sexuelle complète est très importante pour notre jeune pays où les filles sont vulnérables parce que la culture ne permet pas aux aînés de parler de sexe. Les fonds reçus jusqu'à présent par l'intermédiaire de l'UNESCO nous ont aidés à former des enseignants à l'éducation sexuelle complète. Le pays présente trop de cas de grossesses précoces dus à un manque de sensibilisation. Le ministère a besoin d’un soutien pour mettre en œuvre une stratégie nationale de promotion du droit à la santé et s'attaquer au problème des grossesses précoces et des infections sexuellement transmissibles. Je remercie la Norvège pour son soutien et je l’exhorte à continuer à financer de tels projets ».