Patrimoine immatériel : 15 nouveaux éléments inscrits sur la Liste représentative

29 Novembre 2018

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© Bartłomiej Szoja/Historical Museum of the city of Krakow (Poland), 2012

Le Comité de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, réuni à Maurice jusqu’au 1er décembre, a inscrit cet après-midi 15 nouveaux éléments sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

 

La Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité vise à assurer une plus grande visibilité aux traditions et aux savoir-faire portés par les communautés sans pour autant leur reconnaître de critère d’excellence ou d’exclusivité.

 

Les éléments inscrits sont :

Malawi - Le mwinoghe, danse joyeuse - Le mwinoghe est une danse instrumentale interprétée dans trois communautés ethniques du nord du Malawi. Dans le dialecte chisukwa, « mwinoghe » signifie littéralement « amusons-nous » : la danse est donc exécutée pour exprimer la joie et le bonheur. Les danseurs forment deux rangées (les hommes d’un coté, les femmes de l’autre) et les corps ondulent en exécutant des pas complexes au son de trois tambours, d’un pipeau et des ordres du chef du groupe. Les populations issues de tous les milieux se rassemblent pour assister à la danse qui est exécutée lors d’événements de la vie sociale et les jours de fête nationale.

 

Malaisie - Le Dondang Sayang - Le Dondang Sayang est un art traditionnel malais qui associe des éléments musicaux (violons, gongs et tambourins ou tambour), des chants et de mélodieux accords poétiques. Conformément à la tradition, les représentations de Dondang Sayang sont accompagnées de musique et de chants interprétés par deux chanteurs, un homme et une femme, qui chantent en quatrains. Les représentations sont ouvertes à tous, et l’art renforce les liens qui unissent les communautés en transmettant des messages positifs et en faisant partager des sentiments d’amour, de joie et de chagrin. Des représentations sont régulièrement organisées, en particulier lors de rassemblements, de festivals et de fêtes.

 

Mexique - La romería, cycle rituel de pèlerinage de la Vierge de Zapopan portée en procession - La fête annuelle de la romería, célébrée le 12 octobre en l’honneur de l’image de la Vierge de Zapopan, remonte à 1734. La journée marque la fin du cycle rituel annuel connu sous le nom de « procession de la Vierge » qui débute en mai et prévoit de nombreuses activités communautaires et liturgiques. Le cycle s’achève avec le retour de la Vierge dans la basilique à Zapopan en présence de plus de deux millions de personnes. Tout au long de l’année, les différentes communautés travaillent ensemble pour planifier cet événement, ce qui leur permet de renforcer leurs liens.

 

Oman - L’Alardhah du cheval et du chameau - L’Alardhah du cheval et du chameau est présent dans de nombreuses régions d’Oman. Le jour de l’Alardhah, les populations se réunissent sur l’hippodrome pour admirer différents spectacles de cavaliers et de chameliers. Des représentations artistiques telles que la récitation de poèmes traditionnels accompagnent les spectacles. L’Alardhah débute par une présentation de figures traditionnelles qui est suivie d’un défilé de chevaux et de chameaux drapés de vêtements décoratifs. L’Alardhah reflète la dextérité des Omanais pour le dressage des chevaux et des chameaux, ainsi que leur amour des animaux.

 

Panama - Les expressions rituelles et festives de la culture congo - Les expressions festives et rituelles de la culture congo incarnent la vision contemporaine d’une célébration collective de descendants d’esclaves noirs de l’époque coloniale. Pendant la saison congo, les participants utilisent une palissade pour mettre en scène une société matriarcale régie par une reine et sa cour. Chacun doit essayer de protéger la reine et les personnes réunies sur la palissade contre les diables, et la saison s’achève par une confrontation entre les diables et les Congos. Chacun prend part à ce festival qui contribue, depuis des générations, à l’intégration sociale.

 

 

Pologne - La tradition de la crèche (szopka) à Cracovie - La construction de crèches (szopka) à Cracovie est une pratique sociale qui trouve son origine dans les coutumes de Noël. La szopka est une maquette légère représentant une crèche entourée de maisons et de monuments de Cracovie. D’autres scènes représentent des événements historiques, culturels et sociaux, passés ou présents. Le premier jeudi de décembre, les fabricants se rassemblent sur la Grande place de Cracovie pour présenter leur travail. La pratique a d’importantes fonctions éducatives par sa transmission des connaissances sur l’histoire de la ville, son architecture et ses coutumes.

 

 

Serbie - Le chant accompagné au gusle - Le chant accompagné au gusle, un instrument monocorde, est un art ancien d’interprétation des épopées historiques. Les artistes-solistes (guslars) invitent le public à une interaction complexe pendent leur chant. Abordant un grand nombre de sujets, de figures archétypales aux thèmes historiques et à la vie moderne, les chansons reflètent le système de valeurs de la communauté. Les organisations locales se sont rassemblées au sein de l’Union des guslars de Serbie qui a créé le Festival des jeunes guslars et l’Assemblée des jeunes guslars de Serbie.

 

 

Slovénie - La dentellerie aux fuseaux en Slovénie - La dentellerie aux fuseaux en Slovénie consiste à réaliser de la dentelle en passant et en entrelaçant un fil sur des bâtons de bois appelés fuseaux. Utilisant des modèles identifiables par région et qui portent des noms locaux, les dentelliers aux fuseaux réalisent de la dentelle en bande ou selon des formes définies. La dentelle est destinée à décorer des vêtements et des accessoires de mode, des textiles pour la maison et l’église et des espaces de représentation. Elle sert aussi d’inspiration pour des créations artistiques plus générales. La pratique, qui a de remarquables fonctions thérapeutiques, est le plus souvent transmise des grands-mères aux petits-enfants.

