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Des perturbations de l’apprentissage causées par la COVID-19 au relèvement : aperçu de l’action de l’UNESCO pour l’éducation en 2020

16/12/2020

2020 a été une année semblable à aucune autre. La pandémie de COVID-19 a entraîné la perturbation la plus grave de l’histoire des systèmes éducatifs mondiaux, empêchant plus de 1,6 milliard d’apprenants dans plus de 190 pays d’aller à l’école au plus fort de la crise.

Cette pandémie a mis en lumière des problèmes qui existaient déjà dans le secteur de l’éducation, mais qui n’ont pas été traités de manière adéquate pendant bien trop longtemps. Elle a révélé des inégalités alarmantes au sein des pays et entre eux, auxquelles il faut remédier d’urgence afin de garantir le droit de chacun à l’éducation.

Du suivi des fermetures d’établissements scolaires à l’offre de solutions, en passant par la mise en place d’une plate-forme unique de réponse mondiale, découvrez quelques-unes des principales actions et initiatives menées par l’UNESCO dans le domaine de l’éducation en 2020.
 

 

Suivi des fermetures d’établissements scolaires et offre de solutions et d’orientations pour l’apprentissage à distance

Photo : BonNontawat/Shutterstock.com

Dès le début de la pandémie, l’UNESCO a commencé à assurer un suivi des fermetures d’établissements scolaires au niveau mondial, à aider les pays à réduire les conséquences immédiates de ces fermetures, en particulier pour les communautés les plus vulnérables et défavorisées, ainsi qu’à faciliter la continuité pédagogique pour tous grâce à l’apprentissage à distance.

L’UNESCO a organisé de nombreux webinaires thématiques, qui ont abouti à l’élaboration de documents d’orientation et de multiples ressources et recommandations destinés à aider élèves, parents, enseignants, établissements scolaires et gouvernements à garantir la continuité de l’apprentissage ainsi qu’à assurer une aide et des interactions sociales pendant la fermeture des écoles. La Commission internationale sur Les futurs de l’éducation a également publié un rapport sur l’éducation dans un monde post-Covid, qui présente des idées d’actions concrètes pour faire progresser l’éducation.

Coalition mondiale pour l’éducation

« Jamais auparavant nous n’avions été témoins d’une perturbation de l’éducation à cette échelle. Le partenariat est la seule façon d’aller de l’avant », déclarait en mars la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, en annonçant la création de la Coalition mondiale pour l’éducation, plate-forme de collaboration et d’échange visant à protéger le droit à l’éducation pendant et après cette crise sans précédent. « Cette Coalition est un appel à une action coordonnée et innovante pour débloquer des solutions qui ne soutiendront pas seulement les élèves et les enseignants maintenant, mais aussi tout au long du processus de redressement, en mettant l’accent sur l’inclusion et l’équité. »

La Coalition mondiale pour l’éducation réunit plus de 140 membres venant de la famille des Nations Unies, de la société civile, du monde universitaire et du secteur privé afin d’œuvrer pour garantir la continuité pédagogique. Les membres de la Coalition se rassemblent autour de trois programmes phares : la connectivité, les enseignants et l’égalité des genres. Ils soutiennent également des causes spécifiques telles que la reprise de l’enseignement suite à l’explosion meurtrière à Beyrouth.

 

Témoignages sur la continuité pédagogique : comment vous adaptez-vous à la fermeture des écoles due à la COVID-19 ?

« Ça me manque de voir mes amis, de leur parler en face, d’aller en cours ensemble, raconte Nanda, jeune Indonésienne de 17 ans. La routine de l’école me manque aussi, se lever tôt le matin, s’inquiéter des devoirs que je n’ai pas faits. Je crois que nous allons surmonter cela, restons optimistes. »

La pandémie de COVID-19 a forcé les écoles et les universités à fermer leurs portes, impactant un nombre sans précédent d’apprenants dans le monde. Élèves, enseignants et parents du Réseau des écoles associées de l’UNESCO ont partagé leurs témoignages sur l’adaptation et la continuité pédagogique pendant le confinement et la fermeture des établissements scolaires.

 

Le Secrétaire général de l’ONU craint une catastrophe éducative alors que l’UNESCO estime que 24 millions d’apprenants risquent d’abandonner l’école

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, prévient que la pandémie a créé la perturbation la plus grave de l’histoire des systèmes éducatifs mondiaux et qu’elle menace d’entraîner une perte d’apprentissage qui pourrait affecter plus d’une génération d’élèves. Les fermetures d’écoles risquent également d’effacer des décennies de progrès, selon une nouvelle note d’information qui s’appuie sur les données de l’UNESCO et présente des recommandations sur les moyens d’éviter une catastrophe imminente.

La note d’information a été lancée parallèlement à #SauvezNotreAvenir, une campagne menée par dix partenaires, dont l’UNESCO, afin de sensibiliser à l’urgence de l’éducation dans le monde et d’encourager l’augmentation des investissements pour construire des systèmes éducatifs de meilleure qualité, plus inclusifs et plus solides.

