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Onze sites en Amérique du Sud, en Asie et en Europe deviennent des géoparcs mondiaux UNESCO

17 Avril 2019

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© Oystein Nordgulen/Trollfjell UNESCO Global Geopark

Le Conseil exécutif de l'UNESCO a approuvé aujourd'hui la désignation de huit nouveaux géoparcs qui témoignent de la diversité géologique de la planète. Il a également confirmé l'extension de trois géoparcs existants. Ces nouveaux sites rejoignent le Réseau mondial des géoparcs de l'UNESCO qui compte désormais 147 sites répartis dans 41 pays.

Les nouveaux géoparcs sont :

Kütralkura, Chili

Le géoparc mondial UNESCO Kütralkura, dont le nom signifie « pierre à feu » dans la langue des Mapuche, abrite quelques-uns des volcans les plus actifs au monde. Il se situe à 700 kilomètres au Sud de Santiago et s'étend jusqu'à la frontière avec l'Argentine à l'Est. Il comprend les communes de Curacautín, Vilcún, Lonquimay et Melipeuco, fondées par les autochtones il y a deux mille ans. Son paysage se compose de sommets emblématiques : des volcans actifs pour la plupart, comme le Llaima, le Lonquimay, le Tolhuaca et le Nevados de Sollipulli, ainsi qu'un volcan éteint, le Sierra Nevada. Les épaisses masses glaciaires qui recouvraient autrefois une partie du territoire continuent leur tendance au retrait amorcée il y a 20 000 ans.

 

Funiushan, Chine – Extension

Le géoparc mondial UNESCO Funiushan se situe dans la zone Est de la ceinture orogénique de Qinling, au niveau de la zone de collision de la plaque du Nord de la Chine et de celle du Yangtsé. Il présente un patrimoine géologique riche, dont des fossiles paléontologiques et de superbes formations granitiques, qu'il doit à sa structure géologique exceptionnelle et à ses activités complexes. C'est dans cette région que les chercheurs ont découvert des groupements d'œufs fossiles de dinosaure hors du commun en raison de leur distribution spatiale, de leur quantité et de leur variété. Ces fossiles présentent un intérêt majeur à l'échelle internationale pour l'étude de la paléobiologie et des problématiques de géologie du globe, comme l'évolution et l'extinction des dinosaures du Crétacé. Funiushan abrite différentes formes de relief : une série de pics et de parois granitiques, les gouffres Jiguan et Tianxin, des formations tectoniques, ainsi que des cascades et des étangs formés par le soulèvement rapide du site.

 

Jiuhuashan, Chine

Le géoparc mondial UNESCO Jiuhuashan, dont le nom signifie « neuf montagnes glorieuses », se situe dans le comté de Qingyang, dans la province chinoise de l'Anhui. Quatre de ces montagnes sont surmontées de temples bouddhistes sacrés, dont certains datent du Ve siècle de notre ère. Outre leur portée religieuse, historique et culturelle, ces montagnes constituent aussi une source importante d'eau douce qui alimente le réseau fluvial du Yangtsé. Jiuhuashan présente des conditions géologiques avantageuses singulières qui ont favorisé le développement de la biodiversité et des traditions culturelles de la région. En 2016, son paysage naturel et ses sites religieux ont attiré 9,9 millions de visiteurs, ce qui a considérablement contribué à l'économie des communautés locales.

 

Sanqingshan, Chine – Extension

Le géoparc mondial UNESCO Sanqingshan se trouve dans la juridiction de la ville de Shangrao, qui fait partie de la province du Jiangxi, dans le Sud-Est de la Chine. La beauté naturelle du mont Sanqingshan naît de la juxtaposition du granit et de la végétation, le tout dans des conditions météorologiques à l'origine d'un paysage à l'esthétique mouvante. Le site, qui constitue l'un des berceaux du taoïsme, a été fondé il y a plus de 1 000 ans. On y trouve encore 238 reliques taoïstes ainsi que d'autres symboles importants du patrimoine culturel, parmi lesquels des écoles anciennes, des habitations, un théâtre, des monuments commémoratifs, etc. La région, en grande partie habitée par les Hans et le groupe ethnique des She, cultive des traditions comme l'opéra Gan, le théâtre Madeng et la fête Hetangjiu.

 

Taishan, Chine – Extension

Le géoparc mondial UNESCO Taishan se situe dans la région orientale de la plaine de Chine du Nord, au centre de la province du Shandong. Le mont Taishan, qui se dresse majestueusement au-dessus des nombreux sommets alentour, abrite un patrimoine culturel riche datant vieux de 5 000 ans. Il revêt un caractère spirituel et constitue aujourd'hui une destination privilégiée pour les touristes chinois et étrangers. D'une superficie de 158,63 km2, le géoparc se compose de huit zones de toute beauté : Hongmen, Zhongtianmen, Nantianmen, Houshiwu, Taohuayuan, Culaishan, Lianhuashan et Taoshan. Son patrimoine géologique, aussi vaste qu'exceptionnel, en fait un véritable musée géologique naturel.

