Les parlementaires s’expriment en faveur de l’éducation lors de l’audition annuelle aux Nations Unies

20/02/2020

Plus de 200 parlementaires de plus de 60 pays ont réaffirmé le rôle central que joue l’éducation pour la paix et le développement, soulignant la nécessité de créer de nouveaux modèles d’apprentissage adaptés aux défis mondiaux, lors de l’audition annuelle organisée par l’Union interparlementaire et l’Assemblée générale des Nations Unies les 17 et 18 février 2020.

S’adressant à la table ronde en ouverture de l’audition, la Sous-Directrice générale de l’UNESCO pour l’éducation, Stefania Giannini, a déclaré : « De la même manière que le changement climatique a pris place dans tous les agendas politiques, l’éducation doit galvaniser la même émotion, la même urgence et la même attention. C’est un droit et une responsabilité publique qui incombe aux gouvernements. Le savoir est une richesse et l’éducation est notre énergie renouvelable la plus précieuse pour mettre la mondialisation sur une voie plus juste, inclusive et durable. »

Elle a appelé les parlementaires à intensifier la pression politique dans le domaine de l’éducation. « Notre feuille de route universelle pour 2030 se heurte à une dure réalité. Le test consiste à établir des liens entre les principes, la politique et les politiques » a-t-elle déclaré, soulignant les trois urgences auxquelles sont confrontés tous les systèmes éducatifs. Il convient d’agir pour une culture d’inclusion par des mesures d’action positive, de faire en sorte que l’éducation soit adaptée à son objectif et prête à affronter l’avenir, et de briser les cloisonnements des politiques.

Ces thèmes ont été abordés au cours de l’audition avec des panels sur le genre, la citoyenneté, les compétences techniques et professionnelles, la sauvegarde de la planète et le financement. Tout au long des échanges entre les parlementaires, les représentants des Nations Unies et les experts, l’accent a été mis sur l’amélioration de l’accès pour les groupes vulnérables, la formation des enseignants, la conception de programmes d’enseignement afin de doter les élèves des compétences du XXIe siècle et la promotion d’une culture de l’apprentissage tout au long de la vie nécessaire requise par la quatrième révolution industrielle. L’audition a fourni une plate-forme pour le partage d’expériences concernant les politiques à partir d’une large diversité de contextes, tout en reflétant des préoccupations très similaires quant à l’accès, l’équité et les compétences pour des marchés du travail en rapide évolution, la citoyenneté mondiale et la responsabilité environnementale.

La présidente de l’Union interparlementaire, Gabriela Cuevas Barrón, a rappelé l’importance des parlements, la passerelle entre les engagements internationaux et les réalités locales. « L’éducation est une question de volonté politique » a-t-elle déclaré. « Grâce à l’éducation, nous pouvons construire une planète plus égalitaire et plus inclusive. Nous ne pouvons pas imaginer de véritable lutte contre le changement climatique sans inclure ces défis dans l’apprentissage. Nous ne pouvons pas imaginer de véritable démocratie si une partie de notre électorat ne sait ni lire ni écrire. Et l’égalité des genres ne peut être réalisée que dans le cadre d’un véritable changement culturel qui ne peut avoir lieu que par l’éducation des filles et des garçons. »

Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, M. Tijjani Muhammad Bande, a déclaré que les parlements ont un rôle majeur à jouer dans l’intensification de l’action pour donner aux jeunes le meilleur départ dans la vie, soulignant que l’éducation est un objectif transversal.

« L’éducation est le grand facteur d’égalité et si nous n’investissons pas dans nos peuples, en particulier dans nos jeunes, nous échouerons à mettre en œuvre le principal mandat de l’Organisation des Nations Unies, qui est de maintenir la paix et la sécurité pour tous. Je vous appelle, en tant que représentants élus du peuple, à prendre des mesures pour mettre en œuvre l’ODD4, nous devons garantir un accès universel minimum à l’éducation de base » a-t-il ajouté.

Prenant la parole au nom du Secrétaire général de l’ONU, Maria Luiza Viotti, Chef de cabinet des Nations Unies, a souligné que l’autonomisation des femmes et des filles par l’éducation est indispensable pour parvenir au développement durable et à l’égalité des genres dans toutes les sociétés.

« Une éducation de qualité pour tous est une des priorités pour un monde meilleur. Et la première priorité est la qualité de l’éducation pour toutes les filles » a-t-elle souligné. 

Plusieurs représentants des Nations Unies ont appelé les parlementaires à jouer un rôle actif afin que l’éducation bénéficie d’affectations budgétaires adéquates et que les financements soient alloués sur une base d’équité.

« L’un de nos défis les plus importants est d’améliorer notre capacité à obtenir nos résultats » a déclaré Madame Cuevas Barrón, Présidente de l’UIP. « Nous avons besoin que vous retourniez dans vos pays et que vous présentiez le projet de loi et les affectations budgétaires nécessaires et que vous travailliez avec vos gouvernements sur un nouveau modèle éducatif plus inclusif et plus équitable. »

L’audition parlementaire annuelle de l’UIP est un forum où sont débattues des questions d’intérêt mondial entre les parlementaires, les Nations Unies et d’autres parties prenantes. Les conclusions et les recommandations de l’audition sont prises en compte dans le travail des Nations Unies.