Les pays méditerranéens examinent les progrès accomplis dans le domaine de l’éducation en vue du développement durable

05 Décembre 2017

60 représentants de ministères de l’éducation et de l’environnement ainsi que d’ONG de 18 pays méditerranéens et de 5 organisations internationales, parmi lesquelles l’UNESCO, se sont réunis du 22 au 24 novembre 2017 à Nicosie, à Chypre, pour partager des expériences et examiner les progrès accomplis dans le domaine des politiques d’éducation en vue du développement durable (EDD).

Il s’agissait de la première réunion du Comité directeur méditerranéen de l’EDD, dont l’UNESCO est membre et qui a été créé lors de la Conférence ministérielle en décembre 2016 afin d’aider à mettre en œuvre le Plan d’action de la Stratégie méditerranéenne sur l’EDD.  

La réunion a été ouverte par le Ministre de l’éducation de Chypre, M. Costas Kadis, qui a dit que l’EDD était un « instrument fort » pour lutter contre de nombreux problèmes – tels que le changement climatique, la perte de biodiversité, les conflits armés et les déplacements de population – auxquels la région méditerranéenne était actuellement confrontée : « Nos efforts pour maintenir la paix et les droits de l’homme n’ont pas été suffisants, ils doivent être renforcés. Nous devons agir individuellement et collectivement, à travers l’EDD. […] La Stratégie méditerranéenne sur l’EDD a pour but de créer des citoyens dont les actions et les valeurs seront inspirées par l’EDD ».

La Stratégie méditerranéenne sur l’EDD est étroitement alignée sur les Objectifs de développement durable (ODD) et sur le Programme d’action global de l’UNESCO pour l’EDD.

Durant la réunion, tous les pays membres ont présenté les progrès qu’ils ont récemment accomplis dans l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie et d’un plan d’action nationaux sur l’EDD. Beaucoup ont fait de grands progrès, en intégrant l’EDD dans les systèmes d’éducation à la fois formelle et non formelle et en menant des activités de renforcement des capacités pour les enseignants et les formateurs. « Pour notre région, l’EDD est un impératif, pas un choix », a dit le représentant de la Tunisie, M. Mohamed Ftouhi.

Parmi les défis persistants identifiés figuraient la mobilisation de ressources, la collaboration interministérielle et la participation du secteur privé, ainsi que la mise en place de mécanismes d’évaluation et de suivi. Le Professeur Michael Scoullos, de la Chaire UNESCO sur la gestion et l’EDD en Méditerranée, qui a fait partie de l’équipe organisatrice, a dit que la voie à suivre était une étroite collaboration entre les pays et avec l’UNESCO et les autres organisations internationales.

L’UNESCO encourage l’EDD dans la région méditerranéenne par le biais de son Programme d’action global et de ses réseaux de partenaires. L’un des principaux partenaires de l’UNESCO dans la région est l’Initiative méditerranéenne pour l’éducation au service de l’environnement et de la viabilité (MEdIES), dont le secrétariat a fourni un appui technique à la réunion. D’autres partenaires clés du Programme sont basés en Grèce, en Jordanie, au Liban, au Maroc et en Espagne. Par exemple, l’ONG libanaise Organisation de Développement Durable (ODDD) travaille avec les jeunes et les communautés pour promouvoir des modes de vie durables à la fois au niveau local et international, tout en favorisant le développement économique, l’équité sociale et la protection de l’environnement. ODDD a élaboré récemment une stratégie de transports publics durable pour la plus vieille ville habitée du monde, Byblos, et a formé un groupe d’étudiants d’université afin de la mettre en œuvre.

Le Bureau régional de l’UNESCO pour la science et la culture en Europe met en œuvre l’EDD (la cible de l’ODD 4.7) de façon interdisciplinaire et en tenant compte du contexte régional et des besoins spécifiques des États membres. Plusieurs activités récentes peuvent être soulignées : le projet « Arc of Inquiry », qui met l’accent sur l’amélioration de l’enseignement scientifique grâce aux enseignantes et aux étudiantes (le dernier atelier s’est tenu en Albanie en octobre 2017) ; le Forum des jeunes du MAB dans le delta du Pô, en Italie (septembre 2017) et la 2e réunion ouverte des chaires UNESCO des Balkans, axée sur l’EDD (Bucarest, Roumanie, octobre 2017). Un projet de la Jordanie a été récompensé récemment du Prix UNESCO-Japon d’EDD 2017 : « Zikra for Popular Learning » permet aux membres des communautés de revaloriser leur identité et leur culture, en transmettant et en partageant leurs savoirs locaux pour trouver des solutions durables. Zikra a créé plusieurs programmes pour communiquer sa vision. L’un d’eux, Exchange Tourism, cherche à combler le fossé entre les communautés rurales et urbaines.

« Les progrès accomplis en matière d’EDD dans la région méditerranéenne ont été exemplaires », a dit Miriam Tereick, qui représentait le Siège de l’UNESCO à la réunion. « Ils servent de modèle inspirant pour d’autres régions du monde ».