 

 

Espagne - Les tamboradas, rituels de battements de tambour - Les « tamboradas » sont des rituels sonores et collectifs basés sur le battement simultané, intense et continu de milliers de tambours, jouant pendant des jours et des nuits, de façon ininterrompue dans les espaces publics des villes et des villages. Les tamboradas font partie des célébrations de la Semaine sainte catholique et revêtent une importance particulière selon les différents lieux, jours et moments. Quel que soit le lieu, elles créent un paysage de son et d’identité dans une atmosphère chargée d’un intense sentiment de communion collective et de respect mutuel.

 

 

Sri Lanka - Le rūkada nātya, théâtre traditionnel de marionnettes à fils au Sri Lanka Le rūkada nātya est une forme théâtrale exécutée à l’aide de marionnettes à fils qui divertit les communautés villageoises tout en dispensant des leçons de morale. Le rūkada nātya est interprété par des groupes familiaux qui appartiennent à la lignée gamwari et vivent autour de trois villes côtières du sud du pays. Les thèmes sont tirés de contes populaires, d’histoires inspirées du bouddhisme, de la littérature ancienne, de récits historiques et de sujets divers ponctués d’anecdotes amusantes. Les marionnettistes fabriquent leurs marionnettes en bois et préparent le texte manuscrit, un petit orchestre les accompagne. Les représentations, qui sont des événements pour la communauté, transmettent d’importantes visions du monde et des valeurs fondamentales.

 

 

Suisse; Autriche - La gestion du danger d'avalanches - La gestion du risque d’avalanche a façonné l’identité des populations alpines qui, depuis des siècles, ont développé des savoirs empiriques locaux, des stratégies de gestion et d’évitement des risques ainsi que des pratiques culturelles pour se prémunir du danger que constituent les avalanches. De nos jours, des outils modernes complètent les savoirs traditionnels que les détenteurs continuent de développer et d’adapter sur le terrain. Dans les deux pays, la prévention des avalanches est une tâche à laquelle toute la communauté participe, elle fait partie de la culture du quotidien des communautés et souligne l’importance de la solidarité en situation de crise.

 

 

Tadjikistan - Le chakan, art de la broderie en République du Tadjikistan - L’art de la broderie chakan consiste à broder des ornements, des fleurs et des motifs symboliques avec des fils de couleurs vives sur des étoffes en coton ou en soie. La broderie chakan, qui est utilisée pour décorer vêtements et linge de maison, reproduit des images symboliques et mythologiques en lien avec la nature et le cosmos. Elle exprime les espoirs et les aspirations de la population. Les articles brodés sont une expression de beauté, d’élégance et des liens qui unissent l’homme et la nature. Les jeunes apprennent l’art de la broderie de leurs mères, grands-mères et sœurs ainées, et la transmission se déroule également dans le cadre de groupes avec la méthode « ustod-shogird » (maîtresse-élève).

 

 

Thaïlande - Le khon, théâtre masqué et dansé en Thaïlande - Le khon, théâtre masqué et dansé en Thaïlande, est un art du spectacle qui associe de gracieux mouvements de danse, des interprétations vocales et instrumentales et des costumes étincelants. Les représentations de khon, qui ont une importante fonction didactique, décrivent la vie et la gloire du héros Rama, incarnation du dieu Vishnou qui apporte au monde ordre et justice. Traditionnellement, le khon était transmis dans les cours royales et princières et chez les maîtres-danseurs. De nos jours, la transmission se déroule principalement dans les établissements d’enseignement, en se conformant toutefois aux méthodes traditionnelles.

 

 

Tunisie - Les savoir-faire liés à la poterie des femmes de Sejnane - Les savoir-faire liés à la poterie des femmes de Sejnane renvoient à une technique particulière utilisée pour produire des objets en terre cuite pour la maison. Ornés de motifs géométriques bicolores, ils rappellent les tatouages traditionnels et les tissages berbères. Toutes les étapes de la production sont accomplies par les femmes mais les hommes participent à la vente, ce qui fait de cet artisanat une activité familiale. Les femmes de Sejnane ont adapté leur artisanat aux exigences de la vie moderne et aux aléas de la demande, révélant ainsi leur capacité d’innovation.

  

 

Zambie - La danse mooba du groupe ethnique lenje dans la province centrale de Zambie - La mooba est la principale danse du groupe ethnique lenje de la province Centrale de la Zambie. Elle existe depuis l’époque précoloniale. Il arrive parfois que lorsque la danse atteint son paroxysme, certains des principaux danseurs soient possédés par des esprits ancestraux appelés BaChooba. On dit que les esprits mènent la danse et dictent les chants, le rythme des percussions et l’enchainement des pas de danse. La mooba est interprétée lors d’événements de la vie sociale ouverts à tous, les représentations attirent un vaste public en raison de leur nature divertissante.

  

 

 

Le Comité a aussi décidé d’intégrer le programme « Terre des légendes » pour promouvoir et redynamiser l’art du conte dans le comté de Kronoberg (sud de la Suède), au Registre de bonnes pratiques de sauvegarde, qui regroupe les projets, programmes et activités reflétant les objectifs de la Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

   

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Suivez la réunion sur twitter : @unesco_fr, #patrimoineimmatériel, #patrimoinevivant

 

 etrouvez la liste des éléments déjà inscrits cette année : https://ich.unesco.org/fr/lists#2018

 

Contact :

Lucía Iglesias Kuntz, Service de presse de l’UNESCO,

; Tél : +33 (0) 6 80 24 07 29

 

 B-roll: http://www.unesco.org/new/ich2018-representativelist

Plus d’informations et retransmission des  débats : https://ich.unesco.org/fr/13com

Dossier de presse : https://ich.unesco.org/fr/13com-presse