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Un projet d’alimentation durable donne un nouveau départ à des femmes migrantes vulnérables

11 Juillet 2019

© Gaia Education (Femmes migrantes mettant à profit leurs nouvelles compétences pour créer du chocolat arômatisé avec des herbes locales)

Aider les femmes nigérianes migrantes vulnérables en Sicile à trouver un emploi de longue durée dans le secteur alimentaire n’est qu’une parmi les nombreuses idées innovantes du programme « Design for Sustainability (DfS) » (Concevoir la durabilité) de Gaia Education.

Gaia Education, une organisation internationale basée en Écosse, au Royaume-Uni, qui dispose de 14 années d’expérience dans le domaine de l’éducation au développement durable (EDD), est active dans 54 pays et six continents. Son programme DfS conduit des programmes en présentiel et des programmes d’apprentissage basés sur des projets pour doter les élèves de tous âges et de cultures différentes des connaissances, des compétences et des outils de réflexion critique nécessaires pour bâtir une société qui utilise plus efficacement l’énergie et les ressources, distribue équitablement les richesses et s’efforce d’améliorer la qualité de vie.

Gaia Education est un partenaire principal du Programme d’action global pour l’EDD (GAP) de l’UNESCO et a été nominé pour l’édition 2018 du Prix UNESCO-Japon d’EDD. L’UNESCO s’emploie à promouvoir l’EDD par le biais du GAP, qui vise à susciter et à intensifier l’action en vue d’accélérer les progrès en faveur du développement durable.

Le programme DfS de Gaia, qui compte plus de 19 000 diplômés et 111 organismes partenaires, suit une méthode basée sur quatre dimensions de la durabilité : sociale, écologique, économique et philosophique. Ses formations mettent à profit l’expertise des exemples d’éco-quartiers les plus réussis dans le monde pour susciter la transformation personnelle. Les participants retournent dans leur communauté avec des plans viables et des compétences pratiques pour assurer la transition vers des modes de vie durables.

« Nous avons trois publics différents – les agents de changement, les acteurs de la « glocalisation » et les personnes habilitées – chacun à un niveau d’engagement différent », a expliqué la directrice, May East. « Les acteurs de la « glocalisation », dont je fais partie, sont depuis longtemps sensibilisés à ce qui se passe au niveau local mais sont aussi en phase avec les tendances mondiales ».

« Cela suppose de disposer des matériels d’enseignement et des méthodes les plus récents, alors que nous passons très vite d’un développement durable à un développement régénératif. Nous discutons des moyens de permettre aux endroits où nous vivons et où nous travaillons de prospérer, en allant bien au-delà du simple maintien d’un équilibre précaire ».

« Les agents de changement sont issus du « Nord global » et de la société de forte consommation, et ont atteint un stade où ils réalisent qu’ils doivent repenser leurs modes de vie. Les personnes habilitées sont issues du « Sud global » et nous les aidons à passer de la création d’un projet d’aide à la mise sur pied d’un projet centré sur les moyens de subsistance, qui place des produits sur les marchés éthiques et qui fait connaître ces produits auprès des entreprises », a dit May.

Le programme est évalué régulièrement et 92 % de ses stages ont été notés « bon » ou « excellent ». Des auditeurs externes sont sollicités pour évaluer l’apprentissage basé sur des projets.

« Notre réussite tient au fait qu’il existe une grande cohérence entre ce que nous enseignons et ce que nous sommes. Nous n’enseignons pas quelque-chose qui serait un mirage dans le désert, mais nous rassemblons des informations solides sur toutes les grandes tendances qui visent à repenser la présence humaine sur la planète par le biais de l’EDD », a dit May. « Nous évaluons l’aptitude au changement de chaque participant et nous offrons un environnement d’apprentissage pertinent pour l’étape suivante, qu’il s’agisse d’une petite ou d’une grande étape. »

Le programme DfS a été lancé en 2005, juste au moment du lancement de la Décennie des Nations Unies pour l’EDD, et a pris de l’ampleur en suivant ce mouvement.

« Nous savons que nous avons réussi lorsque nous avons créé l’environnement d’apprentissage permettant à nos élèves d’accéder à des conditions de vie et de travail plus durables », a dit May.

Un projet thématique, Courage Chocolate, qui est actuellement mené sur l’île de Sicile, en Italie, s’adresse à des jeunes femmes migrantes, pour la plupart du Nigéria, qui sont à la recherche d’une nouvelle vie mais qui sont hautement vulnérables au trafic.

« Le programme vise à renforcer les capacités de ces jeunes filles, dont certaines ont subi de grands traumatismes et d’autres ont de petits enfants à nourrir, à Iblei, une région qui présente la plus haute biodiversité de plantes en Sicile », a expliqué May.

« Nous co-développons un parcours d’EDD avec elles, en commençant par une composante de design social, en leur enseignant la prise de décision et la communication, puis le design écologique. À ce stade, nous allons sur le terrain et nous leur enseignons les herbes médicinales et aromatiques à partir desquelles elles fabriquent des cosmétiques, ou des produits alimentaires, notamment du chocolat », a dit May.

Sous le label Courage Chocolate, le projet a récemment créé six sortes de chocolat aromatisé aux herbes, et a été récompensé par TuttoFood sur le continent à Milan pour sa « responsabilité inclusive ».

« Dans toutes nos activités, nous gardons à l’esprit que la transition et le changement se produisent qu’on le veuille ou non. Nous pouvons soit prendre en main ce changement, soit en être victimes », a dit May.