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Le projet YEM développe les capacités en prospective des acteurs économiques tunisiens

30 Avril 2019

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© UNESCO

L’Observatoire national de l’Emploi et des qualifications (ONEQ) de Tunisie, avec l’appui de l’UNESCO dans le cadre du projet Emploi des jeunes en Méditerranée (YEM), financé par l’Union européenne, a organisé à Tunis les 17 et 18 avril 2019, le deuxième séminaire de renforcement de capacités sur la conception de scénarios prospectifs. 

La mise en place de ces exercices avec les principaux secteurs économiques tunisiens vise à compléter avec une analyse prospective qualitative le modèle de prévision des compétences élaboré dans le cadre du précédent projet financé par l’Union européenne NET-MED Youth. L’utilisation combinée de ces outils vise à renforcer le système de formation professionnelle tunisien à travers une prévision de la demande d’emploi du marché du travail. C’est en fonction de ses prévisions que la Tunisie sera en mesure de mettre en place des actions de formation et de qualification des jeunes, adéquates aux futures exigences du marché du travail. Le projet YEM vise à impliquer les acteurs économiques dans la discussion sur les évolutions des secteurs par rapport aux défis liés au contexte économique. Il permettra d’identifier les leviers susceptibles d’avoir un impact tangible sur la création d’emploi et la demande en compétences.

Madame Nouha Dallagi, Secrétaire générale de Fenatex, participant au séminaire YEM, nous explique la nature de ces défis et l’intérêt des travaux réalisés par cet exercice :

« Un des principaux défis du secteur textile-habillement en Tunisie est de passer de la sous-traitance à la cotraitance et aux produits finis. Il faut que les entreprises soient à même de proposer un savoir-faire complet, intégrant parfaitement la chaîne de valeurs. Pour cela, il faudrait que la matière première soit plus accessible ; afin d’avoir un impact très important sur la création d’emplois.

Un autre défi concerne le manque de compétences pointues de la main d’œuvre qui a besoin de formations adaptées sur des filières spécialisées et de niche.

Enfin, les compétences transversales, trop souvent négligées, sont indispensables et nos jeunes doivent apprendre à savoir vendre, savoir communiquer.

Cet exercice, qui a démarré en juillet dernier, a un grand potentiel pour améliorer la formation professionnelle, la rendre plus pertinente par rapport aux besoins des entreprises. D’autres scénarios ont été développés sur la base de discussions avec les professionnels de différents secteurs, sous la houlette de l’ONEQ. Pour le secteur textile, notamment, le scénario de promotion d’une économie sociale et solidaire, peut permettre de réduire le coût de revient des produits. »

Les prochaines étapes, dans le cadre de YEM, incluent la réalisation, par l’ONEQ, d’une analyse sectorielle prospective et approfondie de deux secteurs pilotes, ainsi qu’un deuxième exercice tunisien de projection des compétences, en coordination avec tous les acteurs de la Plateforme nationale.