Nouvelles initiatives d'économie verte séléctionées par les communautés de la réserve de biosphère de Hadejia-Nguru-Bade au Nigéria

22/12/2020
01 - No Poverty
08 - Decent Work and Economic Growth
15 - Life on Land

Des femmes, des hommes et des jeunes vivant dans et près de la réserve de biosphère de Hadejia-Nguru-Bade, dans le nord-est du Nigeria, se sont réunis le 17 décembre 2020 pour discuter et s’accorder sur la mise en place d’initiatives d’économie verte afin de générer des revenus et ainsi améliorer leur quotidien. L’atelier a été organisé dans le cadre du projet BIOsphère et PAtrimoines du lac Tchad (BIOPALT) qui vise à promouvoir la sauvegarde du lac Tchad et la gestion durable des ressources naturelles en faveur de la paix et du développement des communautés, notamment les femmes, les jeunes et les peuples autochtones. Ainsi, l'UNESCO se mobilise avec les communautés du Lac Tchad, qui sont parmi les plus pauvres de la planète, et applique les principes du programme de l'UNESCO sur l'Homme et la Biosphère (MAB) dans la mise en œuvre d'activités génératrices de revenus (AGR) basées sur l'économie verte.

Cet atelier a réuni environ 80 personnes, dont les autorités communautaires de la réserve de biosphère de Hadejia-Nguru-Bade, le vice-chancelier de l'université fédérale de Gashua, située dans la zone de transition de la réserve de biosphère, et des groupes communautaires. Les membres du groupe central du projet nigérian BIOPALT et des représentants du Bureau Régional de l'UNESCO à Abuja étaient également présents.

Dans son message de bienvenue, le Directeur a.i. du Bureau Régional de l'UNESCO à Abuja a encouragé les membres de la communauté à faire le meilleur usage possible de l'atelier, notamment en utilisant les résultats des études socio-économiques et de la cartographie et l’analyse des moyens de subsistance menées dans et autour de la réserve de biosphère dans le cadre du projet BIOPALT pour choisir des initiatives d'économie verte qui généreront des revenus et amélioreront ainsi leurs quotidiens.
Le vice-chancelier de l'Université fédérale de Gashua a souligné que l'Université souhaitait faciliter l'application du concept d'économie verte dans les communautés locales. Il a expliqué que le Typha (massette), qui est actuellement une menace pour l'environnement, pourrait servir de matière première utile pour l'alimentation animale. Il a donc suggéré d'ajouter aux activités la production de fourrage à partir du Typha, afin de générer des bénéfices économiques tout en contribuant à réduire son expansion et son impact environnemental.  Dans son discours d'ouverture, l'émir de Hadejia, un leader de la communauté, a salué les objectifs du projet BIOPALT et a exprimé son soutien.

Les membres des communautés ont applaudi les progrès de la mise en œuvre du projet BIOPALT au Nigeria. Ils ont apprécié le concept d'économie verte et d'activités génératrices de revenus et ont approuvé les études socio-économiques et sur les moyens de subsistance qui ont été menées dans chacune de leurs communautés. Ils ont apprécié le fait que le concept du projet ne couvre pas seulement la reconstitution des ressources perdues, mais aussi les activités génératrices de revenus durables qui les aideront à renforcer leur résilience pour faire face aux conséquences socio-économiques dévastatrices de la pandémie COVID-19. À cette fin, les communautés ont eu des discussions productives en petits groupes et se sont mises d'accord sur trois activités possibles d'économie verte : la production intégrée de vergers et d'abeilles, la pisciculture et l'aviculture.


Groupe de travail de participants à l'atelier

Le projet BIOPALT se concentre également sur l'accompagnement des États membres dans la préparation d'un dossier pour la création de réserves de biosphère dans le bassin, appliquant ainsi leur approche qui réconcilie l'humain et la nature en tant que "lieux d'apprentissage du développement durable". La réserve de biosphère de Hadejia-Nguru-Bade a été la première à être désignée dans le cadre du projet, et l'atelier a été l'occasion de célébrer officiellement cette réalisation. Le point focal de la réserve de biosphère nigériane - l'Institut de recherche forestière du Nigeria (FRIN) - a soutenu la célébration.

Les initiatives d'économie verte seront un pilier important de la fonction de développement de cette nouvelle réserve de biosphère, et elles seront mises en œuvre par les communautés locales avec le soutien de l'université, qui assurera la formation et le suivi scientifique. Ce fut en effet une journée remarquable pour les communautés locales, car elles ont entamé un voyage vers la résilience, la reconstruction et, en fin de compte, le développement durable.