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Les radios associatives au Maroc et l'UNESCO : Histoire d’une coopération réussie

05/09/2019

Les radios associatives constituent un modèle social et économique alternatif pour le développement des sociétés de l'information. Ils sont un relai engagé et ancré au sein des diverses communautés dans le pays. Pour l’UNESCO, le développement d’un secteur médiatique libre et pluraliste où coexiste trois secteurs complémentaires, public, privé et associatif reste une priorité.

Au Maroc, malgré l’ouverture progressive du secteur médiatique, le secteur des médias associatifs bien que très dynamique ne bénéficie d’aucun encadrement législatif. Conscient de l’importance de secteur pour le renforcement d’une société ouverte sur elle-même et sur le monde, l’UNESCO depuis de nombreuses années encourage et accompagne le développement de ce secteur au travers notamment de renforcement de capacités, de plaidoyer et mise en réseau avec les divers acteurs nationaux et régionaux.

Ainsi, au Maghreb, et dans le cadre de la réalisation de son mandat, l’UNESCO a soutenu et appuyé la dynamique naissante après 2011 liée au secteur des médias associatifs dans la région. Au Maroc, cette dynamique incarnait les aspirations de la jeunesse à une meilleure représentativité dans les médias et un meilleur accès des jeunes aux institutions médiatiques. Les médias et notamment les radios sont également un outil permettant de donner une voix aux sans-voix, à la jeunesse vulnérable et ainsi qu’aux thématiques peu ou pas traités par les médias dit traditionnels. Ce constat a notamment été possible grâce à une cartographie des initiatives de médias associatifs au Maroc menée par le Bureau de l’UNESCO pour le Maghreb.

 

Face à ce constat, l’UNESCO avec ses partenaires nationaux, le Forum des Alternatives Maroc abritant une plateforme régionale de radios associatives (E-Joussour) et le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH)ont lancé trois initiatives radios temporaires.

Ces initiatives innovantes et pionnières ont permis d’élargir le débat et de présenter une vision alternative des médias dans le traitement de questions critiques telles que la migration, le climat et l’éducation aux médias et à l’information.

Aussi, l’obtention de ces licences temporaires de diffusion FM témoignent du renforcement du processus d’ouverture du paysage médiatique marocain. Car bien qu’encore aujourd’hui les radios associatives n’aient pas accès à la bande FM, ces autorisations temporaires et le soutien d’institutions nationales telles que le CNDH ont permis d’ancrer le débat autour des modalités d’existence d’un tiers secteur médiatique dans le pays. Ces expériences ont également permis de renforcer les compétences des jeunes journalistes dans le pays, et de démontrer la maturité et expertise de la société civile en matière d’animation d’un tiers secteur médiatique, un secteur qui se veut plus participatif, de proximité et abordant les questions au cœur des défis du développement durable.   

 

La première initiative réussie fut "Radio Climat" en 2016, cette radio temporaire lancée  pendant la 22ème Conférence des parties de la convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique à Marrakech (COP22) a été l’occasion pour des jeunes journalistes de la région et spécialement ceux du Maghreb de développer leurs compétences en matière de journalisme d’investigation environnemental. Cette radio a permis de mettre en lumière des sujets critiques et l’émergence de talents régionaux. Les productions de « Radio Climat » ont été distribué dans plus d’une vingtaine de pays et quatre continents.

Et suite au succès sans précédent de cette première expérience pilote, et en capitalisant sur les acquis de cette première initiative, a été lancée la deuxième en 2017, "Radio MIL ". Une station de radio temporaire diffusant localement pour célébrer la Semaine de l’éducation aux médias et à l’information couvrant divers événements sur le sujet.

Et enfin, en 2018, l'UNESCO a lancé une radio éphémère au Maroc, "Radio Migration", toujours avec une dimension régionale ; en réunissant une équipe de jeunes journalistes d’Afrique, notamment d’Algérie, Tunisie, Maroc, Cameroun et Sénégal.

Cette nouvelle radio temporaire a assuré la couverture médiatique des événements mondiaux à Marrakech sur la question de la migration, tels que GFMD, PGA et GCM.

Ces diverses initiatives ont permis de faire avancer le débat sur la nécessité d’instauration d’un tiers secteur médiatique pluriel, reflétant la diversité culturelle et linguistique du pays ; et favorisant une appropriation citoyenne des médias.

Malgré le chemin parcouru, le paysage des médias marocains est en constante transformation et l’UNESCO continue l’accompagnement de ses partenaires nationaux dans un effort prometteur afin d’asseoir un environnement encore plus divers, libre et représentatif dans le pays.