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De nouvelles données sont dévoilées lors du Forum mondial sur le harcèlement à l’école

25 Juin 2019

Les enfants qui font fréquemment l’objet de harcèlement sont près de trois fois plus susceptibles de se sentir marginalisés à l'école et sont au moins deux fois plus susceptibles de manquer l'école que ceux qui ne sont pas souvent victimes de harcèlement. Ils sont également plus susceptibles de trouver normal de quitter l’éducation formelle après avoir achevé leurs études secondaires. Les enfants victimes de harcèlement réussissent moins bien aux tests de mathématiques et de lecture, et plus la fréquence du harcèlement augmente, plus leurs résultats scolaires baissent.

C’est notamment pour ces raisons que l'UNESCO s’est joint à l'IBPA (Association internationale pour la prévention du harcèlement), au Centre international Friends contre le harcèlement et au Centre national de recherche et de ressources contre le harcèlement (ABC) à l’université de la ville de Dublin qui accueille également la Chaire UNESCO sur la lutte contre le harcèlement à l’école et dans le cyberespace, pour coorganiser le Forum mondial sur le harcèlement (WABF) à Dublin, en Irlande, du 4 au 6 juin.

Pour mieux faire comprendre le harcèlement à l’école, le Forum mondial a réuni des praticiens, des chercheurs et des décideurs du monde entier.

L'UNESCO a organisé des sessions sur le rôle des écoles dans la prévention et la lutte contre le cyber-harcèlement, sur les approches pour combattre le harcèlement lié à la migration et une présentation a été faite en plénière du nouveau rapport de l'UNESCO, Behind the numbers: Ending school violence and bullying. (en anglais)

Le chef de la Section Santé et Éducation de l'UNESCO, Christopher Castle, a déclaré que l'UNESCO était fière de se joindre à ses partenaires pour coorganiser le Forum mondial 2019 sur le harcèlement. « Le harcèlement au sein et aux abords de l’école constitue une violation du droit de l'enfant à l'éducation, à la santé et au bien-être. Le harcèlement a des ramifications considérables en termes de santé et d'éducation pour les victimes, les harceleurs et les témoins. Chacun est perdant lorsqu’il n’y a pas de prévention et de lutte efficaces contre le harcèlement.

Le cyber-harcèlement touche un plus grand nombre d'élèves

Le harcèlement en ligne, qui prend la forme de messages instantanés ou en ligne, de courriers électroniques et d’images ou de sites Web, est connu sous le nom de cyber-harcèlement. C’est un phénomène qui est en train de prendre de l’ampleur. Les données de sept pays d'Europe montrent que le pourcentage d'enfants âgés de 11 à 16 ans qui utilisent Internet et qui ont été victimes de harcèlement en ligne est passée de 7 % en 2010 à 12 % en 2014.

Les intervenants de la session de l'UNESCO sur le harcèlement dans le cyberespace organisée lors du Forum mondial sur le harcèlement ont conclu que, bien que ce phénomène soit également présent bien loin des cours d'école, les autorités éducatives, la communauté scolaire et les écoles ont toutes un rôle important à jouer dans cette lutte.

Le Directeur des politiques publiques de Microsoft en Irlande, Ciarán Conlon, a présenté les grandes lignes de l'indice de civilité numérique mis au point par Microsoft, qui met au défi les individus, partout dans le monde, d’adopter des principes positifs lorsqu’ils sont en ligne. Anita Low-Lim, Directrice de Touch Community Services, a présenté la campagne mondiale « Power of Zero » qui vise à renforcer les compétences en civilité numérique des très jeunes enfants et de leurs parents. L’UNESCO y participe depuis son lancement.

Les élèves différents sont plus vulnérables

Le harcèlement touche aussi certains élèves plus que d'autres. Ceux qui sont perçus comme étant différents, de quelque façon que ce soit, sont plus susceptibles d'être victimes de harcèlement. Certaines données d'Europe et d'Amérique du Nord montrent, par exemple, que les élèves migrants sont plus susceptibles d'être victimes de harcèlement (33 %) que leurs pairs natifs du pays (26,3 %). Les élèves migrants sont aussi plus susceptibles d'être victimes de cyber-harcèlement par des messages (14,2 %) que leurs pairs natifs du pays (9,4 %).

Cependant, l’analyse documentaire commandée par l'UNESCO pour le Forum mondial sur le harcèlement montre que le phénomène est plus complexe. Les élèves migrants ne sont pas systématiquement victimes de harcèlement, il existe plutôt des facteurs clés qui augmentent leur vulnérabilité, comme le temps passé dans le pays d'accueil et les préjugés répandus dans certaines écoles et communautés à l'égard des migrants, y compris parmi les parents et les enseignants. Un pourcentage élevé d'élèves migrants dans une même école accroît également le risque et peut conduire au harcèlement entre différents groupes d'élèves migrants et à l’encontre des élèves non migrants.

S'exprimant lors de la session de l'UNESCO sur le harcèlement et la migration, Christophe Cornu, Responsable principal de programme à l'UNESCO, a déclaré : « Le harcèlement a un rapport étroit avec l'éducation inclusive, car il touche de manière disproportionnée les enfants de groupes vulnérables qui sont – ou sont perçus comme – différents, y compris les élèves migrants. Il sera impossible d'assurer l'accès à une éducation de qualité à tous ces enfants si les écoles ne constituent pas un cadre sûr pour eux ».

Éliminer la violence et le harcèlement à l’école

La plupart des données figurent dans le nouveau rapport de l'UNESCO sur la violence et le harcèlement à l’école, qui contient les données les plus récentes et les plus complètes sur le phénomène, analysant la prévalence et les tendances à l’échelle mondiale et régionale, la nature et l'impact du problème et les réponses nationales mises en place avec succès. Il réunit des données quantitatives et qualitatives issues d'une série d'enquêtes mondiales et régionales, couvrant 144 pays et territoires dans toutes les régions.

Le rapport confirme que la violence et le harcèlement à l’école constituent des problèmes majeurs partout dans le monde, montrant également qu’en dépit de leur gravité, certains pays ont réalisé des progrès significatifs dans leur réduction, voire leur maîtrise.

Le rapport constitue l'une des contributions de l'UNESCO à la campagne « Safe to Learn », une nouvelle initiative consacrée à l’élimination de la violence à l'école pour permettre aux enfants d'apprendre, de s'épanouir et de poursuivre leurs rêves librement. La campagne a été initialement conçue par les membres du Partenariat mondial pour mettre fin à la violence à l’égard des enfants : UNESCO, UNICEF, Ministère britannique pour le développement international (DFID) et Initiative des Nations Unies pour les filles (UNGEI).