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Plus de 80 journalistes africains formés à la vérification des faits et à la communication en matière de santé

16/09/2021

L'UNESCO, en coopération avec ses partenaires, a organisé un cours de formation de trois mois destiné aux professionnels des médias de 14 pays africains afin de renforcer leur capacité à vérifier les faits et à communiquer sur les sciences de la santé.

Une plus grande collaboration entre les différentes parties prenantes a été citée comme un élément clé pour lutter contre la désinformation et les fausses informations liées à la santé, ainsi que pour renforcer la capacité des journalistes à faire des reportages plus précis et plus efficaces sur les questions de santé.

Voici la principale recommandation formulée par 83 journalistes, communicants et blogueurs de 14 pays africains qui ont suivi avec succès un cours de formation aux médias organisé de juin à août 2021. Des journalistes du Kenya, d'Ouganda, de Tanzanie, d'Éthiopie, de Zambie, du Zimbabwe, du Malawi, d'Afrique du Sud, de Madagascar, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, du Nigeria, du Ghana et du Sénégal ont participé à cette formation.

Ce que j’ai préféré dans cette formation, c'est de traduire la science de la santé dans un langage simple. Pour moi, c'était le sujet le plus formateur. Je peux dorénavant m’appuyer sur un certain nombre de termes simplifiés à utiliser dans le contexte du reportage sur le COVID-19.

Stephen Chinyama, journaliste de Power FM en Zambie

Le cours a été organisé par le bureau de l'UNESCO à Addis-Abeba, l'ISAAA AfriCenter et Africa Check grâce au soutien du projet financé par l'UNESCO et l'UE #CoronavirusFacts : Lutte contre la “Désinfodémie” sur le COVID-19 et du Programme multidonateurs de l'UNESCO sur la liberté d'expression et la sécurité des journalistes.

Le cours, qui s'est concentré sur le COVID-19 et les maladies non transmissibles (MNT), s'est déroulé virtuellement sous la forme d'une série de six sessions interactives, et a été organisé par l'Africa Life Science Knowledge (ALSK), une plateforme en ligne développée dans le cadre du projet UNESCO-UE. Cette plateforme contribue à réduire l’écart croissant entre la science et la société grâce à des interventions opportunes sur divers types de désinformation concernant les innovations dans les domaines de l'agriculture, de l'alimentation et de la nutrition, de la santé et de l'environnement.

Tout en soulignant l'importance de la collaboration multipartite dans la lutte contre la pandémie de COVID-19, Benjamin Djoudalbaye, Directeur de la Division des politiques, de la diplomatie sanitaire et de la communication des Centres africains de prévention et de contrôle des maladies (CDC-Afrique), a salué le rôle clé des médias dans la diffusion d'informations fiables sur le COVID auprès du public. Il a appelé les partenaires à unir leurs efforts pour créer une bibliothèque de ressources en ligne destinée aux bonnes pratiques en matière de journalisme, constituée notamment de sources scientifiques pour démystifier les mythes, les théories du complot ou les rumeurs lors des épidémies.

L'un des rôles les plus importants que jouent les journalistes lors des pandémies est d'apporter de la clarté quand il y a tant d'incertitude. Ils fournissent les contextes et les nuances nécessaires et décomposent les concepts compliqués pour les non-spécialistes.

Benjamin Djoudalbaye, CDC-Afrique

Katrin Hagemann, Directrice adjointe de la délégation de l'Union européenne au Kenya, a salué cette initiative. Elle a souligné le rôle essentiel que l'UE a joué dans le soutien aux populations les plus vulnérables face à la pandémie de COVID-19 et a insisté sur le fait que des informations et des analyses fondées sur des faits, justes et équilibrées, sont des éléments indispensables à la lutte contre les fausses informations.

