Pourquoi nous devons renforcer de toute urgence l’enseignement et l’apprentissage du changement climatique

12/12/2019
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À un moment où les étudiants du monde entier décident de ne pas aller en cours pour sensibiliser à l’urgence climatique et manifestent pour que des actions concrètes soient menées pour notre planète et notre avenir, l’UNESCO entend faire de l’éducation un aspect plus central et visible de la réponse internationale au changement climatique, et s’assurer qu’elle soit suivie d’effets.

Pourquoi l’éducation est-elle aussi importante pour façonner la manière dont nous abordons les défis posés par le changement climatique ?

Aujourd’hui, la lutte contre le changement climatique englobe deux choses :

  • la réduction de nos émissions et la stabilisation des niveaux de gaz à effet de serre dans l’atmosphère (ce qu’on appelle « l’atténuation » du changement climatique) ;
  • l’ajustement au climat actuel et attendu (ce qu’on appelle « l’adaptation »).

Différents instruments sont nécessaires pour y parvenir – réglementations politiques, incitations financières et technologiques – mais cela ne fonctionne que si les gens comprennent ce qu’est le changement climatique et comment on peut y remédier. Nous devons donc changer la façon dont les gens pensent et agissent pour « changer les mentalités, pas le climat », et l’éducation est essentielle pour réaliser cette transformation radicale qui est nécessaire.

Éducation environnementale, éducation au développement durable ou éducation au changement climatique : quelle différence ?

L’UNESCO s’occupe de l’éducation au changement climatique dans le cadre de son approche d’éducation au développement durable (EDD) mais les étiquettes n’ont pas vraiment d’importance ici : ce qui compte, c’est que les individus acquièrent les connaissances, les compétences, les valeurs et les attitudes dont ils ont besoin pour construire un avenir vert, à faibles émissions et résilient au changement climatique. L’idée est de fournir une éducation qui permettra aux individus de réaliser les trois dimensions du développement durable : économique, environnementale et sociétale.

Il est grand temps de réorienter nos domaines technologique, scientifique et financier ainsi que notre ingéniosité pour transformer nos économies, garantir l’égalité et promouvoir un avenir durable pour tous. Au sein de ce nouveau modèle économique, les individus auront besoin de compétences vertes pour répondre aux exigences d’un marché du travail différent. Pour autonomiser les prochaines générations, nous avons besoin du leadership des gouvernements, des organisations internationales, du secteur privé et de la société civile.

Comment la communauté internationale pourrait-elle mieux contribuer à l’éducation au changement climatique aujourd’hui ?

On constate déjà un fort engagement international en faveur de l’éducation au changement climatique aujourd’hui, que l’on peut constater à travers l’adoption successive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’Accord de Paris, qui comprennent tous des dispositions sur l’éducation. Cet engagement doit maintenant se traduire en actes.

Notre récente étude sur le changement climatique montre qu’il existe un écart important entre les engagements pris par les gouvernements et leur mise en œuvre.

Un aspect important que l’UNESCO tente de mettre en avant est l’importance de l’apprentissage socio-émotionnel et comportemental. Il ressort de cette même étude récente sur la mise en œuvre de l’éducation au changement climatique que la plupart des pays mettent encore l’accent sur les savoirs cognitifs – ce qui est bien sûr important, mais nous devons toucher la tête, le cœur et les mains des gens pour les aider à comprendre les causes et les conséquences du réchauffement climatique actuel. Les gouvernements doivent davantage compter sur le pouvoir de l’apprentissage social, émotionnel et comportemental. Nous devons tirer parti de tous les aspects de l’apprentissage pour réaliser ce changement.

Notre approche des écoles et de l’éducation doit également changer radicalement. Par le biais de son Réseau des écoles associées (réSEAU), l’UNESCO encourage une « approche scolaire globale » de l’éducation et de l’apprentissage sur le changement climatique. Cette approche consiste essentiellement à intégrer la durabilité dans tous les aspects de l’école, et à faire participer la communauté, afin de créer un environnement d’apprentissage où les élèves et les enseignants respirent et vivent de manière durable.

Beaucoup de bonnes choses se font déjà, notamment avec les projets menés dans les différentes écoles et en dehors des écoles. Chaque année, nous récompensons ces initiatives dans le cadre de notre Prix UNESCO-Japon. De nombreuses initiatives sont également prises à l’échelle des pays : l’Italie vient de rendre obligatoire l’éducation au changement climatique dans les écoles, ce qui, une fois mis en œuvre, aura un impact considérable sur tous les habitants du pays.

Qu’est-ce que la COP 25 ?

La COP 25 désigne la 25e Conférence des Parties. Il s’agit de l’organe décisionnel suprême de la CCNUCC. Elle se déroule en ce moment à Madrid (2-13 décembre 2019).

Qu’est-ce qui est en jeu cette année à Madrid ?

Cette année, la COP a pour thème général « Relever l’ambition », et met l’accent sur le financement et l’augmentation des contributions déterminées au niveau national (CDN), qui sont des engagements pris par les pays signataires dans le cadre de l’Accord de Paris. Ce sont essentiellement des efforts fournis par chaque pays pour réduire les émissions nationales et s’adapter aux impacts du changement climatique. Examinées et soumises tous les 5 ans, nombre d’entre elles seront révisées en 2020, de sorte que l’UNESCO organise des réunions et des manifestations à la COP 25 pour encourager les parties à inclure l’éducation en tant que composante cruciale et visible de leur réponse nationale au changement climatique.