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Quatre jeunes femmes font de l’éducation une réalité pour les filles et les femmes autochtones du Guatemala

15 Mai 2019

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© UNESCO Guatemala

Deux centres Malala de l’UNESCO installés à Totonicapán (Guatemala) ont pour mission d’autonomiser les adolescentes et les femmes autochtones. Avec le soutien du Fonds Malala de l’UNESCO pour le droit des filles à l’éducation, ils proposent des programmes éducatifs dispensés dans les langues autochtones, s’inspirant de la culture autochtone et développant les compétences des participantes en vue de leur développement personnel et socio-économique, notamment dans les domaines de la santé et du bien-être et de l’autonomie financière.

Grâce à des coordinatrices dévouées comme Juana, Lucero, Magdalena et Sandra, les centres font en sorte que les communautés locales fassent de l’éducation une réalité pour les filles et les femmes autochtones du Guatemala. Cet entretien détaille leurs efforts.

Quels aspects de votre travail au Centre Malala de l’UNESCO vous plaisent le plus ?

Sandra – J’apprécie tous les aspects de mon travail au centre, et surtout les visites dans les communautés, le fait de parler avec les femmes et de les informer sur les possibilités d’apprentissage offertes par les centres, d’identifier celles qui sont intéressées et de les aider à s’inscrire, de garder le contact et de les soutenir dans leur réussite. Par exemple, ce qui peut sembler être un acte banal, comme le fait d’écrire leur nom, signifie beaucoup pour les femmes.

Quels changements constatez-vous chez les femmes qui participent aux activités des centres ?

Juana – À mon avis, le changement majeur a été l’évolution de stéréotypes négatifs comme « les femmes ne font pas d’études ». Les mères, qui elles-mêmes n’ont pas pu recevoir une éducation, soutiennent leurs filles afin qu’elles puissent étudier. Par ailleurs, les femmes décident maintenant pour elles-mêmes, elles s’affirment de plus en plus et deviennent progressivement plus indépendantes. Les ateliers transforment leur mode de pensée.

En quoi votre rôle de coordinatrice pédagogique a-t-il changé votre vie ?

Lucero – Je suis devenue un modèle pour ma famille. Ma grand-mère, qui a participé aux activités du centre, encourage les autres membres de la famille à suivre mon exemple, à poursuivre leurs études et à aider les filles et les femmes de notre communauté à faire de même. Ma sœur qui s’est mariée à 14 ans et a sept enfants est maintenant motivée pour apprendre. Je lui apprends à lire et à écrire. Elle envisage de s’inscrire aux cours sitôt que son bébé aura un peu grandi. J’ai toujours voulu aider les gens autour de moi et je suis vraiment heureuse de pouvoir aider les filles et les femmes de ma communauté à continuer leurs études.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Magdalena – J’aimerais continuer à faire ce que je fais maintenant : soutenir les filles et les femmes de la communauté. Bien qu’elles aient manifesté un vif intérêt pour les centres, il reste encore beaucoup à faire, notamment pour toucher celles qui vivent dans des zones éloignées. Nous devons offrir des possibilités à tout le monde. Des jeunes hommes nous ont également fait part de leur intérêt à apprendre. Il est important d’inclure les garçons car cela peut contribuer à faire évoluer les normes sociales négatives et les stéréotypes de genre à propos de l’éducation des filles et des femmes.

Magdalena Cox et Sandra Alvarado travaillent au centre de San Andrés Xecul, et Lucero Chivalán et Juana Ajpacajá au centre de Santa María Chiquimula.

Sous la conduite du Bureau de l’UNESCO au Guatemala, le projet œuvre en faveur du droit à l’éducation des adolescentes et des jeunes femmes autochtones, en particulier des personnes privées d’éducation à cause de leur sexe, de leur ethnicité, de la ruralité et de la pauvreté. L'UNESCO collabore avec le Comité national d’alphabétisation (CONALFA), avec le ministère de l’Éducation et avec des organisations comme l’Institut national pour l’éducation radiophonique (IGER) et Fe y Alegría, en partenariat avec les municipalités participantes.

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