Aujourd'hui, nous célébrons le fait que de plus en plus de journalistes dans différents pays africains aient reçu une formation de qualité sur la vérification des faits dans le domaine de la santé et de la communication scientifique, grâce à notre partenariat avec l'UNESCO. C'est la raison pour laquelle l'UE a décidé de soutenir le journalisme indépendant et les reportages sensibles dans le monde entier, en formant des journalistes par le biais de plusieurs programmes.

Katrin Hagemann, Délégation de l’Union européenne au Kenya

Tout en remerciant l'UE pour son soutien, Yumiko Yokozeki, Directrice du Bureau de liaison de l’UNESCO à Addis-Abeba auprès de l'UA et de la CEA, a souligné que grâce à cette initiative, l'UNESCO avait renforcé son partenariat avec CDC-Afrique, les ministères de la santé, les universités, les scientifiques, les partenaires des médias et les vérificateurs de faits. L’organisation continuera à tirer parti de son partenariat avec l'ISAAA AfriCenter et Africa Check pour soutenir le secteur des médias communautaires, qui a la capacité d'atteindre le plus grand nombre de personnes dans les zones reculées par l’intermédiaire des langues locales.

Retha Langa, Directrice adjointe d'Africa Check, a réaffirmé la nécessité de collaborer pour lutter contre la désinformation et améliorer la couverture médiatique de la santé. Selon elle, en tant qu'organisation de vérification des faits, Africa Check ne peut pas lutter seule contre la désinformation. Par conséquent, l'un des principaux résultats de la formation est l'amélioration des connaissances et de la confiance dans la couverture de l'effet du COVID-19 sur les MNT, comme le montrent les réactions positives des personnes ayant bénéficié de la formation.

La clôture officielle de la formation a été l'occasion de présenter le portail Africa Life Science Knowledge (ALSK), grâce auquel les journalistes peuvent bénéficier de formations et d'un renforcement des capacités pour les aider à mener des enquêtes approfondies, à poser des questions détaillées et à comprendre pleinement les questions liées à la science et à la santé avant de les évoquer.

À propos du projet #CoronavirusFacts

D’après le principe central selon lequel l’information est le contraire de la désinformation, le projet de l’UNESCO #CoronavirusFacts met à profit le rôle essentiel de la liberté d’expression et de l’accès à l’information afin de répondre aux besoins d’informations à l’ère du COVID-19 et de lutter contre la vague massive de désinformation qui menace d’impacter la démocratie, le développement durable et la stabilité du monde entier. Financé par l’Union Européenne, le projet mène des activités à l’international dans 4 régions et 9 pays. Il soutient la capacité des médias professionnels, divers et indépendants à informer sur la pandémie ; renforce les organisations locales de vérification des faits afin de démystifier la désinformation ; et permet aux jeunes et aux autres citoyens de traiter de manière critique ce qu’ils lisent et entendent au sujet du COVID-19 grâce à des formations en éducation aux médias et à l’information. En raison des défis sans précédent auxquels sont confrontés les secteurs des médias et de la technologie numérique, l'UNESCO a créé un Centre de ressources rassemblant une sélection de réponses au COVID-19.

Pour davantage d’informations, consultez : https://fr.unesco.org/covid19/disinfodemic/coronavirusfacts

 

À propos du Programme multidonateurs pour la liberté d’expression et la sécurité des journalistes

Le Programme multidonateurs sert à renforcer le travail de l'UNESCO aux niveaux mondial, régional et national en acheminant les fonds vers les priorités émergentes et les besoins les plus urgents pour réaliser son mandat sur la liberté d'expression. Il permet au Secteur Communication et Information de l'UNESCO de s'attaquer à des problèmes complexes en concevant et en mettant en œuvre des interventions intégrales à moyen et à long terme aux niveaux national, régional et mondial. L'avantage évident de ce mécanisme est qu'il permet à l'UNESCO et à ses partenaires d'obtenir un impact et une durabilité accrus, tout en réduisant la fragmentation des activités dans un même domaine.
Pour davantage d’informations, consultez : https://fr.unesco.org/node/313345