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Projet du patrimoine cinématographique africain à Cannes 2019

24 Mai 2019

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© Flickr / Clay Gilliland

Au début des années 50, les cinéastes africains ont essayé de proposer une vision africaine de l'histoire et de la culture de leur continent, en remettant en cause les fictions coloniales sur le patrimoine et la créativité des africains. Musiciens, écrivains, plasticiens, danseurs, dramaturges, acteurs, etc. ont également pris part à cette lutte pour la dignité et la liberté. Cette année, au Festival de Cannes, la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI) a présenté le Projet du patrimoine cinématographique africain (AFHP) du 19 au 21 mai. Ce projet est le fruit d’un partenariat entre la FEPACI, The Film Foundation de Martin Scorsese et les archives associés, la Cineteca di Bologna, et l’UNESCO. L'objectif est de restaurer et de préserver 50 films africains d'importance historique, culturelle et artistique.

Dès le départ, les cinéastes africains, en particulier, ont utilisé le cinéma comme moyen pour sensibiliser les opinions publiques aux aspirations de leurs peuples et éduquer leurs communautés à affronter les défis de l’indépendance. Ainsi, pour l’UNESCO, de nombreux films classiques africains peuvent être considérés comme des productions éducatives / culturelles alliant d’une part, le partage de connaissances et d’autre part, la transmission de messages via la conscience émotionnelle du spectateur.

Consciente de l'importance du lien entre art et histoire, l'UNESCO a décidé de lancer, en octobre 2015, une Coalition internationale des artistes pour l'Histoire générale de l'Afrique. Cette Coalition s'emploie à promouvoir auprès du grand public, et en particulier des jeunes, les messages clés de la collection de l’Histoire générale de l'Afrique, créée par l'UNESCO il y a 35 ans, et qui se poursuit encore de nos jours. Cet immense corpus de connaissances raconte, à travers les voix des Africains eux-mêmes, toute l’histoire de l’Afrique : des débuts de l’humanité aux défis auxquels sont aujourd'hui confrontés les Africains et leurs diasporas à travers le monde.

Cette incursion du Projet du patrimoine cinématographique africain à Cannes a été l’occasion de présenter et de promouvoir cette initiative, en mettant l’accent sur les quatre films majeurs déjà restaurés, réalisés par des cinéastes parmi les plus importants de l’histoire du cinéma africain. Ces films sont: Soleil Ô (1970) du réalisateur mauritanien Med Hondo, Chronique des années de braise (1975) du réalisateur algérien Mohammed Lakhdar-Hamina, La Femme au couteau (1969) du pionnier ivoirien Timité Bassori et Muna Moto (1975) du dissident Camerounais Jean-Pierre Dikongue-Pipa.

La Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI) a été fondée en 1970 à Tunis par des pionniers du cinéma tels que Ousmane Sembène, Paulin Soumanou Vieyra et Tahar Cheriaa, entre autres. La FEPACI est la voix continentale des cinéastes de diverses régions d'Afrique et de la diaspora. Elle collabore avec ses organismes nationaux affiliés et ses membres pour mettre à profit les politiques, actions, programmes et projets en faveur du développement et de l'amélioration d'un environnement et d'infrastructures favorables pour tous les aspects de la production cinématographique et des médias audiovisuels en Afrique par les Africains. La création de la Commission africaine de l'audiovisuel et du cinéma de l'Union africaine (UA) et de la Cinémathèque africaine de Ouagadougou (CAO) sont deux réalisations marquantes de la FEPACI parmi beaucoup d'autres.

Contact: Tabué Nguma, UNESCO, t.nguma@unesco.org