News

Paix et démocratie en temps de COVID 19 : l’UNESCO forme les journalistes face à la désinformation au Burkina Faso

19/11/2020
03 - Good Health & Well Being
10 - Reduced Inequalities
16 - Peace, Justice and Strong Institutions

Dans la poursuite de sa riposte contre la pandémie de coronavirus en Afrique de l’Ouest, l’UNESCO, en partenariat avec le Ministère de la Communication et des Relations avec le parlement et le PNUD, a organisé, les 27, 28 et 29 octobre 2020, une série d’ateliers de formation visant à fournir aux hommes et femmes de médias, les outils nécessaires pour lutter contre la désinformation au Burkina Faso.

Renforcer la capacité des professionnel(le)s des médias à mieux informer la population et à débusquer les fausses informations sur la COVID 19, c’est l’objectif de la série d’ateliers de formation organisée au Burkina Faso du 27 au 29 octobre 2020. Menée par l’UNESCO, dans le cadre du projet « #CoronavirusFacts - Adressing the desinfodemic on COVID-19 in conflict-prone environments » financé par l’Union Européenne (UE), l’initiative vise à renforcer la résilience des citoyens et citoyennes face à la désinformation sur la COVID-19 en garantissant leur accès à l’information crédible et fiable sur la pandémie (ODD 16). La prévention de l’infodémie autour de la COVID 19 est tout aussi pertinente que la lutte contre la maladie elle-même. L’information crédible sur la COVID-19 permet aux populations de prendre des décisions fondées sur des preuves pour leur santé.

La rencontre a réuni du 27 au 28 octobre à Bobo-Dioulasso et du 28 au 29 octobre 2020 à Koudougou, Ouahigouya et Tenkodogo, des hommes et femmes journalistes des médias publics, privés, en ligne et communautaires. Etaient également présent(e)s, des représentant(e)s des organisations de la société civile, expert(e)s médias et spécialistes de la santé.

Pendant trois jours, environ 140 participant(e)s, dont 33% de femmes, ont été introduits à quelques dispositifs de lutte contre la désinformation sur la COVID-19 mis en place par des organisations de fact-checking ainsi que de nombreux médias. Ils ont aussi été formés aux diverses techniques de fact-checking pour débusquer la désinformation en général et sur la COVID-19 en particulier.

Depuis l’apparition de la maladie en Afrique, les médias traditionnels font face à un flux important de fausses nouvelles autour de la COVID 19, provenant pour la plupart des réseaux sociaux. A la question de savoir comment démêler le vrai du faux et mettre en lumière la bonne information : M. Simon Pierre GONGO, expert-formateur, invite les journalistes à « douter de tout afin de prendre le temps de vérifier l’information à la bonne source avant diffusion ». Dans son exposé, il est revenu tour à tour sur les techniques et pratiques de vérification de l’information, qu’il s’agisse d’un discours, d’un son, d’une photo postée sur internet, d’une vidéo ou de tout autre élément à caractère informationnel. Il a rappelé que la vérification de l’information renforce la crédibilité du journaliste et lui évite le piège de la désinformation et de l’information malveillante. 

En considérant le calendrier électoral du Burkina Faso avec des élections couplées (présidentielle et législative) prévues dès le 22 novembre, l’UNESCO, en partenariat avec le PNUD, a saisi l’occasion pour mettre l’accent sur la désinformation en période électorale. En effet, le pays compte 13 partis politiques qui s’affrontent pour obtenir le suffrage de la majorité de la population. La dynamique politique pendant cette période s’accompagne d’un fort recours aux médias.

Une attitude professionnelle des journalistes est de ce fait indispensable à la prévention et à la réduction des risques de conflits, des violences et des conflits intercommunautaires liés au traitement peu fiable de l’information en période électorale dans un contexte sanitaire délicat, et à la préservation du droit du public à l’information

Pr. Serge Théophile BALIMA

Dans son exposé sur la déontologie électorale et le traitement de l’information, l’expert a rappelé la responsabilité des professionnel(le)s dans la couverture médiatique des élections et la nécessité de collecter les informations sur le terrain, tout en respectant, pour leur propre sécurité, les mesures de prévention mises en place pour lutter contre la COVID 19.

Dans son allocution d’ouverture à la série d’ateliers, le Ministre de la Communication et des relations avec le Parlement, M. Remis Fulgance DANDJINOU, a vite fait de souligner que « l’action des médias est déterminante pour l’information et la sensibilisation des électeurs et électrices, celle-ci pouvant favoriser le débat contradictoire au sein des protagonistes dont les bons comportements concourent à l’apaisement du climat social durant cette période [électorale] ».

Cette série d’ateliers a été l’occasion pour la quasi-totalité des journalistes qui y ont pris part d’acquérir pour la première fois des compétences techniques sur le débusquage de la désinformation ou le fact-checking. Des compétences dont l’utilisation devrait permettre de réduire considérablement l’impact de la désinformation sur la COVID-19 ou sur tout autre sujet d’intérêt public. Si la prolifération de la désinformation sur la COVID-19 est un danger de santé publique, celle sur les questions politiques est une menace pour la paix et la démocratie.

Au sortir des ateliers, les journalistes ont pris l’engagement de mettre à profit les acquis reçus, afin de lutter contre la désinformation autour de la COVID 19 et de promouvoir un journalisme de paix pour des élections libres, démocratiques et apaisées au Burkina Faso.