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Un outil d’apprentissage immersif de la Finlande remporte le Prix UNESCO pour l’innovation dans l’éducation

08 Mars 2019

En 2005, Ulla Maaria Koivula était doctorante à l’Université d’Helsinki, en Finlande. Sa passion pour l’art et la culture et son intérêt pour la technologie lui ont donné l’idée d’élaborer un outil dans lequel elle pourrait intégrer des informations et des liens directement dans l’image. « J’ai développé une fascination pour la mise en relation d’objets intéressants sur le plan culturel ou personnel avec des informations numériques les concernant », se rappelle la fondatrice et dirigeante de la société de technologies de l’éducation et des médias ThingLink. Cinq ans plus tard, avec son amie Janne Jalkanen, elle a réuni une équipe d’ingénieurs pour concrétiser cette idée. ThingLink était née.

Avec désormais plus de 6 millions d’utilisateurs dans le monde, l’outil numérique ThingLink offre un moyen facile d’améliorer l’expérience d’apprentissage des enfants, notamment ceux ayant des troubles d’apprentissage. Cet outil innovant a été choisi pour recevoir le Prix UNESCO-Roi Hamad bin Isa Al Khalifa pour l'utilisation des TIC dans l'éducation 2018.

Également disponible sous forme d’application mobile, l’outil aide les élèves à s’impliquer davantage dans le processus d’apprentissage en étant acteurs de leur propre expérience d’apprentissage. « Ajouter les matériels à l’image à l’aide de ThingLink est la partie la plus facile du processus, mais puisque c’est l’élève qui maîtrise le processus, cela lui donne de l’autonomie et le fait participer d’une nouvelle manière », souligne la dirigeante.

En effet, tout en élargissant simultanément leurs compétences numériques, ThingLink met les élèves à la place de l’enseignant en les laissant documenter une image qu’ils ont eux-mêmes choisie avec leurs propres mots. Ulla Maaria Koivula explique le processus : « Un élève peut utiliser un téléphone ou une tablette pour photographier une plante ou un objet historique, même une vieille photo de famille. En classe ou à la maison, il commence à enrichir la photo avec d’autres informations, par exemple des notes textuelles ou vocales expliquant de quoi il s’agit, des photos en gros plan, des dessins ou des clips vidéo. » Les différentes étapes du processus aident à développer la créativité et la réflexion critique des enfants, ainsi que leur esprit d’équipe.

La construction autour d’images plutôt que de textes rend non seulement le processus d’apprentissage plus attrayant pour les élèves, mais elle offre également une plate-forme d’apprentissage plus inclusive pour les élèves handicapés, en mettant à disposition un éventail de possibilités. « Ils peuvent regarder les images et toucher des icônes qui diffusent des contenus audio traduits automatiquement dans leur langue », indique la dirigeante.

L’outil peut également servir à sensibiliser à la culture en permettant d’effectuer des visites à l’aide de la technologie d’imagerie 360° et de mieux comprendre des environnements du monde réel tels que les écosystèmes naturels, les cultures locales ou étrangères, les environnements de travail techniques ou les situations de service. ThingLink collabore déjà avec quelques établissements d’enseignement professionnel, en utilisant cette technologie pour trouver un moyen de donner aux élèves la possibilité de passer plus de temps dans un environnement de travail sans déranger les employés. « Une visite virtuelle avec des informations sur les concepts et le vocabulaire clés peut faire cela, et peut aussi aider les enseignants à gagner du temps pour des interactions plus intéressantes », ajoute Ulla Maaria Koivula.

La société, qui approche de son dixième anniversaire, veut également mettre à profit sa technologie pour documenter le patrimoine local. « Documenter les pratiques et les savoirs locaux dans le cloud crée une nouvelle forme d’environnement d’apprentissage mondial. C’est comme une école virtuelle mondiale construite par les enseignants et les élèves, qui est toujours ouverte », note Ulla Maaria Koivula.

La fondatrice et dirigeante de ThingLink espère maintenant que la reconnaissance de leur travail par l’UNESCO leur apportera de nouveaux partenaires et incitera d’autres femmes à imaginer de nouvelles solutions aux nombreux défis auxquels le secteur de l’éducation est aujourd’hui confronté à travers le monde.