Premier colloque sur l'interface entre les sciences de l’eau et la sphère politique

27 Juin 2018

Onze ministres et députés des Ressources en eaux, des Ressources naturelles, du Climat ou des Affaires étrangères ont participé au 1er Colloque sur l’Interface entre les sciences de l’eau et la sphère politique le 14 juin 2018, ainsi que des représentants d’Etats membres et des experts. Ce Colloque a permis de faire le point sur les progrès accomplis pour la mise en œuvre de l’Objectif de développement durable sur l’eau et l’assainissement (ODD 6). Il a été oranisé à la demande des Etats membres afin d’examiner comment le Programme hydrologique international de l’UNESCO (PHI) peut contribuer à identifier des solutions fondées sur la science, des politiques efficaces et de bonnes pratiques, tout en soutenant les pays dans la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Ce dialogue a été ouvert par Mme Audrey Azoulay, Directrice générale de l'UNESCO, S.E. Mme Zohour Alaoui, Président de la Conférence générale, et S. E. M. Lee Byong Hyun, Président du Conseil exécutif. Il s’est tenu dans le cadre de la 23e sessions du Conseil intergouvernemental du PHI.

Je veux vous remercier de votre présence, qui témoigne l'engagement pris au plus haut niveau pour se saisir d’une question fondamentale qui relève à la fois de l’écologie, du développement, des droits humains, de la sécurité, et surtout de notre capacité à vivre en paix”, a souligné Audrey Azoulay. “Nous avons le plaisir d’accueillir des ministres des Ressources naturelles, de l’Agriculture, de la Pêche, des Forêts, des Infrastructures, du Climat, des Affaires étrangères, et cette diversité des responsabilités et des périmètres ministériels montre à quel point cette question de la gestion durable des ressources en eau constitue un enjeu politique majeur.”

Elle a rappelé qu’une eau propre et accessible est essentielle pour l'éradication de la pauvreté, d’où la nécessité de résoudre les défis liés à l’eau pour la réalisation de l’Agenda 2030; cela implique des dialogues au niveau international, car aucun pays ne peut relever seul les défis liés à l’eau. Elle a remercié le travail de l’ONU-Eau, notamment dans la mise en place du Rapport de synthèse sur l’ODD 6, qui sera présenté à New York lors du Forum Politique de Haut Niveau.

La Directrice générale a également souligné que la Conférence holistique sur l’eau qui sera organisée à l’UNESCO en mai 2019, et cette Conférence ministérielle, qu’il serait souhaitable de pérenniser dans le cadres des Conseils du PHI, témoignent de l’importance accordée à l’eau par l’UNESCO. Elle a finalement rappelé la dimension intergouvernementale du PHI, qui est la seule structure intergouvernementale du système des Nations Unies consacrée à la recherche, au renforcement des capacités et à la gestion des ressources en eau. La Directrice générale a conclu qu’aucune solution technique puisse être appliquée de manière universelle, ni une solution politique à elle seule répondre aux défis ; c’est pour cela que ce partage crucial des expériences est raison d’être de ce premier colloque d’une série à venir.

Le Président de la Conférence générale a évoqué les problèmes de sécurité de l'eau rencontrés par les pays et a félicité le PHI de l'UNESCO pour ses travaux centrés sur le Programme 2030 et l'ODD 6, ainsi que sur d'autres objectifs internationaux. Elle a rappelé la déclaration ministérielle du 8ème Forum mondial de l'eau qui a renouvelé et renforcé l'engagement politique en faveur d'actions immédiates et efficaces pour la mise en œuvre des ODD, ainsi que la nouvelle Décennie internationale d'action « Eau pour le développement durable », qui contribuera à la coopération, au développement des partenariats et au renforcement des capacités. Le dépassement des difficultés de mise en œuvre des ODD étant un défi commun, elle a appelé à continuer efforts de manière coordonnée pragmatique et partagée, combinant les capacités politiques et scientifiques pour concrétiser les ambitions liées à ces objectifs.

 Le Président du Conseil exécutif de l'UNESCO a exprimé son soutien à des dialogues tels que SPIC Water, où des décideurs de haut niveau échangent avec des experts techniques, qualifiant le Colloque d’exemple « d’action vivante de l'UNESCO en tant qu'institution spécialisée des Nations Unies dans le domaine de l'eau, qui facilite l'échange d'informations entre les États membres et les scientifiques ». Il a déclaré que pour une bonne gestion de l'eau douce, la communauté internationale devait appliquer des solutions fondées sur la science, qui soient sensibles aux contraintes sociétales et environnementales. Il a conclu que si les grands forums internationaux tels que le Forum mondial de l'eau et le Forum politique de haut niveau étaient extrêmement importants, il était essentiel de maintenir le dialogue scientifique entre les événements mondiaux. À cet égard, il a félicité le PHI de l'UNESCO pour son initiative d'organiser SPIC Water.

Les messages ministériels ont souligné que l’Agenda 2030 encourage l'action locale et les changements positifs des cadres institutionnels au niveau national. Cependant, la durabilité des actions reste un défi. Ils ont également noté la nécessité d'harmoniser les activités et les politiques aux niveaux mondial, régional et local et d'adapter les objectifs au contexte local. Tous ont souligné la nécessité de renforcer les capacités humaines pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2030 dans le domaine de l'eau. Ils se sont félicités de l'existence d'un forum comme SPIC Water, où les décideurs pouvaient échanger des points de vue avec des experts, qui fournissent les connaissances et les informations nécessaires à l'adaptation des politiques en fonction des connaissances disponibles.

Le Conseil du PHI a décidé de continuer à organiser des réunions comme ce colloque ministériel une fois tous les deux ans, dans le cadre de sa session intergouvernementale, afin de renforcer l'interface science-politique.