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Où les enseignants sont-ils prioritaires pour être vaccinés contre la COVID-19 ?

27/03/2021

L’UNESCO exhorte tous les pays à prioriser les enseignants dans leurs plans nationaux de déploiement des vaccins contre la COVID-19 afin de garantir que l’éducation puisse se poursuivre en toute sécurité et que les écoles restent ouvertes.

En mars 2021, un an après le début de la crise de COVID-19, l’UNESCO et l’Équipe spéciale internationale sur les enseignants pour Éducation 2030 ont mené une enquête au niveau des pays pour savoir quelle est la priorité accordée aux enseignants dans les plans nationaux.
 

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Sur la base des données de 150 pays, y compris de données provenant de l’Enquête UNESCO/UNICEF/Banque mondiale sur les réponses nationales du secteur de l’éducation face à la fermeture des établissements scolaires liée à la COVID-19, la recherche a révélé que seulement 17 pays de différentes régions ont inclus les enseignants dans le premier groupe à vacciner ; ce sont des pays comme le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, ainsi qu’un certain nombre d’autres pays à revenu intermédiaire ou faible récemment soutenus par le programme COVAX, dont le Cambodge, le Vietnam, la Gambie, le Rwanda et l’Ouganda. Il est également possible d’accorder la priorité aux enseignants pendant la première phase de la vaccination dans certains États/provinces qui entreprennent des efforts au niveau infranational, comme à New Delhi en Inde.

Dix-neuf autres pays ont inclus les enseignants dans le deuxième groupe prioritaire à vacciner, après les professionnels de santé et les populations très vulnérables. C’est le cas d’un certain nombre de pays d’Europe, dont l’Allemagne, Malte et l’Espagne, mais aussi de l’Afrique du Sud où de nombreux décès d’enseignants ont été signalés.

Vingt autres pays incluent les enseignants en tant que groupe prioritaire pour la vaccination lors de la troisième phase ou ultérieurement. C’est le cas d’un certain nombre de pays d’Amérique latine tels que le Brésil, l’Équateur, le Guatemala et la République bolivarienne du Venezuela, tout comme dans des pays à revenu élevé comme l’Irlande, l’Italie et l’Ukraine. Cependant, même si le Chili a aussi inclus les enseignants dans la troisième phase, le pays présente l’un des pourcentages de vaccination de la population les plus élevés au monde, ce qui lui a permis de vacciner plus de la moitié des 513 000 enseignants et personnels de l’éducation à temps pour la rentrée scolaire.

Au total, 54 pays ne priorisent pas les enseignants dans leurs plans de déploiement des vaccins ou bien ces plans sont encore au stade du développement. Cela représente environ 1 enseignant sur 4 dans le monde. C’est le cas d’un grand nombre de pays à revenu faible d’Afrique subsaharienne, dont l’Angola, le Burkina Faso, Madagascar, le Mali, le Niger, la Sierra Leone et le Tchad, entre autres. Les enseignants ne sont pas prioritaires non plus dans certains pays d’Asie de l’Est, comme au Japon, au Myanmar et aux Philippines. En Europe, les enseignants ne sont pas prioritaires en Belgique, au Danemark, aux Pays-Bas, en Norvège et en Suède.

Garantir le droit de chacun à l’éducation

L’appel à accorder la priorité aux enseignants dans les réponses du secteur de l’éducation face à la COVID-19 n’est pas nouveau.

Dès mars 2020, l’Équipe spéciale internationale sur les enseignants pour Éducation 2030 a lancé un appel à l’action international en faveur des enseignants, afin de mettre en évidence les mesures critiques que les pays devraient prendre pour soutenir les enseignants pendant cette pandémie, y compris la « protection de la santé, de la sécurité et du bien-être des enseignants et des élèves ». Cela a été réaffirmé lors de la Session extraordinaire de la Réunion mondiale sur l’éducation (GEM 2020) convoquée par l’UNESCO en octobre 2020, au cours de laquelle les chefs d’État et les ministres se sont engagés à soutenir tous les enseignants et l’ensemble du personnel éducatif en tant que travailleurs essentiels, et à donner la priorité à leur santé et à leur sécurité.

Le 14 décembre 2020, l’UNESCO et l’Internationale de l’Éducation ont exhorté les pays à inclure les enseignants en tant que groupe prioritaire dans les plans nationaux de déploiement de la vaccination destinés à freiner la propagation de la COVID-19 et à protéger les enseignants et les élèves pour assurer la poursuite de l’apprentissage et un retour en toute sécurité à l’enseignement en présentiel.

Une étude récente suggère que sans une coopération internationale accrue, plus de 85 pays pauvres n’auront pas un accès généralisé aux vaccins contre la COVID-19 avant 2023. Étant donné que de nombreux pays à revenu faible ont peu de chances d’obtenir un nombre suffisant de doses pour vacciner leurs enseignants d’ici un bon moment, et vus les risques liés au retour à l’éducation en présentiel sans vaccination, l’UNESCO et ses partenaires invitent instamment les États membres à donner la priorité aux enseignants dans les plans de vaccination afin de soutenir l’éducation et de protéger le bien-être des communautés éducatives à travers le monde.