 

Réunion mondiale sur l’éducation 2020

« Le financement de l’éducation n’est pas un coût : c’est notre investissement à long terme le plus essentiel, a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, en donnant le coup d’envoi de la Réunion mondiale sur l’éducation en novembre. Si nous n’allouons pas ce financement maintenant, nous serons confrontés à un avenir plus sombre. »

Cette réunion virtuelle a été convoquée par l’UNESCO et s’est déroulée en présence de chefs d’État et de gouvernement et de ministres de plus de 70 pays, ainsi que de partenaires internationaux. Les participants ont adopté une déclaration qui exprime un engagement ferme à protéger le financement de l’éducation et détaille les mesures à adopter dès l’an prochain afin de préserver l’éducation de l’impact dévastateur des perturbations causées par la COVID-19.

Campagne « Les filles au premier plan »

« Pendant que mon établissement était fermé, on m’a demandée en mariage ». Halima, 16 ans, vit dans un camp de réfugiés en Somalie où de nombreux enfants ont perdu tout espoir d’achever leurs études à cause de la pandémie de COVID-19.

Comme Halima, plus de 11 millions de filles, du préprimaire à l’enseignement supérieur, pourraient ne pas retourner à l’école. Ce nombre alarmant menace non seulement des décennies de progrès accomplis vers l’égalité des genres, mais expose également les filles du monde entier au risque de grossesse, de mariages précoces et forcés et de violence. Pour de nombreuses filles, l’école est plus qu’un simple élément vers un avenir meilleur, c’est une bouée de sauvetage.

C’est pourquoi l’UNESCO et les membres du programme phare Égalité des genres de la Coalition mondiale pour l’éducation ont lancé une nouvelle campagne mondiale intitulée « Les filles au premier plan ». Cette campagne appelle à préserver les progrès réalisés en matière d’éducation des filles, à assurer la continuité de l’apprentissage des filles pendant la fermeture des écoles et à promouvoir le retour à l’école des filles, en toute sécurité, lorsque les écoles rouvriront. Elle appelle également l’attention sur les 130 millions de filles qui n’étaient déjà pas scolarisées avant la pandémie et engage la communauté internationale à unir ses efforts de toute urgence pour garantir leur droit à l’éducation.

 

À Beyrouth, la Directrice générale de l’UNESCO lance l’initiative « Li Beirut » pour faire de l’éducation, de la culture et du patrimoine les piliers de la reconstruction

Photo : UNESCO/Fouad Choufany

La Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, a lancé un appel international de fonds, Li Beirut (« Pour Beyrouth » en arabe), afin de soutenir la réhabilitation des écoles, des bâtiments du patrimoine historique, des musées, des galeries et de l’économie créative, très gravement touchés par les explosions meurtrières qui ont secoué la capitale libanaise le 4 août. « L’UNESCO, dont le Liban est membre fondateur, se tient à vos côtés pour mobiliser la communauté internationale et soutenir le redressement de la ville par et pour la culture, le patrimoine et l’éducation », a-t-elle déclaré.

 

Des jeunes du monde entier rejoignent la campagne UNESCO #TrashHack

Photo : Carrastock/Shutterstock.com

L’UNESCO a lancé la campagne Trash Hack pour inciter les jeunes à se familiariser avec la durabilité en luttant contre les déchets. Chaque année, plus de 2 milliards de tonnes de déchets sont produites dans le monde. Les déchets engorgent nos océans, emplissent nos rues et polluent des zones gigantesques de notre planète.

Lancée le 19 septembre à l’occasion de la Journée mondiale du nettoyage, la campagne Trash Hack met en avant des gestes simples que les jeunes peuvent adopter pour lutter contre les déchets dans leur quartier, chez eux et même dans leur boîte mail, en fonction des mesures de sécurité liées à la pandémie de COVID-19.

 

Convention mondiale sur l’enseignement supérieur : faire en sorte que la mobilité universitaire et la reconnaissance des qualifications deviennent une réalité pour tous

Photo : PF8 studio/Shutterstock.com

À l’heure actuelle, plus de 5,3 millions d’étudiants suivent un cursus universitaire à l’étranger. Cette augmentation rapide de la mobilité universitaire internationale devrait se maintenir. Un an après l’adoption de la Convention mondiale sur la reconnaissance des qualifications relatives à l’enseignement supérieur, l’UNESCO a lancé une campagne numérique pour promouvoir cet instrument et appelle les États membres à ratifier cet instrument ainsi qu’à contribuer à faire en sorte que la mobilité universitaire internationale et la reconnaissance des qualifications deviennent une réalité pour des millions de personnes dans le monde.

60e anniversaire de la Convention de l’UNESCO concernant la lutte contre la discrimination dans le domaine de l’enseignement

L’année 2020 marque le 60e anniversaire de l’adoption de la Convention concernant la lutte contre la discrimination dans le domaine de l’enseignement, premier instrument international juridiquement contraignant entièrement consacré au droit à l’éducation. Cet instrument majeur met en avant l’obligation des États de garantir un enseignement gratuit et obligatoire, promeut l’égalité des chances et proscrit toute forme de discrimination. La Convention a été ratifiée par 106 pays à ce jour, et l’UNESCO appelle tous les autres États membres à le faire dans le cadre de la nouvelle campagne mondiale lancée à cette occasion, intitulée « Non à la discrimination dans l’éducation ! ».

 

Photo du haut : M2020/Shutterstock.com