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Promouvoir la prévention de l’extrémisme violent auprès des migrants maliens

21 Août 2019

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iStock / Getty Images Plus

Environ 763 millions d’individus vivent en dehors de la région où ils sont nés et nous observons actuellement les plus hauts niveaux de déplacements jamais enregistrés, avec 65,6 millions de personnes déplacées de force à travers le monde, selon les statistiques des Nations Unies. Au Mali, le conflit armé qui a éclaté au nord du pays en 2012 entre le Gouvernement et des insurgés, comprenant des groupes extrémistes radicaux, a provoqué une crise migratoire. Selon des chiffres récents des Nations Unies et du Gouvernement, plus de 135 000 réfugiés maliens ont migré vers le Burkina Faso, la Mauritanie et le Niger voisins, et beaucoup d’autres personnes ont été déplacées à l’intérieur du Mali. Ces migrants, en particulier les jeunes peu alphabétisés, peuvent être vulnérables à la radicalisation et être recrutés par des groupes extrémistes violents.

La prévention par l’éducation est essentielle. En 2017, le Programme de développement des capacités pour l’éducation (CapED) de l’UNESCO, soutenu par le Ministère des affaires islamiques et de l’enseignement originel, chargé de l’alphabétisation, et le Ministère de l’éducation et de la formation professionnelle, chargé de l’éducation non formelle (ENF) de la Mauritanie, ont mis au point un plan national pour intégrer l’éducation à la citoyenneté mondiale (ECM) et la prévention de l’extrémisme violent (PEV) dans les programmes d’alphabétisation et d’ENF.

Le plan définit les concepts, la méthode, le champ d’action et les stratégies pour réussir à intégrer l’ECM et la PEV dans les programmes pédagogiques, tout en fournissant des outils de suivi et d’évaluation.

Avec le soutien de CapED, le Gouvernement a également élaboré des modules, des manuels et des guides à l’intention des enseignants pour l’éducation des adultes et les enfants non scolarisés, qui incluent des concepts sur le respect de la diversité, l’égalité entre les sexes, la réflexion critique, les technologies et les médias, la justice sociale et l’engagement citoyen.

Les modules, qui ont été adoptés à l’échelle nationale par le Gouvernement mauritanien, sont actuellement utilisés également par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et l’UNICEF dans les cours d’alphabétisation et d’ENF pour les migrants maliens dans le camp de réfugiés de Mbera, au sud de la Mauritanie, près de la frontière malienne.

Par ailleurs, courant 2019, l’UNESCO aidera le Ministère de l’éducation  à mettre au point une charte scolaire (charte de l’école) qui sera notamment axée sur la promotion de l’éducation à la citoyenneté mondiale. Cette charte sera présentée lors d’un événement national à différents acteurs sociaux, au groupe d’éducation local, ainsi qu’aux ministères concernés. L’Organisation aidera en outre le Ministère de l’éducation à concevoir un module de formation à l’intention des formateurs en alphabétisation et ENF, qui mettra l’accent sur l’ECM et la PEV.

De plus, afin de faciliter la coordination avec les différents organismes et promouvoir le partage des connaissances, l’UNESCO collabore avec le Bureau régional multipays en Mauritanie ainsi qu’avec le groupe G5 Sahel à l’appui de différentes actions concernant l’ECM et la PEV dans le pays, en mettant à profit l’expérience du programme CapED.