 

Yimengshan, Chine

Le géoparc mondial UNESCO Yimengshan se situe sur la côte Est de la Chine, à proximité de Jinan, capitale de la province du Shandong. Il abrite l'une des plus grandes mines de kimberlite diamantifère d'Asie, premier gisement de diamants primaires découvert en Chine. Son paysage est parsemé de reliefs en forme de château, appelés « Daigu », ainsi que de nombreux sites du patrimoine culturel : le palais Wanshou de la dynastie Zhou ; le pavillon Xialou, que Confucius aurait visité ; l'arbre Marshal, vieux de 1 500 ans ; le monument de la bataille du Menglianggu ainsi que plusieurs temples célèbres.

 

Archipel de Vis, Croatie

Situé au large des côtes croates, le géoparc mondial UNESCO de l'archipel de Vis est constitué de roches parmi les plus anciennes de la mer Adriatique. La région Nord-Est de l'archipel se caractérise par de vastes gisements de sable qui se sont formés sous l'action de vents puissants à l'âge glaciaire, créant aussi plusieurs cavernes et reliefs remarquables. Avant l'élévation soudaine du niveau de la mer il y a environ 12 000 ans, ces îles étaient bien plus grandes et s'étendaient sur une trentaine de kilomètres. Dans cette zone élargie, dénommée Mala Palagruža, les archéologues ont découvert des carrières de silex ayant servi à la production d'outils préhistoriques, qui auraient été fabriqués par les premiers habitants des îles il y a 8 000 ans. Parmi les sites les plus connus de l'archipel figurent les grottes Modra špilja (la grotte bleue) et Medvidina špilja (la grotte du phoque moine).

 

Imbabura, Équateur

Le géoparc mondial UNESCO Imbabura se situe dans la région septentrionale du couloir interandin en Équateur. Il est connu pour ses nombreux lacs et ses magnifiques formations géologiques, comme la cascade de Peguche. Le plus haut sommet du géoparc est le volcan Cotacachi, qui culmine à 4 939 mètres dans la réserve écologique de Cotacachi Cayapas. Ibarra, de son surnom la « Ville blanche », est la capitale de la province d'Imbabura. Elle englobe des villages autochtones et des villes coloniales qui attirent des milliers de touristes chaque année. Plusieurs groupes ethniques habitent actuellement la région, parmi lesquels les Caranquis, les Cayambis, les Otavalos, les Zuletas, les Natabuelas, les Montubios, les Afros et les Awá.

 

Montagnes d'O Courel, Espagne

Situé dans le Nord-Ouest de l'Espagne, le géoparc mondial UNESCO des montagnes d'O Courel est le lieu de résidence de diverses populations galiciennes qui habitent les petits villages et monastères médiévaux encore existants. Le site se caractérise par des vallées profondes et des canyons formés par l'érosion. L'aspect exceptionnel des montagnes est une conséquence directe de l'exploitation minière des lieux. Il existe ainsi un lien étroit entre les êtres humains et les ressources minérales des roches paléozoïques de la région, qui séparent l'intérieur péninsulaire de la façade atlantique. Entre le premier et le deuxième siècle de notre ère, l'Empire romain y aurait géré des dizaines d'exploitations aurifères, extrayant l'or primaire du Paléozoïque lié au produit de l'érosion des filons de quartz aurifères et à la concentration de leurs gisements. On trouve aussi des vestiges préhistoriques de faune et de flore ainsi que des peintures néolithiques qui se sont bien conservés à l'intérieur des cavernes profondes des montagnes du géoparc.

 

Trollfjell, Norvège

Le géoparc mondial UNESCO Trollfjell présente des caractéristiques exceptionnelles façonnées par une tradition séculaire d'habitat humain. Si le substrat rocheux d'une partie du site est pauvre en éléments nutritifs, donnant lieu à des espaces stériles, d'autres zones fertiles favorisent le développement d'une végétation luxuriante et d'une biodiversité considérable. La stéatite, naturellement présente, est exploitée localement depuis l'âge du fer pour la fabrication d'ustensiles, tels que des casseroles ou encore des plombs de pêche. Les archéologues ont découvert des carrières de stéatite remontant à l'ère viking qui ont aussi fourni les pierres utilisées dans la construction d'églises aux XIIe et XIIIe siècles. Dans la caverne de Solsem, des galeries sont ornées de gravures rupestres préhistoriques datant de plusieurs milliers d'années représentant des bonshommes-allumettes en train de danser.

 

Colca y Volcanes de Andagua, Pérou

Le géoparc mondial UNESCO Colca y Volcanes de Andagua, situé dans les Andes péruviennes méridionales, présente un large éventail de paysages volcaniques, de lacs, de failles géologiques, de ruines précolombiennes et d'églises coloniales. Formé il y a 400 millions d'années, le site comprend l'immense canyon de Colca, l'un des canyons les plus grands et les plus profonds du monde. Le paysage du géoparc – l'une des rares régions du monde avec autant de cônes volcaniques – a été sculpté par les rivières de lave et la fonte des glaciers. Ce cadre magnifique, connu sous le nom de « la vallée des volcans d'Andagua », s'étend sur le canyon de Colca-Ayo, Chachas-Andagua et Orcopampa. La plupart des habitants de ces territoires sont des descendants de cultures précolombiennes, dont ils ont hérité une richesse de traditions, de fêtes et de danses qui les unit à leur territoire volcano-tectonique exceptionnel, doté de sources d'eaux chaudes et de terres très arables.

 

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Contact médias : Agnès Bardon, Service de presse de l’UNESCO, +33 (0) 1 45 68 17 64.