Un nouveau manuel en avant-première lors du Forum sur la gouvernance de l’Internet

06 Juillet 2018

L'UNESCO développe un modèle de cursus intitulé « Journalisme, « fausses nouvelles »et désinformation », a appris hier une cinquantaine de participants au Forum sur la governance de l'Internet à l'Université de Paris Descartes.

« Ce prochain programme type fait partie de la série sur l'éducation au journalisme produite par l'UNESCO », a déclaré Guy Berger, directeur de l'UNESCO pour la liberté d'expression et le développement des médias, lors d'une session intitulée « Éducation au numérique et aux médias ».

Il a expliqué que la publication s'adresse aux éducateurs et aux formateurs en journalisme, ainsi qu'aux journalistes en activité. « Cela intéressera également les partis politiques, les professionnels de la santé, les scientifiques, les observateurs électoraux, les ONG, les enseignants et les sociétés Internet », a-t-il ajouté.

Résumant le contenu, M. Berger a déclaré que les sociétés doivent être alphabétisées sur toute la gamme des réponses aux problèmes de désinformation - couvrant les gouvernements, les sociétés Internet, les partisans des médias et de l'information, et les acteurs médiatiques.

L'alphabétisation spécifique pour les individus qui consomment ou produisent du contenu devrait couvrir au moins quatre compétences, qui sont intégrées dans le programme type, a-t-il déclaré. Ces compétences sont :

  1. Reconnaitre qu'une information de qualité - par des acteurs transparents et vérifiables - est essentielle pour la démocratie, le développement, la science, la santé et le progrès humain,
  2. Connaître et comprendre que la désinformation n'est pas quelque chose de secondaire, et que la combattre est une mission critique pour les médias d'information,
  3. Renforcer les capacités des journalistes, des blogueurs et des utilisateurs de médias sociaux afin qu'ils puissent offrir une pratique exemplaire pour un journalisme inclusif et précis, afin que les nouvelles puissent constituer une alternative crédible à la désinformation,
  4. De nouvelles compétences pour éviter les manipulations, comme par exemple par de « fausses nouvelles graves ».

S’agissant des alphabétisations particulièrement pertinentes pour les institutions médiatiques, M. Berger a énuméré trois éléments inclus dans le manuel :

  1. Les connaissance set les compétences pour mettre en place des systèmes pour salles de rédaction permettant de surveiller, d'enquêter et de rapporter systématiquement les origines des principaux cas de désinformation et de fausses informations,
  2. Les connaissances et les compétences pour gérer des partenariats entre les institutions de médias et les écoles de journalisme, les ONG, les vérificateurs de faits, les communautés, les sociétés Internet et les régulateurs, dans la lutte contre la pollution de l'information,
  3. Les connaissances sur l'importance d'engager le public sur les raisons pour lesquelles il est important de chérir et de défendre le journalisme pour ne pas être submergé par les attaques contre la désinformation et être inclus dans ces dernières.

D'autres participants à la séance ont parlé des défis à relever pour éduquer les élèves et les étudiants universitaires par un programme unique lorsqu'ils ont une grande diversité d'engagement dans les médias et les médias sociaux. L'éducation à la citoyenneté et la compréhension multiculturelle ont également été soulevées comme des questions clés.

Il a également été fait référence à l'expérience de Crosscheck qui a été une alliance médiatique réussie lors des élections françaises de 2017 consacrées à l'exposition de la désinformation.

Divina Frau Meigs, animatrice du panel, de la Chaire UNESCO « Savoir-faire à l'ère du développement numérique durable : articuler les usages et apprentissages pour maîtriser les cultures de l’information » a souligné le besoin urgent d'effectuer plus de recherches sur l'efficacité des efforts d'éducation aux médias.
Parmi les autres participants, mentionnons Grégoire Lemarchand de Crosscheck et les journalistes Alexis Poulin et Sandra Laffont.
Un dépliant sur l'étude à venir est disponible ici.