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De nouvelles recherches étudient les obstacles à l'éducation sexuelle

13 Novembre 2019

Les preuves que l'éducation sexuelle complète (ESC) constitue un élément essentiel de la santé et du bien-être des adolescents sont claires mais cela ne s’est pas traduit dans la pratique dans de nombreux pays. Ce sont les conclusions qui ressortent d’un document d'orientation publié par l'UNESCO en partenariat avec l'Institut Guttmacher, From ideas to action: Addressing barriers to comprehensive sexuality education in the classroom.

Ce document a été publié à l’occasion du 24e congrès de l'Association mondiale pour la santé sexuelle, organisé au Mexique en octobre dernier, où des représentants de plus de 100 organisations œuvrant dans le domaine de la santé sexuelle et des droits sexuels se sont réunis pour promouvoir la santé sexuelle tout au long de la vie en insistant sur la promotion de l’éducation et de la santé.

Les recherches ont été conduites au Ghana, au Kenya, au Guatemala et au Pérou. Des progrès ont été accomplis dans ces pays en matière d’ESC, mais les programmes sont bien loin de se conformer aux principes directeurs internationaux fondés sur des observations factuelles. Joanna Herat, Spécialiste principale de programme à l'UNESCO, a déclaré que les obstacles à la mise en œuvre d'une ESC de qualité étaient similaires dans les quatre pays à revenu faible ou intermédiaire, permettant de dégager des enseignements à appliquer dans d'autres contextes.

« La pénurie de matériels pédagogiques, les emplois du temps chargés et le suivi insuffisant ne sont que quelques-uns des problèmes que nous voyons dans les pays, et cela empêche le déploiement de l’éducation sexuelle complète. Nous constatons également qu'il faut plus de formation et d’accompagnement, car un enseignant sur cinq nous dit sa gêne à enseigner cette matière » a déclaré Madame Herat.

« Ces résultats vont nous permettre d’enrichir notre trousse à outils de stratégies pour une mise en œuvre efficace de l'éducation sexuelle complète de telle sorte que tous les apprenants aient la possibilité de profiter des bénéfices de l'éducation et de la santé et d’exercer pleinement leurs droits à la santé sexuelle et reproductive » a-t-elle ajouté.

Comment surmonter les défis

Le document fournit sept recommandations pour surmonter les défis :

  • Utiliser des approches participatives axées sur l'apprenant pour la fourniture de l’ESC ;
  • Assurer l'accès et l'utilisation des programmes d’enseignement et des matériels pédagogiques ;
  • Offrir aux enseignants une préparation adéquate par le biais de la formation initiale et continue ;
  • Impliquer différents intervenants dans la planification et la mise en œuvre de l’ESC ;
  • Rehausser le statut de l’ESC par rapport aux autres matières, notamment fournir un certain niveau d'évaluation ;
  • Trouver un « port d’attache » dédié à l’ESC au sein des ministères de l'Éducation ; et
  • Renforcer le suivi et l'évaluation de l’ESC tant au niveau du système qu’à celui des salles de classe.

À la suite de la publication de ce document lors du 24e congrès de l'Association mondiale pour la santé sexuelle, l'UNESCO a fait une présentation pendant une session, aux côtés de l'Organisation mondiale de la Santé et du FNUAP. L'UNESCO a également présenté de nouvelles recherches réalisées au Chili, où ont été examinés en profondeur les défis et les possibilités pour les enseignants d’élaborer des cours efficaces d'éducation sexuelle.