Promouvoir le droit à l’éducation et l’ODD 4 à Haïti

21 Décembre 2017

Le 11 décembre 2017, l’UNESCO a organisé un atelier national à Haïti afin de promouvoir le droit à l’éducation, dans le cadre du Programme de développement des capacités pour l’éducation (CapED). Cet atelier avait pour but de sensibiliser les participants à l’importance du droit à l’éducation dans le contexte du nouvel agenda Éducation 2030 et de la mise en œuvre de réformes législatives appropriées.

La réunion a rassemblé une trentaine de participants aux profils variés : experts nationaux sur le droit et l’éducation, notamment du Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP), des journalistes, des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile et des représentants d’institutions privées.

Tout au long de la journée, les échanges ont souligné la richesse du débat national sur ce sujet et la nécessité d’accorder davantage de priorité à l’éducation dans le pays, ainsi qu’à l’évaluation de la législation dans ce domaine.

L’atelier national a été l’occasion de sensibiliser les participants au droit à l’éducation et d’ajuster et d’approuver certaines conclusions et recommandations figurant dans un rapport clé sur le cadre juridique de l’éducation à Haïti.

Paul Gomis, chef du Bureau de l’UNESCO à Haïti, a noté que cet atelier consolidait un processus qui avait démarré deux ans plus tôt avec l’élaboration d’une enquête diagnostique sur le droit à l’éducation. Comme l’expliquait Jean Miguelite Maximé, co-auteur de l’enquête, Haïti est encore confronté à de nombreuses difficultés dans la mise en œuvre du droit à l’éducation. L’engagement du pays à appliquer les conventions internationales est un élément positif qui devrait orienter les efforts nationaux en vue de mettre en œuvre pleinement le droit à l’éducation.

Rolla Moumné et Delphine Santini, de l’UNESCO, ont rappelé l’importance de garantir le droit à l’éducation et de mieux aligner les cadres juridiques nationaux sur l’éducation sur les normes internationales, notamment l’ODD 4. Aujourd’hui, le Programme 2030 offre aux gouvernements une occasion stratégique de réformer leur législation et d’établir d’autres garanties pour faire de l’éducation une réalité pour tous.

Dans le cadre du Programme pilote du CapED sur l’ODD 4, une attention accrue est portée à l’identification des éventuelles lacunes et discordances entre la législation nationale et les normes internationales et à la formulation de recommandations sur la voie à suivre. Un rapport de synthèse sur 11 pays, y compris Haïti, a été produit et publié récemment.

Les principales conclusions et recommandations du rapport sur Haïti ont été examinées par les participants, qui ont pris note des opportunités que représentaient les stratégies nationales existantes pour le renforcement de l’action normative. L’atelier national a permis de mener une discussion ouverte avec les participants et de lancer un débat sur l’enseignement gratuit et obligatoire, la non-discrimination et l’inclusion, en tant que domaines centraux des cibles de l’ODD 4.1, 4.2 et 4.5.

Les recommandations approuvées par l’atelier incluent notamment la nécessité de garantir un enseignement gratuit et obligatoire pour tous les enfants âgés de 3 à 15 ans, ainsi que celle de faire respecter l’obligation d’aller à l’école ; l’importance d’aligner les âges légaux de la fin de l’enseignement obligatoire, de l’accès à l’emploi et du mariage ; et la modernisation de la législation afin d’assurer un environnement inclusif et favorable pour tous, notamment pour les personnes handicapées.

Un ensemble d’actions concrètes et de priorités sous la forme d’une feuille de route ont été identifiées et approuvées par les participants. Un large consensus s’est dégagé sur le fait qu’il était essentiel d’accroître le plaidoyer et la sensibilisation pour aider à faire de l’éducation une priorité dans le pays. La réunion a abouti à la conclusion qu’il était désormais plus que jamais nécessaire de placer le droit à l’éducation au centre des priorités nationales et de multiplier les efforts de sensibilisation. Les mesures de suivi faisant participer plus activement les membres du parlement, les responsables au MENFP et d’autres parties prenantes clés seront importantes pour garantir des progrès durables. Les conclusions de cet atelier seront communiquées aux membres de la commission nationale chargés d’élaborer le nouveau Plan décennal pour l’éducation (2017-2027).

L’atelier national a été perçu comme le point de départ d’une nouvelle dynamique dans le pays visant à renforcer les capacités nationales en vue de la réalisation du droit à l’éducation et de l’ODD 4.